19/05/2018 : Marche Mondiale contre Monsanto à Montpellier

Le samedi 19 mai aura lieu la Marche Mondiale Contre Monsanto.

Alternatiba Montpellier organise le défilé de Montpellier, une marche optimiste et motivée partant à 14h du Peyrou (Arc de Triomphe) ce 19 Mai.05

Pour rappel :
Ces multinationales ( Monsanto, Bayer, Syngenta et autre Limagrain…) et la finance se sont emparées de l’agriculture et de notre alimentation.

Voici un chiffre édifiant concernant les trois plus grosses firmes de l’agro-industrie : Monsanto-Bayer (fusion en cours), DowDupont et ChemChina (ex-Syngenta) détiennent plus de 70% du marché mondial des semences. Elles contrôlent ainsi la production de la majorité des aliments qui se retrouvent dans nos assiettes.

Elles vendent ainsi aux agriculteurs sur toute la planète des semences brevetées, non reproductibles, et génétiquement modifiées (OGM) pour résister aux pesticides qu’elles vendent également. Monoculture, engrais et technologies diverses viennent compléter le tableau.

Nous constatons chaque jour les nombreux dégâts occasionnés par l’agro-industrie et l’industrie alimentaire : Cancers, pathologies chroniques, déforestation, réchauffement climatique, déclin de la biodiversité, pollution des sols et de l’eau, destruction du lien social et du monde paysan, menaces sur l’autonomie alimentaire des populations, etc.

Pourtant les alternatives agro-écologiques existent et ont fait leurs preuves. Malgré le manque de soutien des politiques, de nombreux citoyens reprennent le contrôle de l’agriculture et de leur alimentation en produisant bio ou en créant des AMAP par exemple.

Alors pour exprimer notre mécontentement face à ces géants de la chimie, RDV le 19 mai 2018, à 19h au Peyrou (Arc de Triomphe)

Soyons nombreuses et nombreux!!!

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01/05/2018 : Manifestation pour la journée internationale de lutte des travailleurs

Rendez-vous ce mardi 1er mai, pour un premier mai radicalement anticapitaliste et antifasciste !

Dans le département, les rendez vous snt les suivants :

Béziers : 10h30 -Bourse du travail
Montpellier : 10 h- Peyrou
Sète :10h- Place de la Mairie

A la Faculté des Sciences de Montpellier, les identitaires prêtent main forte à la droite pour étouffer le mouvement étudiant.

Ce mardi 24 avril au petit matin, un blocage symbolique de la Faculté des Sciences de Montpellier (le campus Triolet) était organisé par les étudiants mobilisés contre la mise en place de la sélection en Licence.
Une « manifestation » à l’entrée du campus attire l’attention : une douzaine de personnes agitent une grande banderole avec inscrit dessus « Non au blocage de nos facs », signé du hashtag #DéfendsTaFac. Même les élus étudiants des Corpos, eux-aussi opposés au blocage, sont surpris par cette manifestation : ils n’en sont pas à l’origine et ne semblent pas connaitre les organisateurs.
Aux alentours de 7h45, arrive un homme barbu, qui salue les personnes tenant la banderole et discute avec eux.
Cet homme, il s’agit de Martial Roudier, fils de Richard Roudier, président-fondateur du groupuscule d’extrême droite identitaire ultra-violent « Ligue du Midi ».
Comme son père, Martial Roudier aime faire parler de lui, mais plutôt par ses démêlés judiciaires : en avril 2013, il était condamné à deux ans de prison ferme pour tentative de meurtre. En effet, il avait poignardé un jeune adolescent de 16 ans.
Ce n’est pas la première fois que cet extrémiste identitaire se retrouve à côté de la fameuse banderole « Non au blocage de nos facs ». Le 26 mars, 4 jours après la violente agression fasciste contre les étudiants mobilisés de la Faculté de Droit et Sciences Politiques de Montpellier, on retrouvait déjà Martial Roudier en train de discuter tranquillement avec les porteurs de banderole.
Un peu plus tard à l’Assemblée Générale étudiante qui s’est tenue dans un amphithéâtre du campus, c’est l’organisation de droite UNI (Union Nationale-Interuniversitaire) qui est venue en masse afin de perturber ce moment d’échange et d’organisation contre la mise en place de la sélection sociale. Rien d’étonnant, les responsables de l’UNI, en bon défenseurs de leur classe sociale, réclament depuis longtemps une sélection sociale accrue à l’entrée de l’université.

Identitaires et manifestation « étudiante » tôt le matin pour s’opposer aux étudiants en lutte, suivi d’une présence coordonnée et massive de la principale organisation de droite du campus lors de l’Assemblée Générale. Pour le SCALP – No Pasaran 34, la présence, encore une fois, d’un leader du groupuscule radical « Ligue du Midi » auprès de la « manifestation » contre le blocage n’est pas le fruit du hasard. Il ne s’agit pas là d’une initiative spontanée d’étudiants inquiétés par un éventuel blocage de leurs cours, mais bien d’une opération politique.
La lutte étudiante contre la précarité, comme tout ce qui se rattache à la lutte des classes, inquiète les bourgeois et les fascistes. Ceux-ci se rapprochent et s’organisent pour tenter d’empêcher et de diminuer les mobilisations sociales, prouvant une fois de plus que le fascisme est la meilleure arme du capitalisme contre celles et ceux qui luttent contre la barbarie capitaliste. Le weekend dernier, les identitaires tentaient une grotesque opération de communication dans les Alpes contre les migrants fuyant la misère et la guerre. Il ont été repoussés avec succès par les camarades antifascistes italiens.

Partout, ici comme ailleurs, nous repousserons ces marchands de haine et valets de l’exploitation capitaliste, par nos luttes anticapitalistes et internationalistes !

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SCALP / No Pasaran 34
Antifascisme radical et lutte de classes à Montpellier
http://www.scalp34.wordpress.com

03/05/2018 : Projection « Classe de lutte » et « Le joli moi de mai » 

Jeudi 3 mai à 20h30, au Centre Ascaso-Durruti, 6 rue Henri René à Montpellier. Projection de 2 documentaires d’époque

« Classe de lutte » documentaire du Groupe Medvedkine

1969 – Durée : 37 mn

Le premier film réalisé par les ouvriers du Groupe Medvedkine.

Il suit la création d’une section syndicale CGT dans une usine d’horlogerie par une ouvrière, entr’aperçue dans le film de Chris Marker et Mario Marret, « À bientôt, j’espère », et dont c’est le premier travail militant en 1968.

On y découvre comment Suzanne réussit à mobiliser les autres femmes de l’entreprise, malgré la méfiance des dirigeants syndicaux et les intimidations du patronat.

« Le joli moi de mai » documentaire de l’ARC (Atelier de Recherche Cinématographique)

1968 – Durée : 33 mn

Les manifestations de 68 à travers l’Europe.

Regard sur quelques événements précis qui ont particulièrement marqué Mai 68.

La projection sera suivie d’un « Fallait-pas » gourmand pour ceux qui veulent rester discuter après les films

Climat répressif contre les étudiants mobilisés

Alors que depuis 3 mois, les étudiantes et étudiants de l’université Paul Valéry – Montpellier 3 bloquent la fac contre la mise en place de la sélection en Licence, les pressions de la police et de la présidence de la fac se font de plus en plus fortes. Le SCALP – No Pasaran 34 apporte toute sa solidarité aux étudiants en lutte.


Communiqué de « l’interlutte », 17 avril 2018 :

Nous relayons le communiqué de l’inter-luttes sur l’université Paul Valéry de Montpellier :

Nous étudiant-e-s, personnels administratifs et techniques et enseignant-e-s de l’Université Paul-Valery et leurs soutiens, nous réunissons aujourd’hui cette conférence de presse, pour faire état de l’ambiance délétère qui règne dans notre Université.

En effet, après la répression fasciste subie le 22 mars dans l’enceinte de la faculté de droit, après la répression policière violente lors des dernières manifestations, une intervention policière, à la demande de Monsieur Patrick Gilli, est en cours de préparation – comme cela a été confirmé publiquement par le préfet. Ici, comme dans de nombreuses autres Universités, c’est le choix de la répression du mouvement étudiant qui est fait par les autorités.
Ces répressions ont pour seul but de briser le mouvement national contre la loi ORE, Parcoursup, la réforme du bac et la destruction du service public. Les étudiant-e-s, personnels et précaires s’opposent fermement à la sélection à l’Université par le biais du système de prérequis, à l’augmentation des frais d’inscriptions, à la fin de la compensation et plus globalement à la politique capitaliste et libérale de Macron.

A Montpellier, cela fait déjà plusieurs semaines que se développe une atmosphère de tension. Celle-ci est notamment le fruit de la communication et des rassemblements hasardeux organisés par la présidence, qui tendent à produire une division artificielle entre étudiants et personnels, dont les intérêts sont en réalité profondément liés.
Le 16 avril a été publié un communiqué mensonger dans lequel Patrick Gilli essaie par tous les moyens de justifier une intervention policière qui lui a déjà été refusée plusieurs fois par la préfecture. Il y est fait mention « d’armes par destinations » qui auraient été retrouvées sur le campus bien qu’aucune preuve n’ait apportée. La manifestation de samedi dernier y est également abordée. Il est évident que ces motifs sont complétement fallacieux étant donné que le Président lui-même signale qu’il a présenté sa demande d’intervention dès le milieu de la semaine dernière.
Alors qu’une délégation du comité de mobilisation a rencontré jeudi dernier des mandatés de la présidence pour organiser notamment la coordination nationale des luttes du week-end du 14 et 15 avril, le président agit comme si cette réunion n’avait jamais eu lieu, alors même que cet entretien a été enregistré avec l’accord des participants.

Ce dernier a d’ailleurs fait intervenir dès ce weekend, des agents de sécurité ne portant pas d’insignes, accompagnés de chiens, refusant de s’identifier et qui ont provoqué à plusieurs reprises des incidents avec des étudiant-e-s et des membres du personnel. Ils ont notamment menacé physiquement un membre du CHSCT qui voulait prendre en photo les preuves de la dégradation des conditions de sécurité de l’université.

De même, le président a profité de leur présence, pour tenter d’exclure les étudiants du campus, ce lundi 15 avril, en filtrant les entrées. Après avoir appelé les personnels pour leur demander de se rendre sur leur lieu de travail, il leur a finalement demandé de quitter les lieux deux heures plus tard.
Désormais, nous savons que la fermeture administrative de l’université, qui annoncerait l’intervention policière, est imminente.

Nous rappelons une nouvelle fois, que nous sommes un mouvement pacifiste, malgré toute la désinformation véhiculée par le président et le ministère.

Nous condamnons fermement les actions de la présidence, que nous jugeons, avec le gouvernement, responsable du climat actuel.
L’université est avant tout un lieu d’ouverture, de savoir et de débat, il est inadmissible d’y faire intervenir la police et nous condamnons fermement toutes les interventions policières des dernières semaines.

Nous appelons tous et toutes à ne pas céder à la violence et à ne pas répondre aux cloches de la division et de la désinformation.

Demain aura lieu un meeting et un concert dans l’amphi A de l’université, réunissant cheminot-e-s, étudiant-e-s, lycéen-ne-s, avocat-e-s, grévistes des CHU et bien d’autres sous le signe de la convergence des luttes. Cette même convergence qui fait tellement peur à la présidence et au gouvernement.

Vous êtes tous et toutes les bienvenu-e-s, pour une soirée joyeuse, festive et humaine, ou nous pourrons ensemble discuter du mouvement en cours, de son futur, autour d’un verre et d’un orchestre.

Signataires :

Comité de mobilisation Paul Valéry, Comité de mobilisation Sciences (Campus Triolet contre la sélection), Comité de mobilisation Droits et Sciences politiques (Rendez-nous nos droits – Montpellier Droit Science Po en lutte) , Solidaires Etudiant-e-s MontpellierSyndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUMCGT Université Montpellier 3SUD Éducation Hérault,  SNTRS-CGT, SUD Recherche, Solidaires 34, Réseau Universités Sans Frontière 34CGA Montpellier , Union des Etudiants Communistes de MontpellierComité jeunes NPA34 – MontpellierJeunes insoumis.es Montpellier

Milice fasciste milice du capital !

Jeudi 22 mars les étudiant-es sont mobilisées  contre l’infâme loi Vidal qui accroît la sélection élitiste au sein des facultés privant toujours plus les lycéen-es issu des milieux populaires d’accès aux études supérieure ;et ils ne sont pas seule a se mobiliser, des lycéen-es nombreux bloquent leur établissement : monnet joffe agropolis clémenceau et rejoignent en masse le cortège qui doit faire jonction avec la fonction publique et les cheminots menacer par les réformes libérales du gouvernement autoritaire de macron.
La manif est vraiment sympa on est très nombreux pour Montpellier plus de 7000 ! une réussite !
Suite a la manifestation on décide de se rendre a l’ag interpro qui doit avoir lieux a la faculté de droit ,celle ci décide une occupation symbolique de nuit de la faculté.
L’occupation se déroule dans une ambiance sympathique malgré la présence hargneuse de membre de la corpo de droit et de militants de l’uni qui multiplient les provocations le doyen également qui décide par exemple de fermer ..les toilettes de la fac pour dissuader les occupant-es.
Vers une heure du matin un groupe de nervis dont des membres d’extrême droite ( on sait qui vous êtes les gars..) dont certains enseigne au sein de la faculté pénètrent dans l’établissement et tabassent toutes les personnes présentes..il est  évidant que le doyen a jouer un rôle plus que trouble dans cette événement lui seul pouvait faire pénétrer ce groupe lui seul pouvait permettre aux vigiles de refermer les grilles ( au passage sur le pied d’une des victimes ) de la faculté pour protéger ces agresseurs puis leur permette de partir sous protection de la police. Cette violente agression fasciste est donc mener avec l’accord et sur ordre des autorités de la fac de droit ( mais de quel droit par le t’ont dans cette établissement du droit qui ne s’applique qu’aux pauvres?) elle démontre une fois de plus que les fascistes sont le bras armée du capital et de sa classe dirigeante : la bourgeoisie.
Les rejetons de la bourgeoisie réactionnaire de Montpellier ont monter leur vrai visages derrière leur costards et nœuds papillons bien propre et  pour certains leur professions d’enseignants se cachent le visage de personnes capable de la plus grande des violences contre tous ce qui relèvent la tête et menace leur domination. 
Il est absolument nécessaire  et vital et de participer a toute les mobilisations contre la loi Vidal et la vermine fasciste au sein des facs et dans la rue et de ne pas céder au terrorisme de l’extrême droite ou de l’état !
Ils ne nous feront pas peur ! Pétel fasciste police complice!no pasaran ! Ni fascisme ni libéralisme !

— 
SCALP / No Pasaran 34
Antifascisme radical et lutte de classes à Montpellier
http://www.scalp34.wordpress.com

 

Sur la mobilisation étudiante, on vous invite à lire le site du syndicat étudiant (le SCUM) ainsi que le site du comité de mobilisation.

Face à la direction de la fac, la lutte se radicalise

Article du site Le Pressoir.

La dernière assemblée du 15 mars se donne une tonalité de lutte. La précédente AG avait alors sombré dans le défouloir des briseurs de grève. L’assemblée doit être présentée non pas comme un simple espace démocratique, mais comme un outil de lutte. L’assemblée doit favoriser la prise de décision et fixer les grandes lignes d’un mouvement. Elle doit permettre l’auto-organisation de la révolte.

Assemblée de lutte

Les prises de parole expriment davantage un discours politique. Un témoignage de Toulouse dénonce les syndicats qui s’opposent à la grève et tentent de canaliser la lutte. A Toulouse, le mouvement propose un blocage économique. La proposition positive suscite l’enthousiasme. Un étudiant critique la direction de l’Université. Il demande la démission du président et propose de mettre une pression constante sur la direction de la fac.

Cravate violette sur chemise noire, un étudiant se présente comme un membre du SEUM et un sympathisant du Modem. Il prend le contre-pied du discours citoyenniste de défense de l’Université. Il propose l’abolition de l’Etat et des services publics. Il appelle à perturber les cours alternatifs mis en place par le comité de mobilisation. Il propose la grève et le blocage de la fac jusqu’à la démission du président Patrick Gilli. Il propose également de brûler la fac, sans doute l’institution plus que les bâtiments.

Un autre étudiant propose une interdiction de campus pour le président. Celui qui se prend pour un monarque aime bien interdire de campus tous ceux qu’il considère comme les meneurs de la révolte. Cette fois-ci, c’est lui qui pourrait être interdit de campus. Malheureusement, ces diverses propositions ne passent pas. Mais elles fixent un niveau d’exigence qui permet de reconduire la grève et le blocage jusqu’au 26 mars. De quoi bien organiser le mouvement et la journée inter-professionnelle du 22 mars.

Comité de mobilisation

Le comité de mobilisation qui se réunit le 16 mars prend une nouvelle tournure. Le bâtiment administratif, dans lequel siège la direction, est bloqué. Mais le président convoque les syndicats pour tenter de briser la grève. Sa manœuvre grossière échoue. Ses mails agressifs et ses multiples tentatives d’achever le mouvement permet aux étudiants et étudiantes de comprendre la véritable nature du président. Non, ce n’est pas juste un prof de gauche qui tente tant bien que mal de gérer une situation critique. C’est un bureaucrate qui veut faire régner l’ordre dans une fac élitiste fermée aux milieux populaires. Beaucoup se sentent trahis par l’attitude du président.

Le comité de mobilisation regroupe souvent une centaine de personnes qui veulent participer activement à la lutte. Certes, seuls quelques militants, la plupart des hommes, s’expriment à chaque fois. Mais ces réunions sont toujours importantes car les étudiantes et étudiants moins politisés s’expriment de manière gestuelle pour approuver un propos. Surtout, les commissions en petits groupes permettent davantage de prendre la parole pour exprimer un point de vue.

Rencontre avec Patrick et la direction

« On demande Patrick. Il est parti ? C’est à Patrick ». Voilà comment le président de la fac est annoncé. Ce qui lui enlève toute forme d’autorité ou de statut particulier. Le comité de mobilisation, comme l’assemblée, se présente comme un cadre anti-hiérarchique. Pour intervenir, il faut s’inscrire sur un tour de parole. La présidence de la fac ne comprend pas cette démarche. Des dirigeants de la fac demandent à recevoir une délégation dans leur bureau. Le comité refuse ce principe de la délégation qui consiste à confier la parole et le pouvoir à quelques syndicalistes responsables qui se font enfumer dans des bureaux administratifs. Il n’y aura plus de négociation de couloir. La délégation de l’assemblée, c’est un comité de mobilisation ouvert à tous.

Les étudiants et étudiantes n’expriment aucune agressivité ou même conflictualité. Le refus de s’adresser au pouvoir n’est pas leur motivation. Mais ils et elles restent attachés au cadre de l’auto-organisation et au refus de la délégation de pouvoir. Les membres de la direction peuvent librement s’exprimer dans le cadre du comité. Mais ils doivent s’inscrire sur un tour de parole. Ils sont ensuite appelés par leur prénom, comme le veut l’usage. Cet attachement à des principes anti-hiérarchiques est perçu par le président comme une humiliation. Il est dépossédé de son statut et de son autorité. Son discours révèle alors toute sa vacuité. Une étudiante parle fort pour s’adresser à des bureaucrates qui tournent les talons. Ils refusent de participer au comité de mobilisation et d’écouter les personnes qui s’expriment et répondent à leurs maigres arguments. La direction montre son vrai visage plein de morgue et de mépris. Mais aussi d’impuissance et de ridicule.

Paul-Va ingouvernable

Des étudiantes et étudiants s’adressent déjà au comité de mobilisation pour organiser des événements. La présidence veut une fac morte et annule tous les initiatives étudiantes. Mais le comité prend le relais. C’est maintenant le mouvement de lutte qui permet l’organisation des événements étudiants, et non plus une direction institutionnelle qui semble prendre l’eau. Le pouvoir passe aux mains du mouvement.

Après ce comité amusant, un « printemps des chaises » est lancé. Il s’agit de vider les bâtiments du matériel qui permet de fortifier les barricades. Le mouvement doit se rendre maître du campus. Les bâtiments doivent être entièrement bloqués. Mais c’est le bâtiment de la direction qui fait les frais de la plus grande inventivité. C’est une véritable pyramide qui se dresse pour empêcher la direction de se réfugier dans son palais. 
Ce n’est pas le mouvement qui a d’emblé exprimé une conflictualité frontale avec la direction. Bien au contraire. Le blocage a même semblé soutenu et cogéré avec la présidence. Mais les mails agressifs du président et la découverte d’une clique méprisante prête à briser l’avenir de la jeunesse pour se maintenir au pouvoir ont été bien plus efficaces que tous les discours de mise en garde.

Pression continue

Le 20 mars c’est le site de Saint-Charles qui est bloqué pour « mettre une pression continue sur la direction de la fac », selon l’expression décidée à l’AG. Le bâtiment abrite notamment les doctorants. Le coup est réussit. Patrick Gilli vient en personne avec toute une escorte. La DGS de la fac, responsable de la discipline et de la sécurité, mais aussi des policiers des Renseignements généraux sont de la partie. Les étudiants et étudiantes se prennent la main et avancent en sautillant. Ils font une farandole en direction du président. Cette esthétique bon enfant suffit pourtant à l’énerver et à le faire fuir. Comme Patrick Gilli le dit lui-même dans le torchon local : « le mouvement s’est radicalisé »

Même si cette lutte comporte quelques limites, notamment avec quelques étudiants qui monopolisent la parole. Ce sont souvent des militants gauchistes attachés à un discours réformiste de défense de l’Etat plutôt que de parler des effets concrets de la sélection sociale. Le cadre de l’auto-organisation devrait au contraire permettre à n’importe qui de s’approprier la lutte. Le mouvement doit maintenant s’élargir, organiser des actions pour bloquer au-delà de la fac et participer à une véritable lutte inter-professionnelle
Le mouvement s’est rapidement radicalisé. La lutte permet de réfléchir collectivement et individuellement. Le mouvement permet de se forger une réflexion critique et de prendre conscience dans notre force collective. Il ne doit plus y avoir de retour à la normale.

12/01/2018 : « la pratique de l’enquête ouvrière et de la cartographie sociale »

Discussion autour de la pratique de l’enquête ouvrière et de la cartographie sociale

avec la participation du collectif : Classe de Toulouse

 » On a donc eu l’idée d’élaborer une cartographie sociale pour comprendre la façon dont Toulouse et ses alentours fonctionnent économiquement et quelle ambiance règne dans les entreprises, les ASSEDIC, la rue, les chaumières, les prisons, partout où nous trainons ou serons peut-être amenés à trainer quoi !  »

…et organisée par le collectif
facebook: Working Class Hérault
courriel: working.class.herault@riseup.net

Vendredi 12 janvier 2018, à 19h avec un repas partagé…
au Centre Ascaso Durruti, 6 rue Henri René – Montpellier.

L’art de la pacification sociale

Article du média « Zones Subversives »

L’art de la pacification sociale
L’art et la culture se piquent parfois d’irrévérence. Mais l’art reste avant tout une industrie qui participe à la pacification sociale.

 

La culture comprend l’art et la littérature, mais aussi tout un ensemble de pratiques. La culture se traduit également par des règles et des codes qui révèlent son appartenance de classe. L’accès et la consommation de la culture légitime reste un privilège réservé à une élite. Mais la culture apparaît également comme un secteur économique important. La culture favorise ainsi une domestication sociale et économique.

Les lieux de création sont alors séparés de la critique sociale et politique. La culture devient même un instrument de conquête, que se soient dans les quartiers populaires ou au-delà des frontières avec la francophonie. L’éditeur Laurent Cauwet soulève les enjeux actuels liés à la culture sans le livre La domestication de l’art.

 

                                                   

                                             

 

La domestication des artistes

 

La culture est un Ministère, lieu de décision et de production. « Un lieu qui produit les spectacles, les débats, les artefacts consommables de l’art, de la littérature et de la pensée », décrit Laurent Cauwet. L’économie de la culture dispose également de ses prolétaires, condamnés à continuer de créer pour survivre. « Toute personne employée par cette vaste entreprise n’a pour autre destin que de servir ses maîtres », constate Laurent Cauwet. Le travail culturel doit se plier à des contraintes pour se soumettre au cadre de l’État et du marché afin de toucher des cachets et des subventions. Le prolétarisation de l’art impose l’auto-censure et le formatage.

La poésie ne rentre pas dans le cadre de l’industrie culturelle. Elle se diffuse dans les fanzines ou dans la rue sur des affiches. Mais la poésie reste liée à l’art. Ce sont des poètes qui sont à l’origine des principaux mouvements d’avant-garde artistique. Les dadaïstes sont avant tout des poètes qui inventent de nouvelles pratiques artistiques. La poésie est alors reliée à la vie quotidienne. « Ces avant-gardes historiques ont en commun une même dynamique : la volonté de concevoir une poésie totale qui peut s’exprimer hors du livre, du musée ou du théâtre… pour se mêler intimement à nos vies », souligne Laurent Cauwet. Mais l’institution ne retient que de la poésie uniquement le spectacle et la muséification. Un milieu poétique peut alors se créer avec ses petites entreprises.

La culture devient une arme de domestication. Les artistes de rue valorisent davantage l’artifice que la réflexion critique. Les animateurs socio-culturels se rendent dans les quartiers populaires pour éduquer leurs habitants. Ils sont payés par le même État qui produit des crimes policiers. « Ce qui est demandé à l’artiste rémunéré par l’entreprise culture, c’est de participer à la pacification, sous couvert d’intégration, des habitants des quartiers populaires, tenter de faire croire en la sollicitude et la bienveillance de l’État, convaincre cette population que leur parole, leur regard, leur pensée ont un sens et comptent », observe Laurent Cauwet. Moins violent que le policier, l’artiste adopte la même fonction d’empêcher toute forme de révolte. Le public doit rester passif et apprivoisé.

                                             Ruben östlund présente un tas de graviers dans un musée à Stockholm, et des visiteurs forcément interloqués.

 

L’hypocrisie de l’art

 

Les grandes messes festives, comme la fête de la Musique ou la Gay Pride, colonisent l’espace public. Ces manifestations culturelles éradiquent le débordement et la transgression joyeuse contenue dans la fête. L’élite et le bon peuple doivent communier ensemble dans ces évènements. Ensuite, ces fêtes de type « Capitale européenne de la culture » participent au remodelage de l’espace public et à l’embourgeoisement urbain. L’opération Marseille 2013 permet d’éloigner les classes populaires des centres villes, comme le montre le film La fête est finie.

L’hypocrisie de l’art devient également grotesque. La subversion doit rester cantonnée dans le cadre culturel pour rester inoffensive. Par exemple, une œuvre valorise le vol. Mais lorsqu’elle est volée, le commissaire d’exposition n’hésite pas à appeler la police. La critique du travail peut être mise en avant, mais pas la critique de l’entreprise qui finance l’exposition.

 

Les institutions publiques et privées peuvent désormais largement collaborer. La fondation Louis Vuitton permet de mettre en avant des œuvres, mais fait surtout la promotion de son entreprise de luxe. Mais Louis Vuitton peut tranquillement organiser des expositions dans des musées publics. Cette entreprise peut ainsi redorer son image de marque. Louis Vuitton a participé à la collaboration avec l’État français sous Vichy. Elle participe également au groupe LVMH, dirigé par Bernard Arnault, Cette entreprise n’hésite pas à exploiter des ouvrières bulgares avec des faibles salaires. Mais LVMH reste un puissant annonceur publicitaire, ce qui explique l’engouement médiatique pour la fondation Louis Vuitton.

La fondation Imago Mundi de Benetton célèbre la diversité culturelle. Elle commande des œuvres aux artistes du monde entier. Mais elle se garde bien d’évoquer l’exploitation des ouvrières et des ouvriers dans les usines des pays pauvres. L’art permet à Benetton de se donner une bonne image.

La brochure La fête est finie évoque Lille capitale européenne de la culture. Ce texte analyse le rôle des manifestations festives, désormais moteurs de la pacification sociale. « L’idée qu’ici le Capital n’avance plus à coups de canon, mais précédé d’une milice dansante, bruissante, bigarrée d’artistes en costumes et de branchés sous ecsta ne nous est pas encore familière », analyse la brochure. La culture et l’aménagement urbain permettent la normalisation.

   

         Manifestation d'intermittents du spectacle à Paris en mars 2010.

 

Contestation et créativité

 

Laurent Cauwet décrit bien l’imposture de l’art et de la culture. Sous des couverts de liberté d’expression et d’irrévérence, l’art participe pleinement à la pacification sociale. Laurent Cauwet montre bien les enjeux politiques qui traversent le milieu artistique. Cette plongée dans le monde culturel permet également de décrire les évolutions de la société. Laurent Cauwet rappelle que l’art est avant tout une industrie. Les artistes restent soumis aux patrons et aux institutions qui les énumèrent. Cette approche matérialiste permet de briser l’émerveillement autour d’évènements artistiques encensés par les médias. Les fondations et les entreprises du luxe qui contrôlent le marché de l’art fournissent de nombreux exemples d’un art hypocrite qui vise à masquer la misère et l’exploitation.

En revanche, Laurent Cauwet égratigne un peu moins les artistes. La lutte des intermittents du spectacle en 2014 montre bien leurs tiraillements. Ils contestent un Ministère de la Culture qui par ailleurs les subventionne. Le mouvement social repose donc sur une hypocrisie. Surtout, loin d’un rapport de travailleur à patron, les intermittents se vautrent dans l’entre soi du petit milieu culturel. L’art et l’intérêt général réunissent exploiteurs et exploités dans la défense de la culture. Les analyses critiques sur les mouvements des intermittents révèlent toutes ces contradictions qui traversent le milieu artistique.

En revanche, Laurent Cauwet reste lucide sur les possibilités de faire pencher l’art du côté de la contestation. Certes, il défend la poésie qu’il édite. Mais peu d’artistes parviennent à vivre à la marge de l’État et du marché. Laurent Cauwet souligne bien la dimension poétique des révoltes sociales. Le cortège de tête et les nombreux tags qui enjolivent l’espace urbain pendant le mouvement de 2016 semblent plus poétiques que les spectacles subventionnés et les expositions des fondations. Ce n’est pas l’art qui peut apporter du conflit et de la critique. C’est la contestation sociale qui peut devenir poétique et créative.

 

Source : Laurent Cauwet, La domestication de l’art. Politique et mécénat, La Fabrique, 2017

 

Articles liés :

L’imposture de l’art contemporain

Miami : art et urbanisme

Lutte des classes et urbanisme à Paris

 

Pour aller plus loin :

Radio : Fiac : marché de l’art ou art de marché ?, émission Comme un bruit qui court diffusée sur France Inter le 28 octobre 2017

Radio : Poésie et lecture(s), émission diffusée sur France Culture le 16 septembre 2016 

Vidéo : Lecture poésie armée enregistrée à Manifesten en février 2014

 

Jean-Philippe Cazier, Laurent Cauwet, La domestication de l’art, publié sur le webzine Diacritik le 14 septembre 2017

Compte-rendu de Frédéric Thomas publié sur le site de la revue Dissidences le 7 octobre 2017

Bertrand Verdier, La domestication de l’art de Laurent Cauwet, publié sur le site Sitaudis le 18 septembre 2017

Articles de Laurent Cauwet publiés sur le site des éditions Al Dante

Articles de Laurent Cauwet publiés sur le site Mediapart

Laurent Cauwet, La pratique de l’édition est difficile, donc possible, publié dans la revue Lignes n°20 en 2006

Manifesten : Bernard Hiedsieck inaugure ce 19 septembre le nouveau lieu des éditions Al Dante, publié dans le webzine Inferno le 19 septembre 2013

Laurent Cauwet, séance Qui-vive du 28 février 2013

Anne Pitteloud, Al Dante pas encore cuit, publié dans le journal Le Courrier le 9 décembre 2006

 

Nicolas Langlais, « Culture en danger », si seulement…, publié sur le site de la revue Temps critiques en janvier 2006

Une illustration des limites du consensus démocratique dans la lutte – La grève des intermittents à Cratère surface (Alès), publié sur le site Exploités énervés le 12 août 2014

Mafalda et Valérian, On a les chefs qu’on mérite. À propos du mouvement des intermittents du spectacle, publié sur le site DDT21 Douter de tout…

La DRAC de Montpellier méprise les précaires, publié sur le site Le Pressoir le 26 février 2016

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Patriarcat, sélection sociale et pouvoir professoral à l’université

A l’université Paul Valéry – Montpellier 3, la mise en lumière de l’impunité des professeurs dans les cas de harcèlements sexuels attire les foudres de la présidence de cette fac. Le syndicat étudiant (le SCUM) appuie clairement là ou ça fait mal, en remettant en cause, par cette affaire, la position sociale de pouvoir occupée par les enseignants-chercheurs au sein de l’université. Comment ne pas y voir un lien avec la sélection sociale que ces mêmes enseignants chercheurs promeuvent au sein de l ‘université (sélection en Master l’an dernier, et désormais sélection en Licence avec le « Plan étudiants ») ?

L’université n’est que le dernier étage de l’éducation nationale, vaste outil de sélection sociale, mais aussi de reproduction sociale des formes de dominations (État, patriarcat).

Pour aller plus loin, le communiqué du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier sur cette question : https://combatuniversitaire.wordpress.com/2017/12/12/quotas-de-selection-et-harcelement-sexuel-guerre-ouverte-a-luniversite-paul-valery/