SCALPel, le journal fait à la (r)hache ! Numéro 4.

Le SCALP / No Pasaran 34 a le plaisir de vous faire découvrir le quatrième numéro de son petit journal montpelliérain, « SCALPel ».

(anti) édito : Après plus de 2 ans d’absence, « SCALPel, le journal fait à la (r)hache » est de retour pour un 4ème numéro. On espère que ça te fait plaisir ! N’hésites pas à partager SCALPel avec tes amis, tes collègues, ou à le laisser traîner dans un bar, une bibliothèque ou une salle d’attente !

LISTE DES ARTICLES :

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12/09/2017 : Loi Travail XXL : contre la misère sociale, relevons la tête !

Mardi 12 septembre, toutes et tous dans la rue pour refuser la Loi Travail XXL et la misère sociale !

A Montpellier, le rendez-vous est donné à 10H30 sur l’esplanade du Peyrou. A Béziers, le rendez-vous est à 8h devant la sous-préfecture, puis un départ en bus pour Montpellier est prévu à 9h30.

Loi Travail XXL : contre la misère sociale, relevons la tête !

Il l’avait dit, il l’a fait ! Dès son élection à la présidence de la république, Emmanuel Macron annonçait la couleur : il voulait « très rapidement, avant l’automne » mettre en place l’arsenal législatif nécessaire à l’adoption au pas de charge d’une nouvelle « Loi Travail », les fameuses ordonnances. Cerise sur le gâteau, afin de financer les baisses d’impôts pour les catégories les plus fortunées de la population, on nous annonçait, au beau milieu de l’été, que les aides au logement mensuelles baisseraient de 5€ à partir du mois d’octobre.

Le gouvernement ne prend désormais plus de pincettes et annonce clairement la couleur des politiques à venir : la guerre aux pauvres.

Face à la dégradation des conditions de travail, faisant progressivement de des travailleuses et travailleurs une main d’œuvre corvéable à merci, et plus généralement face à la précarisation grandissante de couches de plus en plus larges de la population, il est temps de se défendre. Il est temps de défendre nos intérêts de classe.

Dans ce contexte, les organisations syndicales appellent à une première journée de mobilisation contre la Loi Travail XXL le mardi 12 septembre.

Ensemble, organisons la solidarité, la grève, les blocages et l’action directe, afin de faire de cette journée le point de départ d’un mouvement massif et déterminé contre la misère sociale.

Réseau No Pasaran (dont le SCALP – No Pasaran 34 fait partie)

Face à l’extrême-droite, face au capitalisme : nos luttes n’entrent pas dans leurs urnes !

Lundi 1er mai, à l’occasion de la journée internationale des luttes des travailleurs, plus de 3000 personnes ont manifesté dans les rues de Montpellier. Que ce soit au sein des cortèges syndicaux (CGT, Solidaires, SCUM/CNT-SO) ou dans le cortège autonome, auquel les militants du SCALP-No Pasaran 34 ont participé, la tonalité était clairement défiante face à la mascarade électorale et à la percée de l’extrême droite.

Ces dernières décennies, les politiques libérales et sécuritaires, dont le candidat Macron est l’héritier, n’ont pu se développer que grâce à l’étouffement et à la marginalisation des luttes collectives et d’une perspective révolutionnaire. La possibilité réelle de l’arrivée au pouvoir d’un parti nationaliste, antisémite, raciste, misogyne et ultra-libéral révèle l’urgence de reconstruire par la base la solidarité de classe, afin de remettre à l’ordre du jour la transformation radicale de la société.

Il est temps de passer à l’offensive. Rejoignons, nombreuses et nombreux, la manifestation du dimanche 7 mai à 19h sur la place de la Comédie !
Nos rêves n’entrent pas dans leurs urnes !

SCALP-No Pasaran 34

scalp.mtp@live.fr www.scalp34.wordpress.com

SCALPel, le journal fait à la (r)hache ! Numéro 3.

En ce début d’année 2015, le SCALP / No Pasaran 34 a le plaisir de vous faire découvrir le troisième numéro de son petit journal montpelliérain, « SCALPel », consacré à la critique de l’éducation.

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LISTE DES ARTICLES :

Les chômeurs sont-ils des profiteurs ?

Article publié dans SCALPel n°4.

De fait, on pourrait tous travailler.
Le chômage est brandi sur la tête des travailleurs comme une épée de Damoclès: attention, vous risquez de vous retrouver au chômage et votre vie sera fichue. Or les patrons ont besoin du chômage pour faire peur à leurs employés, le chômage
fait partie des négociations pour maintenir les salaires bas et pour inciter les
ouvriers à être « flexibles », c’est-à-dire soumis.

Les patrons n’ont pas intérêt à ce que le chômage disparaisse sinon ils devraient mettre en oeuvre une réelle répartition des bénéfices, car si tout le monde travaille tout le monde doit être payé. Les politiciens actuels ne feront ainsi jamais disparaître le chômage puisqu’il sert aux puissants de ce pays.
Il serait si simple et profitable à tous d’abolir le salariat et de répartir le travail, mais dans le système actuel ça n’arrivera jamais.

Le chômage profite aux classes supérieures et les chômeurs sont gardés pauvres, pas pauvres au point qu’ils aient envie de se révolter, pas trop pauvres pour qu’ils
continuent de se conformer au système qui a été créé pour eux.

Pôle Emploi ne sert pas à trouver du travail (même pas 13% des chômeurs inscrits trouvent du travail grâce à cette institution) mais à surveiller les chômeurs, pour cultiver la peur de ne rien faire. Or, quand le chômeur trouvera du travail il ne deviendra jamais aussi riche que son patron.

Si on abolit le salariat et qu’on répartit le travail, le chômage ne sera plus qu’un simple souvenir.

Avortement, Pikachu et manipulation

Article publié dans SCALPel n°4.

Depuis quelques mois on peut voir sur internet ou dans la rue la propagande réactionnaire du groupe « Les Survivants ».

https://i1.wp.com/img2.wikia.nocookie.net/__cb20130313231409/scratchpad/images/3/32/Pikachu2.pngVous avez peut être vu leurs sites et autres animations sur internet sans en connaître les réelles intentions : une croisade anti IVG digne des pires Catholiques intégristes.

Ainsi, ils ont développé un jeu vidéo ou il faudrait sauver Pikachu de l’avortement. Surfant sur la vague Pokémon Go, il met en scène un oeuf de Pikachu que l’internaute doit choisir de laisser éclore ou non.

Une femme qui ferait le choix d’avorter serait alors une vilaine méchante tueuse de mignon Pikachu. Une grossière technique de manipulation des jeunes publics, qui pour beaucoup n’ont pas encore été sensibilisés à la question de l’IVG et aux lourdes conséquences qu’impliquerait sa restriction, en amenant la jeunesse à associer cette pratique fondamentale dans une société de droits à la disparition d’un de leur personnage fictif favori. Une tartufferie qui fait son effet.

En utilisant les nouveaux outils d’informations, « Les Survivants » usent de  méthodes sournoises : par exemple en rachetant des noms de domaines de sites ou les jeunes vont s’informer sur la contraception et l’IVG, ou ceux des mouvements pro-choix, afin d’occuper tout l’espace médiatique et interactif. Le niveau d’indécence à été pulvérisé quand le groupe à acheté le nom de domaine « Simone Veil » quelques jours après le décès de celle qui fût porteuse de la dépénalisation de l’avortement.
Au delà du message anti-choix véhiculé, ces méthodes sont malhonnêtes et perfides. En se cachant derrière une façade de neutralité idéologique, et en feignant une démarche purement informative Ils ont réussi a s’imposer comme les premières sources visibles d’information sur le sujet ( sites ivg.net,ecoutivg.org , moncorpsmonchoix.com …etc).

Il s’agit là d’une manipulation visant en priorité les jeunes femmes les plus désarmées face a une grossesse non désirée, ce qui est donc une stratégie particulièrement répugnante consistant à cibler les personnes vulnérables. Ce genre de propagande est issu des milieux catholiques « pro-life » (anti-avortement) dont on ne compte plus les liens avec l’extrême droite. Tout ce beau
monde, enjolivé par une communication moderne et une esthétique des plus fun, milite activement pour revenir sur la loi Veil de 1975, donnant enfin le droit aux femmes de choisir la maternité ou non.
Si vous aviez vécu avant la promulgation de cette loi, vous auriez été contraints d’élever des enfants que vous n’auriez pas désiré à chaque grossesse accidentelle et ce quel que soit votre âge et votre situation sociale ou affective. Ce qui aboutissait alors à un ensemble de souffrances psychologiques, pour les parents comme pour les enfants non désirés. Tant sur le plan financier qu’affectif ou sanitaire, on ne pouvait garantir un cadre familial adéquat à une éducation correcte des enfants..

Peut-être auriez-vous alors tenté d’avoir recours à un avortement clandestin, à l’aiguille à tricoter, au péril de votre vie. Aujourd’hui encore des milliers de
femmes meurent chaque année des suites d’avortements clandestins opérés dans des conditions désastreuses à cause de cette même répression :

Il est donc impératif de réaffirmer le droit aux femmes et aux parents d’avoir ou non des enfants, de pouvoir choisir quand et comment assumer cette responsabilité, et s’ils souhaitent l’endosser ou non.
De pouvoir offrir à ces enfants des conditions décentes et stabilisantes pour leur toute nouvelle vie.

Pour finir, il est important de dresser le portrait idéologique promu par ces
campagnes, et porté en premier lieu par Emile Duport, professionnel de la
communication et des stratégies marketing, et fondateur des « Survivants ». ,Un homme donc, se positionnant en porteur de morale rétrograde, qui lutte pour
s’octroyer le droit de contrôle total de l’utérus des femmes, des jeunes filles et des hommes trans. A base de punchlines corrosives, il affirme notamment
en s’adressant à ces dernières : « Tu as un corps, il est fait comme ça pour être mère et pas pour avoir une sexualité récréative ». C’est donc, au-delà du
message « pro-vie » que cherche à imposer ce mouvement, une remise en question globale du droit des femmes à disposer de leur corps, qui devraient
être réservés à la maternité imposée, et à disposer de leur sexualité, dont les plaisirs devraient être réservés aux hommes. Nous sommes donc en 2017.
C’est aux femmes de choisir d’être mère ou non, et aucune entrave ne devrait leur être imposée dans leur sexualité. Une des bases vitales de leur émancipation est de pouvoir refuser une maternité qu’elle n’ont pas choisit et un régime de tutelle qui les condamneraient a subir des principes religieux et patriarcaux, sous peine de sanctions légales ou de stigmates moraux.

Nos corps nos choix !
Lâche mes ovaires !
Pikachu existe !

  • Il est cependant à noter que la plupart des noms  de domaines usurpés par « Les survivants » ont été bloqués par la justice.

Bloquer son lycée : mythes, réalités et méthodologie

Article publié dans SCALPel n°4.

Que ce soit pour réagir à une injustice au sein du lycée (règlement intérieur, sanctions disciplinaires injustes), se mobiliser contre la précarité (Loi Travail, baisse des APL …) ou juste pour faire face à l’ennui des cours, bloquer son lycée est souvent une modalité d’action efficace, mais souvent considérée comme difficile à mettre en oeuvre. En effet, plusieurs idées reçues existent sur les blocus lycéens, sur lesquelles nous souhaitons revenir :

– « Le blocus, un truc de flemmards pour sécher les cours »
-> Traiter de flemmards celles et ceux qui se pointent devant leur lycée à 6h du matin pour bloquer leur lycée, et donc potentiellement risquer des sanctions disciplinaires, c’est assez ironique ! Sur les motivations pour bloquer son lycée, si vouloir sécher les cours n’a absolument rien de honteux (dans son livre « Insoumission à l’école obligatoire », Catherine Baker en parle même comme d’un acte politique en soi), il est souvent plus simple de tout simplement pas aller en cours, plutôt que de se lancer dans un blocus. Le blocage est une modalité d’action politique assimilable à la grève chez les salariés. Pour des mineurs, la seule manière de faire grève sans avoir une absence signalée aux parents, c’est de bloquer leur établissement d’enseignement. Si il n’y a pas de cours, il n’y a pas de notification d’absences, CQFD !

– « Une minorité qui impose sa volonté à une majorité »
-> C’est vrai que dans chaque lycée, les proviseurs sont élus démocratiquement par l’ensemble des lycéens et personnels … Euh … What ? Eh non, les proviseurs sont nommés par l’Éducation Nationale ! Donc si on pose la question de la démocratie, elle devrait en priorité se poser à la gestion du lycée. De plus si un blocus est réellement minoritaire, il y a peu de chances qu’il tienne plus de 10 minutes. A t’on déjà vu (à part dans Game Of Thrones), 10 « guerriers » tenir tête à plusieurs centaines d’opposants ? Bref, si le blocus tient, c’est qu’il est, de fait, majoritaire.

– « Il faut être au moins 100 pour y arriver ! »
-> La question du nombre est moins importante que la question de l’organisation. Dans la plupart des lycées Montpelliérains, il suffit d’arriver à une quinzaine de lycéens déterminés 1H30 avant le début des cours, munis de quelques containers, pour bloquer son établissement.Bien entendu, il est touours plus simple de bloquer son lycée quand l’effet de surprise est total, et que la direction du lycée (voire les flics) n’ont pas pu prévoir quand il aura lieu.

– « Le blocus est illégal »
-> La grève est un motif légal et légitime d’absence en cours. Comme on l’a dit plus haut, la seule façon pour des lycéens et collégiens de faire grève, c’est de bloquer leur établissement. Donc, le blocus n’est pas considéré, en tant que tel, comme un acte illégal.

Si tu as besoin de conseils ou d’aide pratique pour bloquer ton lycée, ou si tu veux juste relayer ton blocus, rendez-vous sur la page facebook « Bloque ton lycée » : https://www.facebook.com/Bloque-ton-lyc%C3%A9e-367818970062608/

Les allocations tuent notre pays. C’est vrai. Mais à qui sont-elles destinées ?

Article publié dans SCALPel n°4.

Les allocations d’aide au logement sont données aux gens qui sont trop pauvres pour être propriétaires afin qu’ils payent leur loyer, ainsi, en réalité, ce sont les propriétaires spéculateurs immobilier qui touchent les allocations d’aide au logement.

La sécurité sociale est versée directement aux médecins et aux pharmacies, ainsi ce ne sont pas les malades qui bénéficient de cet argent, les vrais destinataires de cet argent sont les laboratoires pharmaceutiques.
Ce sont donc des gens qui gagnent déjà énormément d’argent qui récoltent l’argent de l’État.

Les pauvres sont gardés pauvres pour que les riches restent riches. Les pauvres ne servent que de passeurs de capitaux. À travers les allocations et les aides sociales l’État entretient les riches, il faut repenser le système pour qu’il n’y ait plus de pauvres. La seule crise que subit ce pays est une mauvaise répartition des richesses.

Toujours plus de sélection sociale à l’université Paul Valéry

Alors que l’année 2017 a été marquée, dans le milieu étudiant montpelliérain, par la mobilisation contre la mise en place de la sélection en Master, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) nous apprend que plusieurs milliers d’étudiants se retrouvent sans aucune inscription à l’université Paul Valéry – Montpellier 3. Cette situation a été déclenchée par la politique élitiste deu président de l’université, Patrick Gilli. Ce dernier, dans un contexte de victoire d’une logique entrepreneuriale au sein des universités, se comporte davantage comme un patron voyou que comme le gestionnaire d’un service public. L’an dernier, la mobilisation des étudiants « sans fac » avait permis de forcer la direction de l’université à accepter 79% d’entre-deux. Cette année, l’objectif c’est 100 % ! Cette mobilisation contre la sélection sociale ne réussira pas sans un soutien extérieur. Nous relayons plusieurs articles et communiqué sur le sujet :

 

 

Montpellier : la Ligue du Midi refait parler d’elle en attaquant une association humanitaire

Article du portail « La Horde ».

Alors que cela faisait bientôt un an que la Ligue du Midi, le groupuscule raciste animé par la famille Roudier, n’avait pas trop fait parler d’elle, revoilà sa poignée de militants à la manœuvre dans une « action » dont la bêtise n’a d’égal que la lâcheté (voir aussi ici et ). Après une rapide présentation des faits et des agresseurs, nous vous proposons un rappel du « palmarès » de la famille Roudier en matière de violence…

Faut quand même être sacrément débile pour choisir comme cible une association d’aide à des enfants, fussent-ils étrangers…

Le 29 juin dernier, rue Castilhon à Montpellier, une demi-douzaine d’individus pénètrent dans les locaux de l’association Raih (Réseau accueil insertion Hérault), qui s’occupe de l’accueil et la protection des mineurs étrangers isolés. Au milieu des dessins d’enfants punaisés au mur, la petite troupe d’abrutis saccagent le local sous les yeux atterrés des quelques femmes présentes, tandis qu’un papi moustachu grimpe sur une table pour tenir un discours pour ses ouailles sur les « collabos » qui aident les enfants étrangers « avec l’argent du contribuable ». Le tout est filmé et mis sur les réseaux sociaux, avec en musique de fond un morceau du groupe italien Bronson, affilié aux néofascistes de Casapound…

Richard Roudier à gauche, son fils Olivier à droite.

À la manœuvre de cette opération de com’ aussi lâche que stupide, la Ligue du Midi, un groupuscule identitaire local animé par la famille Roudier : le père, Richard Roudier est un vieux briscard de l’extrême droite radicale, sur le parcours duquel nous revenons en détail dans un autre article à lire ici. Il est accompagné de son fils Olivier, l’un des plus excités ce jour-là et reconnaissable à son béret immanquablement vissé sur le crâne, qui lui aussi fera prochainement l’objet d’un portrait de notre part.

Carl-Hugo Pinto Sendra : mytho un jour, mytho toujours…

Enfin, parmi les autres militants présents ce jour-là, on a pu reconnaitre un certain Carl-Hugo Pinto Sendra, militant de la Ligue du Midi mais aussi de l’Action française, animateur d’un pauvre blog et amateur de National-Socialist Black Metal (NSBM) : il est d’ailleurs actuellement à la recherche d’ossements (sur son compte FB) sans doute pour de petites cérémonies privées, avis aux amateurs… Quant aux autres, sans vouloir faire de délit de faciès, disons que certains avaient la tête de l’emploi !

Une belle brochette d’abrutis…

Si, depuis un an, la Ligue du Midi avait plutôt eu tendance à moins faire parler d’elle, ses militants, et en particulier ses principaux animateurs, sont des habitués des tribunaux pour différents faits de violence. Rappel non-exhaustif des principaux « faits d’arme » de la famille Roudier.

Richard le « psychopathe »

Richard Roudier, artisan de sa propre légende, n’aime rien plus qu’évoquer ses bagarres forcément homériques contre les « bolchos » dans les années 1960, à l’époque de son engagement dans les rangs de la FEN. De cette époque, il se souvient ainsi dans son autobiographie Le Glaive et la Charrue (2013) : « C’est au cours du mois de mai [1968] que je réalise “in situ” que le corps humain peut être facilement démultiplié quand on le prolonge par une chaîne de vélo. Je gagne ici définitivement, je crois, une réputation de psychopathe ». Il fait lui-même remonter sa première condamnation pour violence à cette époque, pour avoir « séquester » deux militants socialistes, qu’il aurait enlevé en pleine rue pour les relâcher nus quelques kilomètres plus loin… On savait s’amuser, à l’époque !

Derrière le sourire et les moustaches, un adepte de la chaîne de vélo dans la gueule.

Quelques années plus tard, au début des années 1980, appliquant la « métapolitique » si chère à la Nouvelle Droite, il se met au service de Georges Fontès, dit « Monsieur Georges », passé des sociaux-démocrates du PSD au RPR (ancêtre de l’UMP), et bien décidé à arracher la ville de Béziers aux communistes : après avoir fait les petites mains pour faire la campagne de Fontès, Roudier et son ami André Troise, un ancien de l’OAS, décident de « reprendre » la Maison pour Tous aux communistes, et déboulent à une cinquantaine pour menacer le responsable culturel du lieu…

Mais Richard Roudier n’est pas qu’un ancien combattant. Plus récemment, en janvier 2000, il a été emprisonné pendant plusieurs semaines pour des violences volontaires commises lors d’une manifestation d’agriculteurs en septembre 1999, alors qu’il était membre de la FDSEA du Gard. À la même époque, au sein d’Unité Radicale (UR) puis des Identitaires, il est généralement chargé du service d’ordre, et ne rechigne pas lui-même à distribuer quelques baffes avec les fistons, y compris contre d’autres nationalistes, comme en témoignent les échanges de coups avec Yvan Benedetti et des militants de Jeune Nation à Lyon lors d’une réunion d’UR en avril 2002, ou les coups de pression mis par les Roudier contre d’autres identitaires (qui avaient osé critiquer la ligne politique du mouvement) lors du solstice de l’été 2005 en pays cathare… Il est d’ailleurs plutôt craint dans le milieu, et rares sont ceux qui osent le contredire publiquement (hein, Thibaut ?). En 2005-2006, Roudier n’hésite pas à prendre contact avec Jean-Claude Nataf dit « Michaël Carlisle », dirigeant de la Ligue de défense juive (LDJ), un groupuscule sioniste d’extrême droite, responsable de nombreuses agressions violentes dans les années 2000 (Roudier et des militants de la LDJ ont d’ailleurs assuré ensemble la sécurité des « Assises internationales contre l’islamisation de l’Europe » en décembre 2010).

Tel père, tels fils

Richard Roudier parle ainsi des bagarres partagées avec ses enfants : « C’est une joie indicible et profonde qui m’a envahi chaque fois qu’à la façon de la Taverne de l’Irlandais, je me suis battu aux côtés des miens, chaque fois qu’on a partagé le boulot de violence nécessaire ». Et c’est vrai que ses fils ne sont pas en reste…

Les fils Roudier en pleine action à Bessans en 2005 : en rouge Olivier, en bleu Martial. En haut à droite, Richard console le fiston. (Photos : Midi libre)

En 2005, c’est en famille que les Roudier agressent un élu de Bessans, lui fendant la lèvre. Comme on peut le voir sur les photos ci-dessus, ils n’y vont pas de main morte : pourtant, ce jour-là, c’est Martial Roudier qui pleurniche en se jetant au sol, dans une assez cocasse inversion des rôles…

Olivier Roudier, lui, n’en est ni à son premier, ni à son dernier méfait : il a en effet été inculpé le 2 mars 2002 pour violences volontaires sur agent et port d’arme prohibée de 6ème catégorie en récidive suite à l’attaque menée le 27 février contre un rassemblement d’un comité de vigilance antifasciste. L’année suivante, il est à nouveau interpellé et placé 36 heures en garde à vue suite à une action contre Malek Boutih à Montpellier le 13 avril. En 2005, à l’occasion d’un meeting des Jeunesses identitaires à Nice, une partie des participants, dont les deux frères Roudier, participent à des affrontements après le meeting, au cours desquels un homme noir a été agressé et dépouillé. Fin juillet 2009, suite à une bagarre violente avec des jeunes à Saint-Nazaire de Pezan (où il réside alors), il est condamné à huit mois de prison dont cinq avec sursis. Toujours dans son village, deux ans plus tard, il est interpellé avec un ami pour des saluts nazis et des insultes racistes  : Olivier Roudier se justifie à la barre en juin 2012 en expliquant que c’était à cause de l’alcool, mais lors de son interpellation, il avait un poing américain sur lui… Il est condamné à 6 mois de prison ferme.

Le fils cadet de Richard, Martial Roudier, n’est pas en reste : il a lui été mis en examen pour tentative de meurtre avec un couteau suite à l‘agression d’un jeune antiraciste de 16 ans à l’occasion de la Feria des vendanges à Nîmes, en 2008, puis condamné en juin 2013 à quatre ans de prison, dont deux ans ferme.

Au-delà de ces « faits divers », nous reviendrons en détail, dans des articles à venir, sur le parcours politique de ces trois énergumènes.

La Horde

14/06/2017 : « Grands-puits et petites victoires »

Cycle « Colères du Temps »
« Grands-puits et petites victoires »

Un film de Olivier Azam (2011)

Octobre 2010. Le gouvernement veut faire passer en force sa réforme des retraites, mesure d’austérité phare du quinquennat Sarkozy. La rue se réveille. Les grévistes de la raffinerie Total de Grandpuits vont devenir, malgré eux, le fer de lance d?une lutte qui a mobilisé des millions de Français. Tout en nous faisant vivre une grève de l’intérieur, aux côtés de jeunes grévistes attachants, le film renoue avec l’histoire populaire française, décrypte la stratégie gouvernementale, patronale et le rôle prépondérant des médias. Traversé par le questionnement des ouvriers sur la lutte collective, le récit nous embarque dans une véritable aventure humaine.

Mercredi 14 juin 2017, projection à 20h30 suivie d’un « Fallait-pas » pour ceux qui veulent discuter après le film
au Centre Ascaso Durruti, 6 rue Henri René – Montpellier.

30/05/2017 : Projection-débat « Mé 67, un massacre colonial »

Ce mois de mai 2017, nous commémorons les 50ans du massacre colonial de mai 1967 en Guadeloupe.

MARDI 30 MAI, UNIVERSITE PAUL-VALERY – MONTPELLIER 3

– 16h30, grande pelouse : animation musicale, par CALYPSUD STEELBANDS
– 18h, salle Charles Camproux (Maison des Etudiants), Projection-débat du film-documentaire « Sonjé… Mé 67 » , de Danik Ibrahim Zandwonis, directeur de publication du média « CaraibCreoleNews ».
 
Soirée organisée par le SCALP – No Pasaran 34 (www.scalp34.wordpress.com], et soutenue par La Case, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM), Sakamaché, le CSI 34

L’évènement facebook : https://www.facebook.com/events/1900524426859885/