SCALPel, le journal fait à la (r)hache ! Numéro 4.

Le SCALP / No Pasaran 34 a le plaisir de vous faire découvrir le quatrième numéro de son petit journal montpelliérain, « SCALPel ».

(anti) édito : Après plus de 2 ans d’absence, « SCALPel, le journal fait à la (r)hache » est de retour pour un 4ème numéro. On espère que ça te fait plaisir ! N’hésites pas à partager SCALPel avec tes amis, tes collègues, ou à le laisser traîner dans un bar, une bibliothèque ou une salle d’attente !

LISTE DES ARTICLES :

11/11/2019 : Rassemblement contre les violences de l’extrême droite.

Le SCALP – No Pasaran 34 appelle à participer massivement au rassemblement contre l’extrême-droite lundi 11 novembre 2019 à 14h, devant la Préfecture de Montpellier (place des Martyrs de la Résistance). Lire la suite

Points de vue sur les Gilets jaunes

Article de Zones Subversives (http://www.zones-subversives.com/2019/10/points-de-vue-sur-les-gilets-jaunes.html)

Points de vue sur les Gilets jaunes
La gauche intellectuelle et militante reste secouée par le mouvement des Gilets jaunes. Certains dénoncent une agitation populiste voire fasciste. D’autres y décèlent l’insurrection qui vient. Quoi qu’il advienne, les gilets jaunes ont profondément bouleversé le mouvement social. 

 

Le mouvement des Gilets jaunes apparaît inédit et inattendu. Ses pratiques de lutte, ses lieux d’action, sa composition sociale, sa diversité idéologique et ses multiples revendications distinguent ce mouvement social qui sort de l’encadrement des partis et des syndicats.

Les intellectuels de gauche sont divisés par rapport aux Gilets jaunes. Certains soutiennent une révolte populaire qui porte des perspectives d’égalité et d’émancipation. D’autres dénoncent la confusion idéologique qui alimente les idées réactionnaires.

La revue Lignes se révèle également divisée à ce sujet. Ses contributeurs ont pourtant partagé des points de vue similaires au sujet de la révolte des banlieues de 2005 ou de la vague d’attentats en 2015. Malgré leurs divergences, ces intellectuels considèrent que les causes du mouvement des Gilets jaunes demeurent justifiées. Un débat traverse le numéro 59 de la revue Lignes sous le titre « Gilets jaunes : une querelle des interprétations ».

 

Michel Surya - Lignes N° 59 : Les  gilets jaunes : une querelle des interprétations.

 

Révolte populaire et spontanée

 

Sophie Wahnich tente d’éclairer le mouvement des Gilets jaunes à la lumière de l’Histoire. Les Gilets jaunes ne sont pas des militants politiques qui mettent en avant leur idéologie. « Les Gilets jaunes apparemment ne sont ni encartés, ni syndiqués, ni clairement politisés au sens d’une appartenance assumée à une sensibilité politique identifiable », observe Sophie Wahnich. Ils manifestent souvent pour la première fois. Ils se disent mal payés mais aussi ignorés et méprisés. Cet événement déclenché par la taxe carbone révèle une aspiration à la liberté et à l’auto-organisation. « C’est notable dans la grande inventivité formelle, tactique et stratégique qui a été la leur et qui ne pourra être seulement refoulée », souligne Sophie Wahnich. Ce mouvement s’accompagne d’une importante sympathie de la part d’une grande majorité de la population.

Les éditorialistes et politiciens macronistes désignent ce mouvement comme « poujadiste ». Les drapeaux tricolores, la Marseillaise et la demande antifiscale restent des marqueurs d’extrême-droite. L’apolitisme des Gilets jaunes tolère ces symboles de confusion, ce qui effraie les intellectuels et militants de gauche, des républicains aux anarchistes.

Mais la nouveauté des Gilets jaunes suscite la sympathie. Ce mouvement invente de nouvelles pratiques de lutte. « Les gens étaient quasi neufs pour la plupart et ils ont inventé des formes kaléidoscopiques avec la multitude de ronds-points et de pages sur les réseaux sociaux », décrit Sophie Wahnich. Avec les occupations, les blocages et les manifs insurrectionnelles, l’Etat a peur. Le pouvoir déclenche alors la répression à partir de décembre 2018. Les violences policières se multiplient.

 

Jacob Rogozinski souligne la dimension imprévisible du mouvement des Gilets jaunes. C’est ce qui caractérise un véritable événement. La Commune de 1871, les grèves de 1936, la révolte de Mai 68 sont également des soulèvements imprévisibles. Cet événement impose, pour le comprendre, de changer de catégories d’analyse et de penser autrement. « Comme tout événement, il opère un clivage entre ceux qui sont sensibles à sa nouveauté, à sa force d’effraction, et ceux qui insistent au contraire sur ces aspects les plus problématiques ou s’effrayent par avance de ses conséquences », observe Jacob Rogozinski.

Ce mouvement se distingue par son ancrage social et territorial, par son absence de chefs et par l’apparition de tendances démocratiques radicales. Ce mouvement émerge dans des zones périurbaines dans lesquelles il ne s’est jamais rien passé. Il est porté par des catégories sociales qui n’ont pas l’habitude de se politiser. Personne n’a imaginé voir la préfecture du Puy-en-Velay incendiée.

La spontanéité et l’auto-organisation sont dénoncées par les avant-gardes léninistes qui fustigent un « manque de discipline ». C’est pourtant ce qui fait la force de ce mouvement, qui lui permet de mobiliser largement et de tenir sur la durée. Les Gilets jaunes affirment leur capacité politique en dehors de tout parti existant. La revendication du RIC émerge pour demander plus de démocratie. Mais elle est également critiquée car elle ne remet pas en cause la démocratie représentative et la classe dirigeante. « Dans cette perspective, il ne s’agit plus d’exiger d’être mieux représenté, mais d’abolir toute instance de représentation politique », souligne Jacob Rogozinski. Les Gilets jaunes de Commercy appellent à multiplier les comités populaires et les assemblées. Une organisation horizontale doit permettre de se coordonner à travers des délégués avec des mandats révocables et tournants.

Mais ces formes d’auto-organisation ont été écrasées dans les révoltes historiques. Les sections de sans-culottes de la Révolution française ont été démantelées par Robespierre. Les communautés libertaires de la révolution espagnole de 1936 ont été anéanties par les staliniens et les franquistes. Les soviets de la révolution russe ont été engloutis par la bureaucratie bolchevique. Ces formes d’auto-organisation surgissent de manière spontanée mais finissent par se déliter. « Il faut reconnaître qu’elles ont été vaincues en raison d’une faiblesse interne : dès que retombe l’effervescence des soulèvements, la chair du social tend à se défaire, à se disperser à nouveau en une multitude passive d’individus isolés », analyse Jacob Rogozinski.

 

Sur un barrage, samedi 17 novembre. © DR

 

Dangers réactionnaires

 

Le philosophe Arnaud Tomès évoque le populisme supposé des Gilets jaunes. Les éditorialistes dépeignent cette révolte populaire en mouvement poujadiste et fascisant. L’historien Gérard Noiriel rappelle que les révoltes sociales s’attaquent souvent à la fiscalité pour cibler l’Etat central.

Ernesto Laclau théorise la stratégie populiste qui consiste à agglomérer des milieux sociaux différents, comme les employés, les ouvriers et les petits patrons. Des demandes sociales et démocratiques doivent unifier le peuple. Néanmoins, Laclau insiste sur l’importance du chef alors que les Gilets jaunes rejettent toute forme de délégation institutionnelle. Mais cette stratégie repose sur la confusion. Surtout, une fois élus, les partis populistes remplacent leurs promesses de démocratie directe pour s’approprier les différents appareils de pouvoir au nom du peuple.

 

Le philosophe Alain Badiou, pétri d’idéologie maoïste, ne soutient pas le mouvement social. Il comprend les causes de la révolte, avec l’appauvrissement de la population liée à la crise économique. Mais il considère les Gilets jaunes comme un ramassis de boutiquiers et de petits patrons guidés par des aspirations réactionnaires. 

Alain Badiou fustige également la spontanéité et l’auto-organisation du mouvement. « Leurs proclamations, leur désorganisation périlleuse, leurs formes d’action, leur absence assumée de pensée générale et de vision stratégique, tout cela proscrit l’inventivité politique », estime Alain Badiou. Le maoïste préfère les partis disciplinés qui n’ont pourtant jamais rien obtenus de valable. Le philosophe souligne l’échec des mouvements Occupy. Il insiste sur l’importance du Parti pour diriger les révoltes populaires.

Néanmoins, Alain Badiou pointe une limite importante du mouvement. Les Gilets jaunes reposent sur l’unité contre Macron, voire sur une opposition entre un peuple supposé homogène et des élites. Cette unité reste factice. Ensuite, le mouvement ne propose aucune véritable perspective politique au-delà de la démission de Macron. Mais Alain Badiou se fourvoie lorsqu’il insiste sur le rôle moteur de l’idéologie. C’est bien l’action directe, les pratiques de grèves et de blocages qui restent le moteur des révoltes sociales.

 

Jean-Luc Mélenchon, lors de la « marche contre le coup d’Etat social », à Paris, le 23 septembre.

 

Faillite de la gauche

 

Le sociologue Philippe Corcuff estime au contraire que ce sont les partis de gauche qui entretiennent la confusion et nourrissent le danger réactionnaire. Philippe Corcuff veut en finir avec la gauche radicale en France. Cette mouvance comprend les débris de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), de l’altermondialisme avec ATTAC, et des syndicats comme Solidaires. Cette gauche émerge dans les années 1990 et se focalise sur la dénonciation du néolibéralisme. Le mouvement de l’hiver 1995, le référendum européen de 2005 et la lutte contre le CPE en 2006 restent ses grandes victoires. Mais cette vieille gauche semble essoufflée.

Le contexte intellectuel évolue. Les thématiques identitaires et la montée de l’extrême-droite ciblent les migrants et les musulmans. Se focaliser sur le néolibéralisme conduit à occulter le danger du nationalisme et des mesures sécuritaires issues de l’antiterrorisme. Le courant du souverainisme de gauche semble indifférent à ce danger et tend à l’alimenter.

Ensuite, la gauche s’indigne des diverses formes de dominations mais refuse de penser des perspectives émancipatrices. La spécialisation académique se focalise sur des aspects séparés. La logique postmoderne valorise la « déconstruction » et l’émiettement du sens.

 

Un confusionnisme se diffuse. L’extrême-droite incarnée par Alain Soral s’appuie sur la critique du « système ». Mais la gauche se contente d’une critique superficielle et simpliste du néolibéralisme et de la « pensée unique » qui peut déboucher vers des discours complotistes. Des économistes de gauche valorisent même la « solution nationale » contre l’Europe. Frédéric Lordon ne cesse de célébrer les vertus de l’Etat-nation. Le rejet de Macron peut même déboucher vers des alliances avec l’extrême-droite. L’éditeur Eric Hazan estime que le mouvement des gilets jaunes permet une alliance souhaitée entre extrême-droite et extrême-gauche.

C’est dans ce contexte de décomposition intellectuelle et politique que surgit le mouvement des gilets jaunes. La gauche ne cesse de minimiser les discours anti-migrants et complotistes pour repeindre le mouvement en rouge. Le gauche idéalise le bon peuple et se contente de suivre un mouvement qu’elle ne comprend pas. Les structures et les appareils de la gauche ne portent plus aucune perspective d’émancipation  individuelle et collective. Mais des groupes locaux et des pratiques d’auto-organisation peuvent permettre de reposer la question de l’émancipation.

Judith Balso reprend les fantasmes de la gauche parisienne sur le mouvement. Les gilets jaunes seraient manipulés par l’extrême-droite. Son point de vue est révélateur de la vieille gauche et de ses intellectuels déconnectés des luttes sociales. Les conditions de vie des exploités ne préoccupent pas cette mouvance. Le peuple doit alors s’unir derrière la défense des services publics et de l’Etat.

 

Un manifestant gilet jaune réclamant le RIC samedi 15 décembre à

 

Limites du réformisme

 

Gérard Bras observe le retour de la notion de peuple. Les gilets jaunes remettent en cause la représentation politique et les institutions traditionnelles. Ils opposent alors le peuple à la classe dirigeante. Néanmoins, les gilets jaunes évoquent aussi l’idée d’un peuple homogène contre les élites. Cette lecture peut exclure les étrangers et les immigrés. Ensuite, la notion de peuple occulte les clivages de classe qui traversent la société. Le peuple comprend des groupes sociaux qui ne partagent pas les mêmes intérêts.

Yves Dupeux évoque les limites politiques du mouvement. Cette protestation ne s’inscrit pas dans une perspective révolutionnaire. Les gilets jaunes dénoncent les excès du capitalisme, sans le remettre en cause. « Ils s’en prennent à ceux qui profitent du système plutôt qu’au système du profit », résume Yves Dupeux.

 

Guillaume Wagner observe également que les gilets jaunes avancent surtout des revendications modérés. Ils demandent des augmentations de salaires et des réformes institutionnelles comme le RIC. « Pour l’heure, les Gilets jaunes ne veulent pas de révolution ; si, par révolution, nous entendons abolition irréversible de l’économie politique, de l’exploitation et de la marchandise, c’est-à-dire de la société de classe », analyse Guillaume Wagner. Les Gilets jaunes veulent un nouveau compromis social, avec de nouveaux droits. Mais la situation économique empêche une amélioration de leurs conditions. La révolution peut alors s’imposer comme une nécessité.

Mais le mouvement des Gilets jaunes ne repose pas sur une idéologie politique. Les discussions autour des ronds-points et des péages portent sur les conditions de vie et sur les problèmes du quotidien. « Se rendre compte qu’on subit tous les mêmes rouages d’exploitation engendrant les mêmes galères, et toutes les barrières idéologiques fabriquées par les médias pour nous isoler les uns les autres s’effondrent », observe Guillaume Wagner. Une force collective se crée, non pas à partir d’une identité mais à partir d’une condition partagée. Le mouvement part du vécu de prolétaires qui subissent l’exploitation. Cette force collective rejette l’Etat et les partis. Elle se méfie de la récupération, des institutions, de toute forme de représentation et d’encadrement.

Les manifestations et les blocages montrent leurs limites. La grève active devient indispensable pour briser la routine du quotidien. « En effet, le lundi, on retourne courber l’échine, au taf, au pôle emploi ou à la caf », regrette Guillaume Wagner. Mais la grève doit se généraliser, y compris en dehors des entreprises. Ce mouvement doit « fusionner » la grève générale de décembre 1995, le mouvement des chômeurs de 1998, la lutte anti-CPE de 2006 et la révolte des quartiers populaires de l’automne 2005. La grève doit se propager dans tous les secteurs de travail, mais aussi dans toutes les expériences du quotidien.

 

Lors de l' assemblée génèrale des gilets jaunes à Commercy, le 26 janvier

 

Débats et analyses

 

La revue Lignes proposent des contributions originales. Les points de vue exprimés ont le mérite de la clarté. Même si beaucoup restent finement nuancés. Ces articles reflètent bien les débats qui agitent les milieux intellectuels et militants à propos de cette révolte singulière. La revue peut donc permettre de nourrir la réflexion à travers des points de vue divers.

L’hostilité au mouvement provient de la vieille gauche la plus racornie. Alain Badiou, qui baigne dans la petite bourgeoisie intellectuelle, croit voir les « classes moyennes ». Mais les Gilets jaunes peinent à survivre et dénoncent les faibles revenus. Ils aimeraient vivre dans le même confort que le philosophe maoïste pour disserter paisiblement sur l’idée communiste.

La composition sociale du mouvement fait débat. Beaucoup d’intellectuels se réfèrent à la notion confuse de peuple. Ce serait l’alliance des petits patrons avec leurs employés. Mais les gilets jaunes sont avant tout des exploités. Les commerçants ont soutenu la dénonciation des taxes au début. Mais ils sont rapidement sortis d’un mouvement qui demande l’augmentation des revenus et attaquent les centres-villes commerçants. Les « artisans » sont bien souvent des travailleurs manuels et des auto-entrepreneurs qui touchent de faibles revenus. On est loin du « parti de la boutique » avec ses riches commerçants.

Mais les gilets jaunes ne luttent pas dans les entreprises. Ce n’est pas la position sociale et le statut qui sont déterminants, mais le niveau de vie et les revenus. C’est sans doute la force de ce mouvement populaire qui sort de l’esthétique de gauche colonisée par les cadres de la fonction publique. Mais c’est aussi sa limite. L’opposition entre les salariés et les patrons, entre les exploiteurs et les exploités, n’est pas mise en avant. Mais Philippe Corcuff souligne que la gauche radicale abandonne toute analyse de classe pour une bouillie semi-complotiste. Les gilets jaunes sont aussi le produit du contexte intellectuel et politique.

 

Les intellectuels de gauche sont également désarçonnés par la spontanéité de la révolte. Ils se sentent davantage rassurés par les slogans vides de sens et les ballons de la CGT. Mais Alain Badiou réduit les limites de ces mouvements à leur auto-organisation et à leur absence d’encadrement. Pour lui, un mouvement digne de ce nom doit être piloté par une secte bureaucratique, maoïste et dirigée par un philosophe, normalien de préférence. Les vieilles pleurnicheries autour de la défense de l’Etat et des services publics sont également absentes du mouvement. De manière plus subtile, des intellectuels comme Jacob Rogozinski plaident pour l’intégration du surgissement spontané dans l’appareil d’Etat et la démocratie représentative. Mais ce serait vider le mouvement de son contenu et de sa force transformatrice.

Les critiques les plus pertinentes du mouvement attaquent au contraire son côté réformiste et citoyen. Philippe Corcuff décrit bien la décomposition intellectuelle de la gauche. Mais il évoque peu sa dimension réformiste. L’abandon de l’analyse de classe pour une morale citoyenniste reste le cœur du problème. Des contributeurs de la revue Lignes s’inscrivent toujours dans cette démarche. Au contraire, Guillaume Wagner insiste sur l’importance de la lutte des classes. Il évoque les limites d’un mouvement qui prend la rue et les ronds-points, mais délaisse les entreprises.

Les gilets jaunes attaquent surtout les flux et les banques. Mais ils évoquent peu la grève et le blocage des lieux de production. L’approche de Guillaume Wagner s’avère la plus pertinente. Il délaisse les considérations morales sur le mouvement pour analyser ses limites et ses perspectives stratégiques. Comment gagner et pour quelle société restent les questionnements centraux qui doivent animer les gilets jaunes et les révoltes sociales à venir.

Pour une apocalypse de la gauche

Superbe texte de Zones Subversives ( http://www.zones-subversives.com/2019/06/pour-une-apocalypse-de-la-gauche-edito-n-38.html ). A lire.

Pour une apocalypse de la gauche : édito n°38

La gauche retrouve sa vraie place : dans les poubelles de l’Histoire. La révolte des gilets jaunes montre que les vieux appareils, les partis et les syndicats, ne servent à rien. Il n’y a plus rien à encadrer, à négocier, à aménager, à réformer. La crise économique de 2008 a définitivement rendu à la gauche son rôle historique de pièce de musée.

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Pour les droits des femmes ! Marche militante

Le patriarcat ne s'effondrera pas tout seul, piétinons le !Vendredi 8 mars, à l’occasion de la journée internationale de luttes pour les droits des femmes, de nombreux collectifs et associations organisent une marche militante au départ de la place de la Comédie à Montpellier à 18h30. Afin de faire de cette marche un moment fort de lutte anti-patriarcale, le SCALP – No Pasaran 34 appelle à y participer.


L’appel à la marche :

Le 8 mars 2019 à Montpellier Marche de nuit féministe Rassemblement à 18h, Devant l’Opéra Comédie à Montpellier départ 18h30 –
A 20h, la marche arrivera place Salengro pour un rassemblement et des prises de parole.

https://www.facebook.com/events/4084658266243…

Les Associations du territoire de Montpellier qui agissent toute l’année pour les droits des femmes vous invitent à former un cortège festif et sonore pour viabiliser les luttes pour les droits des femmes.

Parce qu’en 2019 plus que jamais, il faut poursuivre nos actions contre le sexisme, contre les violences sexistes et sexuelles, contre les violences économiques, contre la lesbiephobie, contre les violences médicales, contre le harcèlement de rue, contre l’éducation discriminante, contre tout un système qui fabrique la domination masculine.

Parce qu’en 2019 plus que jamais, nous voulons montrer combien le travail des associations dans ce domaine est indispensable à un changement de société et combien est belle toute cette énergie offerte bénévolement dans l’espoir d’un monde plus juste, pour les valeurs d’égalité et de sororité.

Nous vous invitons à vous joindre à nous, avec vos ami-e-s, vos voisin-e-s, vos instruments de musique, vos pancartes, vos envies, votre énergie, cela montrera à quel point notre combat contre le patriarcat est juste et légitime.

Cette déambulation festive est l’occasion d’investir la rue afin de faire entendre nos voix, défendre nos choix, rendre visibles nos actions militantes, nos luttes et nos revendications.

Parcours détaillé : Place de la Comédie -> rue de la loge -> Place Jean Jaures -> rue de l’aiguillerie -> boulevard Louis Blanc -> Rue de l’université -> Rue Saint Guilhem -> Faubourg du Coureau -> Plan Cabane -> Place Salengro (arrivée estimée à 20H, prise de paroles des associations du réseau œuvrant chaque année pour les droits des femmes).

21/03/2019 : Rassemblement antiraciste contre la hausse des frais d’inscription universitaires

A l’appel de l’Union des Etudiants Etrangers de Montpellier, un rassemblement contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers se tiendra jeudi 21 mars 2019 à 18h sur la place de la Comédie à Montpellier.

Contre la discrimination sociale et raciale, soyons nombreuses et nombreux !

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SCALP / No Pasaran 34
Antifascisme radical et lutte de classes à Montpellier
http://www.scalp34.wordpress.com

(l’évènement facebook du rassemblement : https://www.facebook.com/events/2218773235041733/

05/03/2019 : Karnaval des Gueux à Montpellier !

Cette année comme les autres, le Karnaval des Gueux aura lieu !

Rendez vous mardi 05 mars 2019 à 19h au Pêyrou à Montpellier, pour une réappropriation festive et populaire de notre ville !

03/03/2019 : Rassemblement pour la liberté et la démocratie en Algérie

Des centaines de milliers d’algériens manifestent, partout en Algérie, contre l’absurde 5ème mandat du président Bouteflika que le régime cherche à imposer.

A Montpellier, la solidarité avec le mouvement populaire s’organise. Un rassemblement pour la liberté et la démocratie en Algérie, se tiendra dimanche 3 mars à 14h au Peyrou !

Harcèlement sexuel, milice privée, détournement d’argent public, convocations policières : à l’université Paul Valéry, tout est permis ?

Encore une fois, l’université Paul Valéry Montpellier 3 fait parler d’elle, et pas pour le meilleur. On connaissait déjà la volonté inébranlable de la direction de cette université pour imposer au forceps une sélection sociale implacable, que ce soit en Licence l’an dernier comme en Master en 2017. Mais le propre du pouvoir professoral et de la violence institutionnelle, c’est de ne connaitre aucune limite.

Il y a un peu plus d’un an, une responsable de l’université, connue pour vendre à la FNAC des livres « féministes » pour gonfler son compte bancaire, s’illustrait dans la presse locale en encourageant les victimes d’agression sexuelle au sein de l’université à ne pas porter plainte. On apprenait par un communiqué du syndicat des étudiants du campus, le SCUM, que ce sont les étudiants qui ont dénoncé ces propos abjects qui se retrouvent convoqués au commissariat, ce jeudi 31 janvier. Un rassemblement était prévu ce jeudi 31 janvier devant le commissariat de police de la Mosson,  afin de soutenir les « lanceurs d’alertes » que l’université tente de contraindre au silence par la multiplication de plaintes.

Mais coup de théâtre, suite à l’appel à rassemblement lancé par le syndicat étudiant, ce dernier à reçu un coup de téléphone l’informant que la convocation était annulé et que la plainte de la responsable de la « mission égalité de l’université Paul Valéry était classée sans suite. Si c’est assurément, comme l’indique l’association étudiante dans un communiqué, « victoire pour les victimes d’agression et de harcèlement sexuel ainsi que leurs soutiens« , c’est clairement insuffisant, puisque cette personne pourra toujours continuer continuera à profiter du poste qui est le sien pour encourager les victimes à ne pas porter plainte contre leurs agresseurs. La direction de l’université, soutenue par plusieurs associations largement subventionnées, a décidé d’enfoncer le clou lors d’un conseil de la vie universitaire le 05 février : une motion de soutien à la responsable de la mission égalité. Comble de l’ignominie, même les élus du syndicat réformiste et « antisexiste » Solidaires Etudiant-e-s ont soutenu cette responsable, se positionnant encore une fois du côté de la direction de l’université et contre les victimes et leurs soutiens.

Mais l’université Paul Valéry Montpellier 3 ne s’illustre pas uniquement par son soutien à des responsables couvrant des agressions sexuelles.

Le 11 décembre 2018, on apprenait que la milice privée embauchée par la présidence de l’université pour réprimer violemment les étudiants mobilisés au printemps dernier, l’avait été dans de curieuses conditions. Le journal Médiapart a en effet révélé que l’entreprise, proche d’Alexandre Benalla et d’Emmanuel Macron, avait été embauchée par l’intermédiaire de la responsable locale des « Jeunes Avec Macron ». Cerise sur le gâteau, les 260 000€ de contrat n’ont fait l’objet d’aucun appel d’offres ! Un beau cadeau qui a encouragé plusieurs associations (le syndicat SCUM et l’association  anti-corruption Anticor 34) à signaler auprès du Procureur de la République, en janvier 2019, ces curieux contrats. Le SCUM est même allé jusqu’à déposer une plainte contre Patrick Gilli, président de l’université Paul Valéry, pour « détournement de fonds publics » et « favoritisme ». Depuis, une enquête a été ouverte sur ces malversations, et l’université a répliqué en déposant une grotesque plainte contre l’association étudiante.

Si ces faits illustrent à merveille la fonction première de l’institution universitaire, qui est la reproduction du modèle social, ils prouvent surtout qu’il est nécessaire de sortir des constats et du jeu institutionnel afin d’entrer dans une lutte plus spontanée, plus radicale et plus inventive, dépassant les logiques de représentation et de légitimation de l’institution.

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SCALP / No Pasaran 34
Antifascisme radical et lutte de classes à Montpellier
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11/12/2018 : Sélection sociale et hausse des frais d’inscription à l’université, stop !

A Montpellier la mobilisation initiée par les étudiants étrangers et le syndicat étudiant SCUM contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers continue à prendre de l’ampleur. Le premier rassemblement devant la préfecture de Montpellier le 22 novembre a été un succès, attirant les foudres du maire macroniste Philippe Saurel. Lors du deuxième rassemblement, le jeudi 29 novembre, il a a carrément envoyé la police municipale intimider les étudiants étrangers qui commençaient à se rassembler. Mais les étudiants ont tenu bon et le rassemblement a pu avoir lieu malgré les pressions et menaces municipales.

Le samedi 01 décembre, plus d’une centaine d’étudiants, soutenus par diverses associations et syndicats (SCUM, SOS Racisme, associations communautaires) ont manifesté dans les rues de Montpellier. Un rendez vous a été donné le mardi 11 décembre à 10h, devant la bibliothèque universitaire de l’université Paul Valéry. En effet, ce jour-là seront votés par la direction de l’université les nouveaux critères et quotas de sélection sociale en Licence et Master (utilisés pour parcoursup et e-candidat). Que ce soit la hausse des frais d’inscription, ou la sélection généralisée par la loi ORE, c’est une même logique de tri social qui est dénoncée par les étudiants mobilisés. La forte volonté d’auto-organisation a débouché sur l’appel à une Assemblée des étudiants étrangers de Montpellier, qui aura lieue jeudi 6 décembre à 17h30, dans l’amphi C003 de l’UFR Économie sur le site universitaire Richter (tramway 1 et 3, arrêt Port Marianne).

Le SCALP – No Pasaran 34 est solidaire des étudiants en lutte pour leur avenir, et appelle, dans un contexte d’explosion sociale généralisée (grèves sectorielles, blocages lycéens, mouvement des « Gilets Jaunes »), à des convergences dans l’action.

Précaires, unissons-nous contre le capitalisme !

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SCALP / No Pasaran 34
Antifascisme radical et lutte de classes à Montpellier
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Direction et bureaucrates contre la lutte à la fac

Comme on l’avait constaté lors du mouvement étudiant du printemps 2017 contre la mise en place de la sélection en Master, les mêmes bureaucrates étudiants conservent un fort pouvoir de nuisance sur les luttes étudiantes.

En cet automne 2018, nous relayons un texte sur les freins au mouvement étudiant en cours, publié sur le site « le pressoir ». L’humanité de vivra heureuse que lorsque le dernier bureaucrate aura été pendu avec les tripes du dernier bureaucrate ! Lire la suite