Archives de Catégorie: Réflexions

Analyses et réflexions politiques

A la recherche du mouvement étudiant à Paul Valéry …

Depuis le mois de janvier, la nouvelle est tombée comme un couperet sur les étudiantes et étudiants de l’université Paul Valéry à Montpellier : désormais, l’obtention de la licence ne suffira plus à garantir l’accès en Master. En effet, la direction de l’université, ayant obtenu le feu vert législatif, a décrété la mise en place d’une sélection sociale dont même le groupuscule de la droite universitaire UNI n’aurait pas osé rêver.

Face à une telle attaque, on aurait pu imaginer que les masses étudiantes se soulèvent en nombre contre la direction de l’université, menées par les multiples syndicats et organisations étudiantes. Si le syndicat SCUM (Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier) a essayé effectivement, durant ces longs mois, de soutenir un rapport de force contre la direction de l’université, ils ont été bien seuls côté syndicats : l’UNEF, qui au niveau national avait validé la sélection en Master, n’existe plus à Paul Valéry, et Solidaires Étudiants semble trop occupé par l’organisation d’événements culturels subventionnés par l’université. Seul le syndicat CGT des personnels de l’université, et les élus étudiants du « Comité Étudiant Indépendant » ont suivi cette mobilisation étudiante, portée dans sa quasi-totalité par des étudiants non-encartés.

Suite à l’Assemblée Générale du 1er février, ayant rassemblé plus d’une centaine d’étudiantes et d’étudiants, une dynamique semblait s’être lancée, avec un mot d’ordre simple : empêcher la direction de la fac de mettre en place la sélection en Master. Une conflictualité assumée avec la présidence de l’université, rompant de fait avec toute possibilité de compromissions et de dévoiement de la lutte, et portée dans sa quasi-totalité par des étudiantes et étudiants assumant une défiance claire vis à vis des syndicats et organisations politiques. Radicalité et autonomie, la mobilisation ne pouvait ainsi pas mieux débuter, et les militants du SCALP-No Pasaran 34 y ont pris part.

Mais cette spontanéité s’est fracassée à un manque de cadres collectifs d’organisation. C’est ce manque d’organisation collective qui a permis a une poignée d’étudiants, opposés au rapport de force décidé auparavant, de transformer l’action prévue du 21 février, à savoir l’envahissement du Conseil des Études et de la Vie Universitaire, en simple envoi de délégation au sein de l’instance. Ainsi, la sélection en Master a été votée en toute tranquillité par la direction de l’université, après avoir fait semblant d’écouter cette délégation.

Alors qu’une action similaire est prévue dans la perspective du Conseil d’Administration du 28 février, le syndicat SCUM décide de prendre les devants afin d’éviter que ce type de sabotage se réitère. Dans le plus grand des secrets, ils s’introduisent le jour J dans la salle du Conseil d’Administration quelques heures avant, et l’occupent avec un petit déjeuner. Si l’action permet effectivement d’empêcher de façon efficace le conseil de se réunir à l’endroit prévu, il ne l’empêche pas, l’effet de surprise passé, de trouver refuge dans un autre bâtiment. Là encore, c’est le cadre collectif d’organisation qui fait défaut. En délaissant l’action collective au profit d’une action commando, le syndicat le plus combatif a de fait laissé la gestion de cette action collective aux fractions les moins combatives. En effet, alors que les membres de la direction se réfugiaient dans un autre bâtiment, seuls deux ou trois étudiants ont tenté d’entrer en force dans le conseil, se heurtant à la passivité voire à la réprobation des militants d’autres syndicats. Les portes se sont refermées, et le Conseil d’Administration a pu voter la sélection en Master tranquillement. Si il y avait eu une meilleure coordination entre les « petit-déjeuneurs » et les quelques étudiants les plus radicaux à l’extérieur, l’issue de cette matinée n’aurait certainement pas été la même.

Alors qu’à l’occasion des Journées Portes Ouvertes, des étudiants mobilisés soutenus par la CGT, le SCUM et des militants autonomes, mettaient en place un piquet de grève perturbant l’opération marketing de la direction, puis organisaient le 17 mars un apéritif satirique fêtant la « Saint Patrick Gilli », du nom du président de l’université, l’association Solidaires Étudiants et le « Comité Étudiant Indépendant » organisaient pour le 23 mars un rassemblement contre la sélection. La bonne surprise de ce rassemblement fut la venue de nouvelles têtes, mais la mauvaise nouvelle fut le constat que la quasi-totalité des étudiantes et étudiants mobilisés au cours des mois précédents avaient déserté la mobilisation. Alors que les organisateurs proposaient aux étudiants présents l’adoption d’une énième motion et l’envoi, encore une fois, d’une délégation auprès de la direction, les étudiants ont préféré tenter de s’inviter en masse dans le bâtiment administratif, et se sont retrouvés face à la réalité brute du « dialogue social » au sein de l’université : des portes coupe-feu verrouillées de l’intérieur.

C’est alors qu’une Assemblée Générale improvisée se tient, sans Solidaires Étudiants, mais en présence de militants du « Comité Étudiant Indépendant » et du SCUM, et vote à l’unanimité le blocage de l’université pour le 30 mars. Mais malheureusement, là encore, l’absence d’organisation collective suite à cette décision conduit à une attitude consommatrice, sous-traitant aux syndicats l’organisation pratique de l’action. Les étudiantes et étudiants ayant décidé du blocage ne sont pas celles et ceux qui effectivement étaient présents le jour J, face au président de l’université et à un nombre impressionnant de vigiles. Les étudiantes et étudiants présents, dont les militants du SCALP-No Pasaran 34, décident alors de ne pas aller à l’affrontement avec le dispositif de sécurité, et mettent en place un barrage filtrant.

Plusieurs mois après le début de ce mouvement atypique, les leçons semblent être enfin tirées : une Assemblée Générale se tient, et met sur place un Comité de Grève afin d’organiser collectivement les actions contre la direction de l’université.

Si nous nous sommes réjouis de la conflictualité et de la radicalité portée par cette mobilisation depuis ses débuts, force est de constater que le manque d’organisation autonome des étudiantes et étudiants mobilisés a empêché cette mobilisation de se massifier et de monter en puissance sur la durée.

Alors que dans d’autres universités, les directions ont reculé sur la mise en place de la sélection face aux mouvements étudiants, une même issue victorieuse semble aussi à portée de main à l’université Paul Valéry.

Dès la rentrée des vacances universitaires, plusieurs actions seront programmées par le Comité de Grève. Il est important pour assurer sa réussite que la lutte étudiante se développe aussi hors du huis-clos universitaire et de l’isolement qui en découle vis à vis des autres mobilisations sociales.

En effet, si il y a bien une chose crainte par tous les pouvoirs, c’est bien la multiplication des terrains de luttes et leur coordination dans le but d’une généralisation de la lutte des classes à tous les secteurs de la société.

Organisons-nous pour devenir ingouvernables !

SCALP-No Pasaran 34 – scalp.mtp@live.fr

Pouvoir, marchandages et votes : une matinée dans les coulisses de la démocratie universitaire.

Article initialement publié sur le site montpelliérain « Le Pressoir ».

Pouvoir, marchandages et votes : une matinée dans les coulisses de la démocratie universitaire.

Mardi 10 mai 2016, c’était jour d’élection à l’Université Paul Valéry – Montpellier 3. Pas une élection ouverte à tous, mais un vote au sein d’un des conseils centraux de cette université, le Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CÉVU). Il s’agissait, durant cette longue matinée, de désigner le futur vice-président de ce conseil, ainsi que de procéder à l’élection du futur vice-président étudiant.

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Les étudiants réformistes contre la lutte

Nous relayons ici un article publié sur le site « Montpellier en luttes », dénonçant les pratiques d’étudiants tentant de décourager les lycéens d’entrer pleinement dans la lutte contre l’odieuse Loi Travail. Les militantes et militants du SCALP – No Pasaran 34 sont des lycéens, travailleurs et étudiants prêts à apporter une aide concrète et technique à toutes les formes de luttes (blocages, manifestations). N’hésitez pas à nous contacter si besoin (scalp.mtp@live.fr).

Les étudiants réformistes contre la lutte

Un papier d’ambiance sur la misère en milieu étudiant pendant le mouvement sur la Loi Travail. Cela concerne la journée 25 mars à Montpel. Nous pouvons lire aussi quelques conseils pour bloquer son lycée.

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« Étudiez, y a rien à voir »

Texte de critique de l’éducation, et des luttes menées en son sein, rédigé sur le site web https://avaleurtravail.wordpress.com/

« En théorie, il n’y a pas de différence entre la théorie et la pratique.
En pratique, il y en a une. »

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La supercherie de l’Université commence avec ce mensonge selon lequel elle constituerait un monde à part de la production économique, une soi-disant société d’initiation intellectuelle, un cocon en dehors de l’Histoire chargé de former, bien à l’abri, les penseurs de demain. Or il n’en est rien, l’Université est un secteur parmi d’autres de la production économique, secteur dont la fonction est de former des futurs travailleurs. Le statut de l’étudiant n’est qu’un statut de transition en attendant l’intégration de celui-ci au salariat. S’il lui arrive de se salarier durant ses études, l’étudiant ne se salarie bien souvent que pour pouvoir étudier, et il n’étudie généralement que pour se salarier ensuite. Le salariat présent de l’étudiant est le simple moyen financier de ses études et le salariat futur est le but encore incertain de celles- ci : en attendant l’étudiant n’a que son statut d’étudiant pour lui servir de promesse. Et c’est parce que ce statut n’est rien d’autre qu’une promesse que les étudiants peuvent être si aisément les sujets de toutes les arnaques.

Le rôle d’étudiant est un rôle charnière : il n’existe qu’en- devenir, dans sa valeur (dépendante de son diplôme) de futur travailleur, dans les rôles potentiels qu’il est appelé à jouer ultérieurement dans le salariat. Ce que nous appelons « rôle d’étudiant » n’est donc pas un rôle figé mais un processus d’intériorisation d’un futur statut, sous ses différentes modalités. L’étudiant n’existe pas concrètement, il n’est pas une entité, il n’est jamais présent, simplement, en tant que dispositif, il fonctionne, dans des façons de penser et de faire plus ou moins conformes. Il est une figure de propagande, le surplus idéologique qui s’ajoute à tel ou tel contrôle local de la future main d’œuvre, le visage souriant de l’intégration paisible à l’exploitation économique.

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Le système éducatif est un secteur comme un autre de la production capitaliste, censé produire la force de travail intellectuelle plus ou moins qualifiée dont la fourchette de valeur dépend du grade de diplôme. Pour cela le système éducatif fonctionne comme institution disciplinaire, c’est à dire qu’il façonne des façons de voir, de penser et de se comporter, qu’il fait intérioriser des normes, qu’il opère une mise en conformité des individus avec le marché. Ces opérations se déroulent à couvert d’un fétichisme encore insuffisamment interrogé : celui du « savoir ». A peu près rien de ce qui est appris à partir du début du collège ne sera ni mémorisé, ni utile « plus tard » (faites le test vous-même : prenez le programme d’une classe de 5e). Dans la mesure où l’on nous bourre le crâne de connaissances abstraites, qui ne sont pas directement utiles dans nos vies quotidiennes, qui ne sont pas directement reliées à une pratique, c’est toujours le bachotage qui constitue la seule et unique organisation possible du travail d’étude : apprendre la veille, recracher le jour même, oublier le lendemain. C’est donc de compétition et de sélection sociale, doublé d’une question de dressage disciplinaire, dont il est question derrière les mythes de la « transmission des savoirs » et de la « qualification », et qui se réalise dans le système de notation.

Une note ne peut pas évaluer l’usage du savoir, et quand bien même elle le pourrait, la nécessité économique à laquelle la note est suspendue (note = diplôme = travail = argent = survie) fausserait déjà la donne. Le pseudo-savoir dispensé n’est pas la fin, mais l’alibi du racket de notre temps libre ; pour assembler quelques paragraphes de banalités à apprendre, recracher et oublier, il nous faut en passer par un enchevêtrement de contraintes : inscriptions, frais financiers, achat de matériel, réveil, transports, heure de pointe, horaires, règlements, autorités diverses (autorité du maître, autorité de l’administration, autorité infra-policière des vigiles…). C’est à tout un chacun de déterminer l’usage qu’il veut faire du savoir qu’il acquiert, mais l’étudiant n’apprend pas dans l’optique de faire usage de sa connaissance, il étudie dans l’optique de devoir être trié et sélectionné pour espérer avoir à bouffer un jour. C’est d’abord en ce sens que la liberté d’étudier qu’on nous oppose au moment des blocages est une absurdité, étudier n’est pas un droit ni une liberté, c’est une des diverses modalités proposées d’obéissance à une contrainte de masse : intégrer la sphère de l’exploitation économique. Toute analyse doit partir de là.

Ainsi, si nous tombons d’accord avec ces autocollants idiots qui pleurnichaient que « Les élèves ne sont pas des clients » c’est uniquement parce que nous savons que l’étudiant est, au contraire, une marchandise dont la valeur est en formation. Et si nous tombons d’accord avec ces badges idiots qui pleurnichaient que « Le Savoir n’est pas une marchandise » ce n’est que dans la mesure où nous savons bien que le « savoir » n’est que la mystification entourant le processus de production de la véritable marchandise universitaire : le futur travailleur. La notion de « consommation » que l’on met volontiers à toutes les sauces n’est pas à prendre au sens superficiel de « rapport marchand » mais de destruction d’un produit sous sa forme finie. Ce que l’étudiant « consomme » en cours ce n’est pas l’enseignement mais son propre temps libre. Et comme pour le temps de travail abstrait du salariat classique, ce temps revient sous sa forme coagulée habituelle : la valeur.

Ce que le diplôme universitaire sanctionne finalement, c’est l’achèvement d’une mise en conformité au système marchand et indique, en conséquence de cet apprentissage de la soumission, le prix auquel le travailleur pourra décemment espérer se vendre : la valeur du travailleur c’est la quantité de temps de liberté qui a été extrait du corps avec son propre consentement, la quantité de travail d’autocontrainte que celui-ci a effectué pour s’autoproduire ; et le diplômé est finalement cet être qui a écrasé ses qualités pour en faire des compétences mesurables, qui a fini d’opérer sa réduction quantitative pour pouvoir enfin être balancé sur le marché du travail. Pour se convaincre de notre propos, tout étudiant est invité à jeter un œil au livret de n’importe quelle U.F.R : le coefficient de valeur d’une unité d’enseignement dépend uniquement de son volume horaire, c’est-à-dire : 24 heures, 48 heures ou 72 heures. La misère de l’étudiant n’est ainsi rien d’autre que celle d’une autre figure bien connue, avec laquelle il se recoupe : le prolétaire. Ainsi de ce triste constat : rien ne relie positivement les étudiants entre eux, rien d’autre qu’une exploitation à laquelle ils sont sommés de s’identifier sous différentes modalités mystifiées.

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Cette mystification du savoir, qui rejoint au final celle de la valeur d’usage sur la valeur d’échange, est le non-dit autour duquel tournent toutes les pseudo-critiques réformistes de l’université, même chez les enseignants autoproclamés « anticapitalistes ». Les professeurs ne sont pas dans le même bateau que les élèves, au contraire, ils occupent une position de pouvoir consistant à procéder à la disciplinarisation et au procès de valeur de ceux-ci. Il semblerait que certains anticapitalistes bavards aient arrêté de lire Le Capital à sa couverture : toutes les réflexions sur l’université s’arrêtent sagement au constat larmoyant que la marchandise universitaire ne se vend plus, ou de plus en plus mal. Tout au plus dénoncera t- on la dévalorisation croissante des diplômes sur le marché du travail, qui ne suscite chez personne, et surtout pas chez les professeurs, fussent –il « de gauche », un embryon de réflexion approfondie sur leur rôle et sur le système de notation et de contrôle de présence. Si les professeurs veulent, à l’avenir, pouvoir prétendre soutenir les mobilisations étudiantes, nous leur proposons deux modalités d’action très simples : la note maximale à tout le monde, ainsi que le refus du contrôle de présence. Et aussi qu’ils arrêtent de monopoliser la parole aux assemblées générales étudiantes, voire, en fait, qu’ils ne la prennent jamais. Ils ne peuvent jouer qu’un rôle de soutiens de leurs étudiants, et à ce titre ils doivent se taire et se mettre à disposition.

Les raisons de l’impensée critique que nous déplorons ici n’est pas à chercher plus loin que dans la plus banale analyse sociologique : comme institution de reproduction sociale, la fonction de l’université est de produire massivement du sous- travailleur intellectuel (à peu près jusqu’au niveau licence) puis du prof d’université (à partir du master). La direction de l’université, de ses différents pseudo-conseils « démocratiques » jusqu’à ses différents pseudos- syndicats (de l’UNEF à la CNT en passant par SUD) est ainsi totalement monopolisée par des profs, des fils de profs et/ou des futurs profs. L’expérience du mini- cycle de lutte qui va des grèves de 1995 jusqu’au mouvement des retraites de 2010 en passant par la LMDE, le CPE et les deux mouvements LRU, se clôt sur le constat en demi-teinte, non pas qu’il n’y aurait rien à attendre du syndicalisme étudiant, mais que le syndicalisme étudiant n’existe tout simplement pas, à l’heure actuelle.

Il existe un syndicalisme de profs et/ou de futurs profs, mais les intérêts étudiants ne sont pas représentés, et la condition des étudiants n’est pas pensée car le champ des luttes universitaires est parasité par ceux qui y tiennent, ou y tiendront, les rôles de contremaîtres. Nous avons perdu du temps à dénoncer la progression sécuritaire à l’Université, à nous mobiliser contre les caméras, les vigiles, à dénoncer peut être de façon anecdotique la collaboration de « certains » profs, de « certains » syndicats étudiants mais jamais des profs et des syndicats pour ce qu’ils sont. Nous avons perdu du temps avec les inepties autogestionnaires, nous avons perdu du temps à réclamer une gestion « alternative », voire une « autogestion » de l’Université, sans même savoir que l’Université était déjà autogérée par les professeurs. Le « Savoir » n’est pas en train de se « marchandiser » comme s’il existait a priori, comme une espèce de corpus tans-historique que l’on pourrait sauver au-delà du salariat. Le « Savoir » est une production sociale historiquement spécifique. En l’occurrence il s’agit du savoir « dominant », ou « légitime », à l’exclusion des autres.

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Ancienne « noblesse d’état », fin de race sentant le déclin de son petit règne, c’est tout naturellement que, à la faveur de la crise, la faune de profs soi-disant « gauchistes » connaît un virage de plus en plus réactionnaire, typique des classes- moyennes intellectuelles frustrées qui, au monopole de la critique, voudraient s’attribuer le monopole de la politique. Le fantasme du prof gauchiste est la « cité des philosophes », où il tiendrait bien évidemment le rôle du « philosophe » chargé d’éclairer le gouvernement. Privé de son emploi de « conseiller du Prince » au profit des technocrates, condamné à devenir toujours plus visiblement ce qu’il a toujours été essentiellement, c’est-à-dire un contremaître de la production de main d’œuvre intellectuelle (de moins en moins) qualifiée, le prof de fac tourne à l’aigreur. Plutôt que de s’essayer à une critique de l’économie politique conséquente de sa position, voir (pourquoi pas ?) une analyse sociologique de l’université, il saute dans la réaction à pieds joints. Le « déclin des valeurs », voila ce qui explique tout naturellement que personne ne daigne s’intéresser à lui et à son avis éclairé : ce doit être de la faute des « étudiants », ces petits monstres décadents et « consuméristes » (ah, le « consumérisme »), qui ne se soucient que de leur note (c’est-à-dire de leur future position sur le marché du travail, c’est-à-dire de leur survie matérielle) plutôt que de briller des yeux devant l’étendue de ce « Savoir » qu’il a la passion et la vocation de « transmettre ». Salauds d’étudiants !

La « solution », le « prof de gauche » l’a trouvé : il faut « renforcer la sélection à l’Université », c’est à dire faire redevenir celle-ci encore davantage l’unité de reproduction de la noblesse d’Etat qu’elle avait initialement la vocation d’être, c’est-à-dire qu’il faut foutre dehors ceux qui « n’ont rien à faire là » (« ON les a mis là vous comprenez »), c’est-à-dire les classes les plus populaires. Comme chez tout fonctionnaire, il est vain d’espérer un sursaut de radicalité chez le prof : il se rangera toujours naturellement du côté de son employeur. Sauf, évidemment, si le gouvernement se mettait en tête de lui faire faire un peu correctement son boulot, par exemple en instaurant un programme national à respecter et en établissant une inspection académique pour les enseignants- chercheurs. Outre le fait de daigner nous donner des enseignants qui soient diplômés dans la matière qu’ils prétendent enseigner. Tout cela serait largement plus intéressant pour les intérêts des étudiants que toutes les gesticulations plus ou moins pseudo- radicales des guignols de l’UNEF, de SUD, de la CNT et autres faux- syndicats étudiants qui ne font que mobiliser les étudiants pour les revendications de leurs profs.

Ce dont les étudiants sont privés c’est déjà de la capacité à penser politiquement leur situation, c’est-à-dire à se reconnaître comme pris dans l’alternative politique de la soumission ou de la révolte à leur exploitation ; à la place on les maintient dans le coma artificiel de la neutralité, bien à l’abri dans le nid idéologique douillet de « l‘Université » qui, soi disant, développerait leur esprit critique pour qu’il n’ait pas à subir mais à construire leur propre futur. « On rasera gratis demain », en attendant l’université comme lieu de production de la critique séparée n’est rien de plus qu’un long apprentissage détourné de la résignation professionnelle et de sa justification intellectuelle. On n’y parle peut- être pas toujours pour ne rien dire, mais on y pense systématiquement pour ne rien faire.

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Le prolétariat auquel nous appartenons (que nous le voulions ou non, malheureusement) est un statut précaire, et précaire aussi en ce sens qu’il peut être remis en cause. L’ordre établi n’est jamais établi une fois pour toutes, il est, pour nous, une permanente défaite sans bataille sur un empire de passivité, c’est dire toute l’importance que le divertissement en est venu à occuper. Les étudiants sont ainsi les cibles privilégiées de l’illusion du loisir et du temps-libre, qui occupe une place prépondérante dans la propagande moderne.

Les sitcoms télévisées en sont l’exemple parfait. Prenons l’exemple concret d’une sitcom américaine (« How I met your mother ») : ce programme nous présente des stéréotypes de la classe- moyenne intellectuelle progressiste américaine (un architecte, une institutrice, une journaliste, un avocat écologiste et un businessman cynique) vivant des aventures incroyables pendant leurs heures de loisirs, aventures déjà incroyables par ce fait étrange qu’elles ont toute la capacité de se dérouler (sans empiéter sur leur sommeil) en dehors du temps de travail, travail qui n’est presque jamais représenté, tout étant fait pour convaincre le spectateur que le temps de loisir constituerait un temps à part, autonome et propice à des aventures fantastiques, permettant une réalisation individuelle et un renforcement et un approfondissement des liens collectifs.

Propagande grossière, évidemment, il suffit de s’adonner à une de ces minables alcoolisations puériles qui entrecoupent les heures de cours des étudiants pour découvrir le fossé qui règne entre le spectacle et la vie réelle : malgré le fait que les étudiants tentent d’imiter les héros des séries qu’ils ingurgitent, l’aventure n’est jamais au rendez-vous de la fête. Ou, comme le disait ce slogan griffonné sur un mur de Paris, un beau jour de mai : « Dans une société qui abolit toute aventure, la seule aventure qui demeure est l’abolition de cette société ! ».

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Malgré toutes les prétentions de certains militants à « sortir » du milieu universitaire, et malgré le mépris qu’ils affichent pour « l’étudiant » l’université demeure malgré tout, par sa nature, un lieu privilégié de production de la critique, même si celle-ci demeure souvent séparée de la pratique. Le snobisme anti- universitaire de certains radicaux ne dissimule souvent que leur mauvaise conscience sociale et le mépris refoulé qu’ils ont d’eux-mêmes : lorsqu’ils brocardent « l’étudiant », ils confondent bien souvent les étudiants réels et la représentation spectaculaire de l’étudiant, dont ils sont souvent eux-mêmes les plus emblématiques. Quoiqu’il en soit ce snobisme est désuet depuis quelques décennies : nous ne sommes pas les étudiants de mai 68, nous ne sommes pas issus de la même époque, nous dit-on, mais surtout pas de la même classe sociale. Quoiqu’on en dise, il n’y a statistiquement pas, ou très peu, de « petits- bourgeois » à l’Université, et il suffit très simplement d’aller chercher les statistiques officielles pour s’en rendre compte.

On doit à Bourdieu et à sa notion de « capital culturel », utilisée n’importe comment par les milieux gauchistes, cette généralisation grotesque du terme de « petite- bourgeoisie ». Il faut le redire ici : le « capital » est un rapport de production, fondé sur la propriété privée des moyens de productions permettant une exploitation en vue d’une reproduction élargie (accumulation). Les ressources ne sont du « capital » que si elles permettent d’établir un rapport d’exploitation en vue d’une accumulation. Un travailleur intellectuel n’est donc pas un « bourgeois » mais un « travailleur », donc un « prolétaire ». Il ne dispose pas de « capital culturel » mais d’une « force de travail intellectuelle » qui lui permet simplement d’être exploité à un taux de rémunération et de valorisation sociale et symbolique supérieure à celui du prolétariat ouvrier. Les étudiants ne sont donc pas des « petits- bourgeois » mais du prolétariat intellectuel plus ou moins qualifié. Simplement à la catégorisation économique, assez simple, des classes correspond une réalité sociale plus stratifiée et plus complexe même si, à la faveur de la moindre crise, cette pseudo- stratification complexe se resserre vite aux deux points antagonistes classiques de la polarisation capitaliste.

Loin de l’image fantasmée qu’ON fait entretenir aux étudiants à leur propre sujet, ce je-sais-tout qui serait gentiment précaire et romantiquement révolutionnaire, et qui ne demanderait soi- disant rien de mieux que de pouvoir donner son avis pour que la gestion de la misère, à commencer par la sienne, soit « plus démocratique », la misère de l’étudiant implique un rapport de force permanent. Face à leurs contremaître, qu’ils soient professeurs, chargés de T.D ou syndicalistes, les étudiants sont seuls, et penser notre situation implique une violence à laquelle nous ne sommes pas habitués, et c’est seulement cette violence que l’on nous reproche à chaque mouvement, à chaque grève, à chaque blocage. L’université est un secteur économique parmi d’autres, sur lequel il importe tout autant de mener la lutte. Nous avons pris notre part à ces luttes, nous prendrons notre part à celles à venir.

09/03/2016 : Mobilisation générale contre le projet de « Loi travail », le gouvernement et le MEDEF

auto-criseContre le projet de « Loi travail », contre le gouvernement et le MEDEF, une mobilisation inter-syndicale se déroulera mercredi 9 mars dans toute la France. A Montpellier, la manifestation intersyndicale initiée par les cheminots partira à 11h de la gare jusqu’à la place de la Préfecture, puis une seconde manifestation partira de cette place à partir de midi.

Le SCALP – No Pasaran 34 sera présent et diffusera un tract.

Le tract du SCALP – No Pasaran 34 sur la réforme El Khomri

Suite au rassemblement contre l’antisémitisme du 14 février à Paris, la nécessité accrue d’un combat à mener.

Communiqué du réseau No Pasaran suite au rassemblement progressiste en mémoire d’Ilan Halimi, du dimanche 14 février 2016 à Paris. Plusieurs militantes et militants du SCALP- No Pasaran 34 avaient fait le déplacement à Paris afin de participer à ce rassemblement .

Suite au rassemblement contre l’antisémitisme du 14 février à Paris, la nécessité accrue d’un combat à mener.

Dimanche 14 février 2016 , sur la place Saint Michel, à Paris, une centaine de personnes ont participé à un rassemblement progressiste en hommage à Ilan Halimi et contre tous les crimes racistes et antisémites. Ce rassemblement était organisé par deux organisations, « Juives et Juifs Révolutionnaires », crée il y a moins d’un an, et l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE), issue de mouvements de résistance lors de la seconde guerre mondiale. Le réseau No Pasaran s’était associé à cette initiative et plusieurs militantes et militants du réseau étaient présents lors de ce rassemblement.

Devant une banderole qui reprenait la célèbre phrase du militant afro-américain Bobby Seale, « Nous ne combattons pas le racisme par le racisme. Nous combattons le racisme par la solidarité », les JJR et l’UJRE ont réaffirmé dans leurs interventions la nécessité de lutter contre le développement de l’antisémitisme en France. La volonté des organisateurs de ne pas noyer cette lutte antiraciste sous d’autres revendications a aussi été réaffirmée, tout comme l’optique progressiste, et donc nécessairement révolutionnaire, de ce rassemblement.

Pour la première fois, une initiative progressiste contre l’antisémitisme a eu lieue en France, et ce malgré les menaces, et les tentatives de perturbation de membres de la LDJ et nous ne pouvons que nous en réjouir. Toutefois, le nombre de participants à cette mobilisation ne peut que nous interroger sur la faible place de la lutte contre l’antisémitisme au sein des luttes antiracistes.

Au contraire, la recrudescence des agressions antisémites, qui n’est que la suite logique de la contamination de pans entiers de la société par les stéréotypes et préjugés, nous rappelle la nécessité accrue du combat contre l’antisémitisme, dans le cadre d’une lutte radicalement antiraciste et dans une optique clairement révolutionnaire.

Nos luttes pour une émancipation globale doivent devenir un mur sur lequel viendra s’écraser la vague de la haine raciste, qui fait le jeu des réactionnaires et des exploiteurs.

Ce combat, urgent et nécessaire, aujourd’hui comme demain, nous le mènerons ensemble.

Réseau No Pasaran
http://nopasaran.samizdat.net/
nopasaran@samizdat.net

Du sang, des larmes, et un combat à mener.

NoPasaran-fightantisemitismCommuniqué du réseau No Pasaran, dont le SCALP – No Pasaran 34 est membre.

Il y a un an, jour pour jour, 2 jours après la fusillade visant le journal Charlie Hebdo, 4 personnes étaient massacrées lors d’une prise d’otage dans l’Hyper Casher de la Porte de Vincennes à Paris.

Le 9 janvier 2015, armé d’une Kalachnikov, de deux pistolets mitrailleurs Skorpion et de quinze bâtons d’explosifs, Amedy Coulibaly, se revendiquant du groupe terroriste « État Islamiste », a forcé chacun de ses otages à décliner son nom, son âge, sa profession son origine et sa religion.
Ainsi, il apparaît clairement que l’objectif de la prise d’otages était bel et bien de tuer un maximum de personnes considérées comme juives durant cette prise d’otage.
Cet effroyable bain de sang n’est que la partie émergente d’un antisémitisme rampant de plus en plus prégnant. Déconstruire les préjugés et réinsuffler le vivre ensemble ne peuvent être efficaces que dans la perspective d’un changement révolutionnaire de la société.
C’est ce combat là que nous mènerons, ensemble.


Réseau No Pasaran http://nopasaran.samizdat.net/ nopasaran@samizdat.net

Lire le communiqué sur le site national : http://nopasaran.samizdat.net/spip.php?article2257

Ne cédons pas à la peur !

Un carnage. 11 mois après les fusillades de Charlie Hebdo et le massacre antisémite de l’Hyper Casher, ce samedi 14 novembre 2015, la France se réveille dans une mare de sang. Dans la nuit du 13 au 14 novembre, une série d’attentats coordonnés en région Parisienne a fait près de 130 morts. Cet attentat, revendiqué par l’entité « État Islamique », constitue l’attentat le plus meurtrier perpétré sur le territoire français depuis la seconde guerre mondiale.

Alors même que les victimes n’étaient pas encore toutes identifiées, on a vu se répandre dans les médias de multiples amalgames et déclarations guerrières, tel ce politicien d’extrême-droite mettant en cause une prétendue « mosquéisation de la France ». Dans la foulée, le gouvernement a immédiatement décrété l’État d’Urgence, pour la première fois depuis une décennie, ainsi que la fermeture des frontières. L’État d’Urgence, c’est, entre autres choses, la suspension des procédures judiciaires légales au profit du préfet et du ministère de l’intérieur dans nombre de cas (perquisitions, couvre-feu, interdiction de séjour, assignation à résidence, interdiction de manifester et de rassemblement). C’est aussi une suspension de la liberté de la presse, puisque désormais, le ministère de l’intérieur et les préfets peuvent prendre « toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et de la radio ». L’armée est déployée un peu partout sur le territoire national et voit son pouvoir fortement accru au niveau judiciaire.

Ces nouvelles mesures liberticides prises suite à ce carnage méritent d’être remises en cause, sachant que les contrôles aux frontières avaient déjà été renforcés en prévision de la COP 21 afin d’empêcher à des ressortissants d’autres pays de participer aux manifestations contre cette mascarade politicienne sur l’écologie. Effectivement, les activistes écologistes n’ont pas pu entrer, tout comme les migrants. Ce qui n’a pas été le cas des terroristes. On constate ainsi que la mise en place de ces mesures répond davantage à un objectif politique qu’à une volonté de protéger des populations : la fermeture des frontières, comme les multiples mesures sécuritaires (Plan Vigipirate, et maintenant l’État d’Urgence) s’avèrent à chaque fois inefficaces contre des terroristes à la détermination sans faille. Par contre, dans un climat de plus en plus xénophobe, ces mesures renforcent la paranoïa, la peur, et les amalgames douteux.

N’oublions pas qu’au même moment, à Beyrouth, au Liban, plusieurs dizaines de personnes sont mortes dans un attentat terroriste perpétré dans un centre commercial. Encore un carnage qui nous rappelle, à rebours des amalgames douteux qui se déversent dans les médias, que l’entité « État Islamique » frappe partout dans le monde, notamment dans les pays à majorité musulmane.

Toutes nos pensées vont évidemment en premier lieu aux victimes de ces actes épouvantables, ainsi qu’à leurs proches. L’émotion suscitée par de tels actes nous impose de continuer à combattre la réaction, le fanatisme et la haine meurtrière, partout où elle se trouve.


Réseau No Pasaran http://nopasaran.samizdat.net/ nopasaran@samizdat.net

Radicalement anti-colonialistes !

En tant que réseau révolutionnaire et antifasciste, le réseau No Pasaran refuse l’enfermement des luttes anticolonialistes, à l’image de la lutte du peuple Palestinien contre le gouvernement Israélien, dans des postures nationalistes et/ou religieuses. Si des débats sur certains termes peuvent légitimement se poser entre des groupes antifascistes, nous refusons que ceux-ci soient prétextes à l’usage de la violence comme mode de discussion au sein de nos milieux.

Il nous apparait nécessaire de lutter contre toutes les formes d’impérialisme et de colonialisme, à l’image de celui exercé par la France sur une partie du continent africain, ou encore de celui de l’armée turque sur la population kurde.

Les politiques coloniales, menées à travers le monde, ne peuvent être combattues que dans cette perspective internationaliste globale.

- Réseau No Pasaran
21ter rue Voltaire 75011 Paris
nopasaran@samizdat.net
http://nopasaran.samizdat.net/

SCALP34Le SCALP – No Pasaran 34 s’était déjà positionné sur ces thèmes le 2 octobre dernier : « La confusion qui va » : de l’inadmissible agression d’un militant au nécessaire débat sur la question de l’antisionisme

Nous vous invitons aussi à lire les précisons apportées par le Comité de Solidarité Internationaliste – Hérault (CSI- 34) : Pour un anti-colonialisme global et internationaliste !

« La confusion qui va » : de l’inadmissible agression d’un militant au nécessaire débat sur la question de l’antisionisme

Cet été, un militant anticapitaliste parisien a été victime d’un guet-apens tendu par plusieurs individus affiliés à l’Action Antifasciste Paris Banlieues / Quartiers Libres. La raison ? Un texte (lire ici), publié par ce militant quelques semaines auparavant, qui s’interrogeait sur la notion d’antisionisme et plus globalement sur l’éventuelle diffusion d’un antisémitisme larvé au sein de plusieurs milieux d’extrême-gauche.

Le SCALP – No Pasaran 34 a fait le choix de publier ici le texte du camarade victime de cette lâche agression, car rien ne justifie l’usage de la violence comme mode de discussion politique interne. Au contraire, cette agression met en lumière la nécessité de renouveler la lutte contre l’antisémitisme, ainsi que la nécessité d’un véritable débat ouvert sur le concept flou d' »antisionisme », qui tend à se substituer à la lutte globale contre toutes les formes de colonialisme, dont celui de l’État d’Israël s’exprime avec une extrême violence sur la population palestinienne.

Le réseau hexagonal No Pasaran prendra quand à lui une position lors de sa prochaine réunion en coordination.

Le SCALP – No Pasaran 34 (groupes de Montpellier, Sète et Béziers)

scalp.mtp@live.frhttps://scalp34.wordpress.com/

Lire le texte :

La confusion qui va

L’AFA-PB et Quartiers Libres tentent d’agresser un militant.
1 -La question de l’antisionisme et de l’antisémitisme.
2-La question de l’antifascisme.
3-La question des postures militantes.
4-De la dérive stalinienne à la dérive droitière.
5-Racisme colonial en milieu militant : le retour de bâton.

Téléchargez le texte format brochure ici :

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