Archives de Catégorie: Réflexions

Analyses et réflexions politiques

L’art de la pacification sociale

Article du média « Zones Subversives »

L’art de la pacification sociale
L’art et la culture se piquent parfois d’irrévérence. Mais l’art reste avant tout une industrie qui participe à la pacification sociale.

 

La culture comprend l’art et la littérature, mais aussi tout un ensemble de pratiques. La culture se traduit également par des règles et des codes qui révèlent son appartenance de classe. L’accès et la consommation de la culture légitime reste un privilège réservé à une élite. Mais la culture apparaît également comme un secteur économique important. La culture favorise ainsi une domestication sociale et économique.

Les lieux de création sont alors séparés de la critique sociale et politique. La culture devient même un instrument de conquête, que se soient dans les quartiers populaires ou au-delà des frontières avec la francophonie. L’éditeur Laurent Cauwet soulève les enjeux actuels liés à la culture sans le livre La domestication de l’art.

 

                                                   

                                             

 

La domestication des artistes

 

La culture est un Ministère, lieu de décision et de production. « Un lieu qui produit les spectacles, les débats, les artefacts consommables de l’art, de la littérature et de la pensée », décrit Laurent Cauwet. L’économie de la culture dispose également de ses prolétaires, condamnés à continuer de créer pour survivre. « Toute personne employée par cette vaste entreprise n’a pour autre destin que de servir ses maîtres », constate Laurent Cauwet. Le travail culturel doit se plier à des contraintes pour se soumettre au cadre de l’État et du marché afin de toucher des cachets et des subventions. Le prolétarisation de l’art impose l’auto-censure et le formatage.

La poésie ne rentre pas dans le cadre de l’industrie culturelle. Elle se diffuse dans les fanzines ou dans la rue sur des affiches. Mais la poésie reste liée à l’art. Ce sont des poètes qui sont à l’origine des principaux mouvements d’avant-garde artistique. Les dadaïstes sont avant tout des poètes qui inventent de nouvelles pratiques artistiques. La poésie est alors reliée à la vie quotidienne. « Ces avant-gardes historiques ont en commun une même dynamique : la volonté de concevoir une poésie totale qui peut s’exprimer hors du livre, du musée ou du théâtre… pour se mêler intimement à nos vies », souligne Laurent Cauwet. Mais l’institution ne retient que de la poésie uniquement le spectacle et la muséification. Un milieu poétique peut alors se créer avec ses petites entreprises.

La culture devient une arme de domestication. Les artistes de rue valorisent davantage l’artifice que la réflexion critique. Les animateurs socio-culturels se rendent dans les quartiers populaires pour éduquer leurs habitants. Ils sont payés par le même État qui produit des crimes policiers. « Ce qui est demandé à l’artiste rémunéré par l’entreprise culture, c’est de participer à la pacification, sous couvert d’intégration, des habitants des quartiers populaires, tenter de faire croire en la sollicitude et la bienveillance de l’État, convaincre cette population que leur parole, leur regard, leur pensée ont un sens et comptent », observe Laurent Cauwet. Moins violent que le policier, l’artiste adopte la même fonction d’empêcher toute forme de révolte. Le public doit rester passif et apprivoisé.

                                             Ruben östlund présente un tas de graviers dans un musée à Stockholm, et des visiteurs forcément interloqués.

 

L’hypocrisie de l’art

 

Les grandes messes festives, comme la fête de la Musique ou la Gay Pride, colonisent l’espace public. Ces manifestations culturelles éradiquent le débordement et la transgression joyeuse contenue dans la fête. L’élite et le bon peuple doivent communier ensemble dans ces évènements. Ensuite, ces fêtes de type « Capitale européenne de la culture » participent au remodelage de l’espace public et à l’embourgeoisement urbain. L’opération Marseille 2013 permet d’éloigner les classes populaires des centres villes, comme le montre le film La fête est finie.

L’hypocrisie de l’art devient également grotesque. La subversion doit rester cantonnée dans le cadre culturel pour rester inoffensive. Par exemple, une œuvre valorise le vol. Mais lorsqu’elle est volée, le commissaire d’exposition n’hésite pas à appeler la police. La critique du travail peut être mise en avant, mais pas la critique de l’entreprise qui finance l’exposition.

 

Les institutions publiques et privées peuvent désormais largement collaborer. La fondation Louis Vuitton permet de mettre en avant des œuvres, mais fait surtout la promotion de son entreprise de luxe. Mais Louis Vuitton peut tranquillement organiser des expositions dans des musées publics. Cette entreprise peut ainsi redorer son image de marque. Louis Vuitton a participé à la collaboration avec l’État français sous Vichy. Elle participe également au groupe LVMH, dirigé par Bernard Arnault, Cette entreprise n’hésite pas à exploiter des ouvrières bulgares avec des faibles salaires. Mais LVMH reste un puissant annonceur publicitaire, ce qui explique l’engouement médiatique pour la fondation Louis Vuitton.

La fondation Imago Mundi de Benetton célèbre la diversité culturelle. Elle commande des œuvres aux artistes du monde entier. Mais elle se garde bien d’évoquer l’exploitation des ouvrières et des ouvriers dans les usines des pays pauvres. L’art permet à Benetton de se donner une bonne image.

La brochure La fête est finie évoque Lille capitale européenne de la culture. Ce texte analyse le rôle des manifestations festives, désormais moteurs de la pacification sociale. « L’idée qu’ici le Capital n’avance plus à coups de canon, mais précédé d’une milice dansante, bruissante, bigarrée d’artistes en costumes et de branchés sous ecsta ne nous est pas encore familière », analyse la brochure. La culture et l’aménagement urbain permettent la normalisation.

   

         Manifestation d'intermittents du spectacle à Paris en mars 2010.

 

Contestation et créativité

 

Laurent Cauwet décrit bien l’imposture de l’art et de la culture. Sous des couverts de liberté d’expression et d’irrévérence, l’art participe pleinement à la pacification sociale. Laurent Cauwet montre bien les enjeux politiques qui traversent le milieu artistique. Cette plongée dans le monde culturel permet également de décrire les évolutions de la société. Laurent Cauwet rappelle que l’art est avant tout une industrie. Les artistes restent soumis aux patrons et aux institutions qui les énumèrent. Cette approche matérialiste permet de briser l’émerveillement autour d’évènements artistiques encensés par les médias. Les fondations et les entreprises du luxe qui contrôlent le marché de l’art fournissent de nombreux exemples d’un art hypocrite qui vise à masquer la misère et l’exploitation.

En revanche, Laurent Cauwet égratigne un peu moins les artistes. La lutte des intermittents du spectacle en 2014 montre bien leurs tiraillements. Ils contestent un Ministère de la Culture qui par ailleurs les subventionne. Le mouvement social repose donc sur une hypocrisie. Surtout, loin d’un rapport de travailleur à patron, les intermittents se vautrent dans l’entre soi du petit milieu culturel. L’art et l’intérêt général réunissent exploiteurs et exploités dans la défense de la culture. Les analyses critiques sur les mouvements des intermittents révèlent toutes ces contradictions qui traversent le milieu artistique.

En revanche, Laurent Cauwet reste lucide sur les possibilités de faire pencher l’art du côté de la contestation. Certes, il défend la poésie qu’il édite. Mais peu d’artistes parviennent à vivre à la marge de l’État et du marché. Laurent Cauwet souligne bien la dimension poétique des révoltes sociales. Le cortège de tête et les nombreux tags qui enjolivent l’espace urbain pendant le mouvement de 2016 semblent plus poétiques que les spectacles subventionnés et les expositions des fondations. Ce n’est pas l’art qui peut apporter du conflit et de la critique. C’est la contestation sociale qui peut devenir poétique et créative.

 

Source : Laurent Cauwet, La domestication de l’art. Politique et mécénat, La Fabrique, 2017

 

Articles liés :

L’imposture de l’art contemporain

Miami : art et urbanisme

Lutte des classes et urbanisme à Paris

 

Pour aller plus loin :

Radio : Fiac : marché de l’art ou art de marché ?, émission Comme un bruit qui court diffusée sur France Inter le 28 octobre 2017

Radio : Poésie et lecture(s), émission diffusée sur France Culture le 16 septembre 2016 

Vidéo : Lecture poésie armée enregistrée à Manifesten en février 2014

 

Jean-Philippe Cazier, Laurent Cauwet, La domestication de l’art, publié sur le webzine Diacritik le 14 septembre 2017

Compte-rendu de Frédéric Thomas publié sur le site de la revue Dissidences le 7 octobre 2017

Bertrand Verdier, La domestication de l’art de Laurent Cauwet, publié sur le site Sitaudis le 18 septembre 2017

Articles de Laurent Cauwet publiés sur le site des éditions Al Dante

Articles de Laurent Cauwet publiés sur le site Mediapart

Laurent Cauwet, La pratique de l’édition est difficile, donc possible, publié dans la revue Lignes n°20 en 2006

Manifesten : Bernard Hiedsieck inaugure ce 19 septembre le nouveau lieu des éditions Al Dante, publié dans le webzine Inferno le 19 septembre 2013

Laurent Cauwet, séance Qui-vive du 28 février 2013

Anne Pitteloud, Al Dante pas encore cuit, publié dans le journal Le Courrier le 9 décembre 2006

 

Nicolas Langlais, « Culture en danger », si seulement…, publié sur le site de la revue Temps critiques en janvier 2006

Une illustration des limites du consensus démocratique dans la lutte – La grève des intermittents à Cratère surface (Alès), publié sur le site Exploités énervés le 12 août 2014

Mafalda et Valérian, On a les chefs qu’on mérite. À propos du mouvement des intermittents du spectacle, publié sur le site DDT21 Douter de tout…

La DRAC de Montpellier méprise les précaires, publié sur le site Le Pressoir le 26 février 2016

Lire la suite

Publicités

En marche… vers la guerre sociale !

Cette année notre nouveau président a décidé d’annoncer la couleur: moins de droits, plus de pauvreté, moins de liberté pour nous et plus de pouvoir et de richesse pour la classe dominante. Avec les ordonnances macron ce profil pour tout le monde (dont les jeunes seront une des catégories les plus touchées) un avenir de plus en plus sombre.

En effet les ordonnances macron c’est: simplifier le licenciement pour une entreprise multinationale alors qu’elle fait des bénéfices, le CDI projet qui permet à un patron de licencier à peu de frais et quand il le souhaite, les syndicats qui ne seront plus obligatoire dans les négociations au sein des entreprises de moins cinquante personnes, l’augmentation de la CSG à charge des tavailleur-euses (permettant l’allégement des charges patronales), la fin des accords de branches au profit des accords d’entreprises (en bref cela veut dire que sous chantage de chômage nous devrons accepter n’importe quel condition de travail,), la baisse du nombres de représentants du personnel dans les boites ce qui renforcera la dictature du parton au sein de l’entreprise, moins de contrôle sanitaire et de sécurité ce qui aboutira a plus d’accidents de travail et de harcèlement. (500 mort en moyenne chaque année beaucoup plus que le terrorisme!) A cela il faut ajouter la fin des contrats aidé 120000) sans solution de rechange, la baisse des APL, le gel du point d’indice des fonctionnaires, la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires en cinq ans.

Quel avenir nous réserve t-on? Moins de place a l’université avec une sélection a l’entrée sur tirage au sort et un nombre de places de plus en plus limitées dans de nombreuses filières (socio staps pyscho).
La destruction du modèle salariale traditionnel avec des statuts dépourvus de droits sociaux et de protections vitales: ce qui aboutit a des taffs de merdes super précaires payer 500 600 boules avec lesquels payer des loyers prohibitifs que le gouvernement refuse d’encadrer alors même qu’il baisse les APL et allège les impôts des plus riches. Des taffs ou nous sommes mis tous en concurrence les un-es avec les autres histoire qu’on se foute tous bien sur la gueule pendant qu’ils accumulent leurs profits..

Avec la nouvelle loi anti-terroriste l’état policier se renforce.
Les keufs ont désormais droit de vie et de mort sur nous: ils peuvent tirer sans motif de légitime défense (loi modifiée par hollande), ils peuvent perquisitionner sur simple suspicion d’ «atteinte a la sûreté de l’état» et mettre le bracelet électronique à n’importe quel suspect sans avoir besoin de l’accord d’un juge. Demain cet état policer se renforcera encore et nous empêchera de lutter contre les atteintes a nos droits sociaux.. c’est maintenant ou jamais : nous sommes a un tournant historique!

Pendant ce temps les conséquences de la crise du capitalisme s’aggrave :
les menace de guerre s’intensifient, les idées d’extrême droite gagnent du terrain et se concrétisent par des violences réelles, les migrants fuyant la guerre et la misère sont désignés responsables d’une crise qu’il subissent de plein fouet, le réchauffement climatique inhérent a notre modèle économique provoque des catastrophes de plus en plus dramatiques et des conséquences irréversibles pour la biosphère. Et macron et sa clique nous présentent encore le capitalisme dérégulé comme étant le modèle de société le plus épanouissant!

Mais on se fout de la gueule de qui?
Et par dessus tout notre président nous dit qu’on est des feignasses. Il est tant de lui rappeler que les prolétaires produisent TOUTES les richesses et que le capital ne peut exister sans notre travail, que sans nous ils ne sont rien.
On se doit de rappeler cela a notre président-jupiter et on le doit à nos ancien-nes qui sont mort sur les chantiers, sous des plafonds bourrés d’amiante a celles et ceux qui sont mort dans des guerres qui n’étaient pas les leurs et cela toujours et encore pour les intérêts de la classe dominante. Alors que faire? Dans le passé nos ancien-nes se sont levés et de leurs révoltes nous avons acquis des droits; en 36 en 68 le joug du capitalisme et de l’état a était sérieusement secoué, rien n’est impossible si nous nous levons! L’économie n’est pas une donnée naturelle qui pèse sur nous comme une malédiction éternelle: elle a un début, elle aura une fin et pour commencer nous pouvons refuser de subir une énième loi qui nous mettra encore plus dans la merde afin de renforcer le pouvoir et les privilèges de ceux qui nous mènent aujourd’hui au bord du gouffre.

Ensemble nous pouvons renverser la vapeur et foutre le zbeul dans ce monde de merde! Les contradictions du capitalisme explosent et nous avec…toujours moins de nature, moins de liberté, plus d’exploitation, plus de misère pour nos frères et nos sœurs de classe. On constate jour après jour que le capitalisme est une impasse qui nous mène doucement mais sûrement vers le chaos et la folie. Face a ce quotidien morbide et ennuyeux que nous propose le système capitaliste nous devons faire de la gréve et de l’insurrection une véritable œuvre d’art car dans une société qui abolit toute possibilité d’aventure la seul aventure reste l’abolition de cette société.

A bas les ordonnances macron ! A bas l’État policier ! Mort au capitalisme !
Lycéen-nes, etudiant-es, travailleu-euses, chômeur-euses révoltons nous ! Organisons des comités de gréve et d’action !

SCALP – No Pasaran 34 (scalp.mtp@live.fr)

Les chômeurs sont-ils des profiteurs ?

Article publié dans SCALPel n°4.

De fait, on pourrait tous travailler.
Le chômage est brandi sur la tête des travailleurs comme une épée de Damoclès: attention, vous risquez de vous retrouver au chômage et votre vie sera fichue. Or les patrons ont besoin du chômage pour faire peur à leurs employés, le chômage
fait partie des négociations pour maintenir les salaires bas et pour inciter les
ouvriers à être « flexibles », c’est-à-dire soumis.

Les patrons n’ont pas intérêt à ce que le chômage disparaisse sinon ils devraient mettre en oeuvre une réelle répartition des bénéfices, car si tout le monde travaille tout le monde doit être payé. Les politiciens actuels ne feront ainsi jamais disparaître le chômage puisqu’il sert aux puissants de ce pays.
Il serait si simple et profitable à tous d’abolir le salariat et de répartir le travail, mais dans le système actuel ça n’arrivera jamais.

Le chômage profite aux classes supérieures et les chômeurs sont gardés pauvres, pas pauvres au point qu’ils aient envie de se révolter, pas trop pauvres pour qu’ils
continuent de se conformer au système qui a été créé pour eux.

Pôle Emploi ne sert pas à trouver du travail (même pas 13% des chômeurs inscrits trouvent du travail grâce à cette institution) mais à surveiller les chômeurs, pour cultiver la peur de ne rien faire. Or, quand le chômeur trouvera du travail il ne deviendra jamais aussi riche que son patron.

Si on abolit le salariat et qu’on répartit le travail, le chômage ne sera plus qu’un simple souvenir.

Avortement, Pikachu et manipulation

Article publié dans SCALPel n°4.

Depuis quelques mois on peut voir sur internet ou dans la rue la propagande réactionnaire du groupe « Les Survivants ».

https://i1.wp.com/img2.wikia.nocookie.net/__cb20130313231409/scratchpad/images/3/32/Pikachu2.pngVous avez peut être vu leurs sites et autres animations sur internet sans en connaître les réelles intentions : une croisade anti IVG digne des pires Catholiques intégristes.

Ainsi, ils ont développé un jeu vidéo ou il faudrait sauver Pikachu de l’avortement. Surfant sur la vague Pokémon Go, il met en scène un oeuf de Pikachu que l’internaute doit choisir de laisser éclore ou non.

Une femme qui ferait le choix d’avorter serait alors une vilaine méchante tueuse de mignon Pikachu. Une grossière technique de manipulation des jeunes publics, qui pour beaucoup n’ont pas encore été sensibilisés à la question de l’IVG et aux lourdes conséquences qu’impliquerait sa restriction, en amenant la jeunesse à associer cette pratique fondamentale dans une société de droits à la disparition d’un de leur personnage fictif favori. Une tartufferie qui fait son effet.

En utilisant les nouveaux outils d’informations, « Les Survivants » usent de  méthodes sournoises : par exemple en rachetant des noms de domaines de sites ou les jeunes vont s’informer sur la contraception et l’IVG, ou ceux des mouvements pro-choix, afin d’occuper tout l’espace médiatique et interactif. Le niveau d’indécence à été pulvérisé quand le groupe à acheté le nom de domaine « Simone Veil » quelques jours après le décès de celle qui fût porteuse de la dépénalisation de l’avortement.
Au delà du message anti-choix véhiculé, ces méthodes sont malhonnêtes et perfides. En se cachant derrière une façade de neutralité idéologique, et en feignant une démarche purement informative Ils ont réussi a s’imposer comme les premières sources visibles d’information sur le sujet ( sites ivg.net,ecoutivg.org , moncorpsmonchoix.com …etc).

Il s’agit là d’une manipulation visant en priorité les jeunes femmes les plus désarmées face a une grossesse non désirée, ce qui est donc une stratégie particulièrement répugnante consistant à cibler les personnes vulnérables. Ce genre de propagande est issu des milieux catholiques « pro-life » (anti-avortement) dont on ne compte plus les liens avec l’extrême droite. Tout ce beau
monde, enjolivé par une communication moderne et une esthétique des plus fun, milite activement pour revenir sur la loi Veil de 1975, donnant enfin le droit aux femmes de choisir la maternité ou non.
Si vous aviez vécu avant la promulgation de cette loi, vous auriez été contraints d’élever des enfants que vous n’auriez pas désiré à chaque grossesse accidentelle et ce quel que soit votre âge et votre situation sociale ou affective. Ce qui aboutissait alors à un ensemble de souffrances psychologiques, pour les parents comme pour les enfants non désirés. Tant sur le plan financier qu’affectif ou sanitaire, on ne pouvait garantir un cadre familial adéquat à une éducation correcte des enfants..

Peut-être auriez-vous alors tenté d’avoir recours à un avortement clandestin, à l’aiguille à tricoter, au péril de votre vie. Aujourd’hui encore des milliers de
femmes meurent chaque année des suites d’avortements clandestins opérés dans des conditions désastreuses à cause de cette même répression :

Il est donc impératif de réaffirmer le droit aux femmes et aux parents d’avoir ou non des enfants, de pouvoir choisir quand et comment assumer cette responsabilité, et s’ils souhaitent l’endosser ou non.
De pouvoir offrir à ces enfants des conditions décentes et stabilisantes pour leur toute nouvelle vie.

Pour finir, il est important de dresser le portrait idéologique promu par ces
campagnes, et porté en premier lieu par Emile Duport, professionnel de la
communication et des stratégies marketing, et fondateur des « Survivants ». ,Un homme donc, se positionnant en porteur de morale rétrograde, qui lutte pour
s’octroyer le droit de contrôle total de l’utérus des femmes, des jeunes filles et des hommes trans. A base de punchlines corrosives, il affirme notamment
en s’adressant à ces dernières : « Tu as un corps, il est fait comme ça pour être mère et pas pour avoir une sexualité récréative ». C’est donc, au-delà du
message « pro-vie » que cherche à imposer ce mouvement, une remise en question globale du droit des femmes à disposer de leur corps, qui devraient
être réservés à la maternité imposée, et à disposer de leur sexualité, dont les plaisirs devraient être réservés aux hommes. Nous sommes donc en 2017.
C’est aux femmes de choisir d’être mère ou non, et aucune entrave ne devrait leur être imposée dans leur sexualité. Une des bases vitales de leur émancipation est de pouvoir refuser une maternité qu’elle n’ont pas choisit et un régime de tutelle qui les condamneraient a subir des principes religieux et patriarcaux, sous peine de sanctions légales ou de stigmates moraux.

Nos corps nos choix !
Lâche mes ovaires !
Pikachu existe !

  • Il est cependant à noter que la plupart des noms  de domaines usurpés par « Les survivants » ont été bloqués par la justice.

Bloquer son lycée : mythes, réalités et méthodologie

Article publié dans SCALPel n°4.

Que ce soit pour réagir à une injustice au sein du lycée (règlement intérieur, sanctions disciplinaires injustes), se mobiliser contre la précarité (Loi Travail, baisse des APL …) ou juste pour faire face à l’ennui des cours, bloquer son lycée est souvent une modalité d’action efficace, mais souvent considérée comme difficile à mettre en oeuvre. En effet, plusieurs idées reçues existent sur les blocus lycéens, sur lesquelles nous souhaitons revenir :

– « Le blocus, un truc de flemmards pour sécher les cours »
-> Traiter de flemmards celles et ceux qui se pointent devant leur lycée à 6h du matin pour bloquer leur lycée, et donc potentiellement risquer des sanctions disciplinaires, c’est assez ironique ! Sur les motivations pour bloquer son lycée, si vouloir sécher les cours n’a absolument rien de honteux (dans son livre « Insoumission à l’école obligatoire », Catherine Baker en parle même comme d’un acte politique en soi), il est souvent plus simple de tout simplement pas aller en cours, plutôt que de se lancer dans un blocus. Le blocage est une modalité d’action politique assimilable à la grève chez les salariés. Pour des mineurs, la seule manière de faire grève sans avoir une absence signalée aux parents, c’est de bloquer leur établissement d’enseignement. Si il n’y a pas de cours, il n’y a pas de notification d’absences, CQFD !

– « Une minorité qui impose sa volonté à une majorité »
-> C’est vrai que dans chaque lycée, les proviseurs sont élus démocratiquement par l’ensemble des lycéens et personnels … Euh … What ? Eh non, les proviseurs sont nommés par l’Éducation Nationale ! Donc si on pose la question de la démocratie, elle devrait en priorité se poser à la gestion du lycée. De plus si un blocus est réellement minoritaire, il y a peu de chances qu’il tienne plus de 10 minutes. A t’on déjà vu (à part dans Game Of Thrones), 10 « guerriers » tenir tête à plusieurs centaines d’opposants ? Bref, si le blocus tient, c’est qu’il est, de fait, majoritaire.

– « Il faut être au moins 100 pour y arriver ! »
-> La question du nombre est moins importante que la question de l’organisation. Dans la plupart des lycées Montpelliérains, il suffit d’arriver à une quinzaine de lycéens déterminés 1H30 avant le début des cours, munis de quelques containers, pour bloquer son établissement.Bien entendu, il est touours plus simple de bloquer son lycée quand l’effet de surprise est total, et que la direction du lycée (voire les flics) n’ont pas pu prévoir quand il aura lieu.

– « Le blocus est illégal »
-> La grève est un motif légal et légitime d’absence en cours. Comme on l’a dit plus haut, la seule façon pour des lycéens et collégiens de faire grève, c’est de bloquer leur établissement. Donc, le blocus n’est pas considéré, en tant que tel, comme un acte illégal.

Si tu as besoin de conseils ou d’aide pratique pour bloquer ton lycée, ou si tu veux juste relayer ton blocus, rendez-vous sur la page facebook « Bloque ton lycée » : https://www.facebook.com/Bloque-ton-lyc%C3%A9e-367818970062608/

Les allocations tuent notre pays. C’est vrai. Mais à qui sont-elles destinées ?

Article publié dans SCALPel n°4.

Les allocations d’aide au logement sont données aux gens qui sont trop pauvres pour être propriétaires afin qu’ils payent leur loyer, ainsi, en réalité, ce sont les propriétaires spéculateurs immobilier qui touchent les allocations d’aide au logement.

La sécurité sociale est versée directement aux médecins et aux pharmacies, ainsi ce ne sont pas les malades qui bénéficient de cet argent, les vrais destinataires de cet argent sont les laboratoires pharmaceutiques.
Ce sont donc des gens qui gagnent déjà énormément d’argent qui récoltent l’argent de l’État.

Les pauvres sont gardés pauvres pour que les riches restent riches. Les pauvres ne servent que de passeurs de capitaux. À travers les allocations et les aides sociales l’État entretient les riches, il faut repenser le système pour qu’il n’y ait plus de pauvres. La seule crise que subit ce pays est une mauvaise répartition des richesses.

Toujours plus de sélection sociale à l’université Paul Valéry

Alors que l’année 2017 a été marquée, dans le milieu étudiant montpelliérain, par la mobilisation contre la mise en place de la sélection en Master, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) nous apprend que plusieurs milliers d’étudiants se retrouvent sans aucune inscription à l’université Paul Valéry – Montpellier 3. Cette situation a été déclenchée par la politique élitiste deu président de l’université, Patrick Gilli. Ce dernier, dans un contexte de victoire d’une logique entrepreneuriale au sein des universités, se comporte davantage comme un patron voyou que comme le gestionnaire d’un service public. L’an dernier, la mobilisation des étudiants « sans fac » avait permis de forcer la direction de l’université à accepter 79% d’entre-deux. Cette année, l’objectif c’est 100 % ! Cette mobilisation contre la sélection sociale ne réussira pas sans un soutien extérieur. Nous relayons plusieurs articles et communiqué sur le sujet :

 

 

A la recherche du mouvement étudiant à Paul Valéry …

Depuis le mois de janvier, la nouvelle est tombée comme un couperet sur les étudiantes et étudiants de l’université Paul Valéry à Montpellier : désormais, l’obtention de la licence ne suffira plus à garantir l’accès en Master. En effet, la direction de l’université, ayant obtenu le feu vert législatif, a décrété la mise en place d’une sélection sociale dont même le groupuscule de la droite universitaire UNI n’aurait pas osé rêver.

Face à une telle attaque, on aurait pu imaginer que les masses étudiantes se soulèvent en nombre contre la direction de l’université, menées par les multiples syndicats et organisations étudiantes. Si le syndicat SCUM (Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier) a essayé effectivement, durant ces longs mois, de soutenir un rapport de force contre la direction de l’université, ils ont été bien seuls côté syndicats : l’UNEF, qui au niveau national avait validé la sélection en Master, n’existe plus à Paul Valéry, et Solidaires Étudiants semble trop occupé par l’organisation d’événements culturels subventionnés par l’université. Seul le syndicat CGT des personnels de l’université, et les élus étudiants du « Comité Étudiant Indépendant » ont suivi cette mobilisation étudiante, portée dans sa quasi-totalité par des étudiants non-encartés.

Suite à l’Assemblée Générale du 1er février, ayant rassemblé plus d’une centaine d’étudiantes et d’étudiants, une dynamique semblait s’être lancée, avec un mot d’ordre simple : empêcher la direction de la fac de mettre en place la sélection en Master. Une conflictualité assumée avec la présidence de l’université, rompant de fait avec toute possibilité de compromissions et de dévoiement de la lutte, et portée dans sa quasi-totalité par des étudiantes et étudiants assumant une défiance claire vis à vis des syndicats et organisations politiques. Radicalité et autonomie, la mobilisation ne pouvait ainsi pas mieux débuter, et les militants du SCALP-No Pasaran 34 y ont pris part.

Mais cette spontanéité s’est fracassée à un manque de cadres collectifs d’organisation. C’est ce manque d’organisation collective qui a permis a une poignée d’étudiants, opposés au rapport de force décidé auparavant, de transformer l’action prévue du 21 février, à savoir l’envahissement du Conseil des Études et de la Vie Universitaire, en simple envoi de délégation au sein de l’instance. Ainsi, la sélection en Master a été votée en toute tranquillité par la direction de l’université, après avoir fait semblant d’écouter cette délégation.

Alors qu’une action similaire est prévue dans la perspective du Conseil d’Administration du 28 février, le syndicat SCUM décide de prendre les devants afin d’éviter que ce type de sabotage se réitère. Dans le plus grand des secrets, ils s’introduisent le jour J dans la salle du Conseil d’Administration quelques heures avant, et l’occupent avec un petit déjeuner. Si l’action permet effectivement d’empêcher de façon efficace le conseil de se réunir à l’endroit prévu, il ne l’empêche pas, l’effet de surprise passé, de trouver refuge dans un autre bâtiment. Là encore, c’est le cadre collectif d’organisation qui fait défaut. En délaissant l’action collective au profit d’une action commando, le syndicat le plus combatif a de fait laissé la gestion de cette action collective aux fractions les moins combatives. En effet, alors que les membres de la direction se réfugiaient dans un autre bâtiment, seuls deux ou trois étudiants ont tenté d’entrer en force dans le conseil, se heurtant à la passivité voire à la réprobation des militants d’autres syndicats. Les portes se sont refermées, et le Conseil d’Administration a pu voter la sélection en Master tranquillement. Si il y avait eu une meilleure coordination entre les « petit-déjeuneurs » et les quelques étudiants les plus radicaux à l’extérieur, l’issue de cette matinée n’aurait certainement pas été la même.

Alors qu’à l’occasion des Journées Portes Ouvertes, des étudiants mobilisés soutenus par la CGT, le SCUM et des militants autonomes, mettaient en place un piquet de grève perturbant l’opération marketing de la direction, puis organisaient le 17 mars un apéritif satirique fêtant la « Saint Patrick Gilli », du nom du président de l’université, l’association Solidaires Étudiants et le « Comité Étudiant Indépendant » organisaient pour le 23 mars un rassemblement contre la sélection. La bonne surprise de ce rassemblement fut la venue de nouvelles têtes, mais la mauvaise nouvelle fut le constat que la quasi-totalité des étudiantes et étudiants mobilisés au cours des mois précédents avaient déserté la mobilisation. Alors que les organisateurs proposaient aux étudiants présents l’adoption d’une énième motion et l’envoi, encore une fois, d’une délégation auprès de la direction, les étudiants ont préféré tenter de s’inviter en masse dans le bâtiment administratif, et se sont retrouvés face à la réalité brute du « dialogue social » au sein de l’université : des portes coupe-feu verrouillées de l’intérieur.

C’est alors qu’une Assemblée Générale improvisée se tient, sans Solidaires Étudiants, mais en présence de militants du « Comité Étudiant Indépendant » et du SCUM, et vote à l’unanimité le blocage de l’université pour le 30 mars. Mais malheureusement, là encore, l’absence d’organisation collective suite à cette décision conduit à une attitude consommatrice, sous-traitant aux syndicats l’organisation pratique de l’action. Les étudiantes et étudiants ayant décidé du blocage ne sont pas celles et ceux qui effectivement étaient présents le jour J, face au président de l’université et à un nombre impressionnant de vigiles. Les étudiantes et étudiants présents, dont les militants du SCALP-No Pasaran 34, décident alors de ne pas aller à l’affrontement avec le dispositif de sécurité, et mettent en place un barrage filtrant.

Plusieurs mois après le début de ce mouvement atypique, les leçons semblent être enfin tirées : une Assemblée Générale se tient, et met sur place un Comité de Grève afin d’organiser collectivement les actions contre la direction de l’université.

Si nous nous sommes réjouis de la conflictualité et de la radicalité portée par cette mobilisation depuis ses débuts, force est de constater que le manque d’organisation autonome des étudiantes et étudiants mobilisés a empêché cette mobilisation de se massifier et de monter en puissance sur la durée.

Alors que dans d’autres universités, les directions ont reculé sur la mise en place de la sélection face aux mouvements étudiants, une même issue victorieuse semble aussi à portée de main à l’université Paul Valéry.

Dès la rentrée des vacances universitaires, plusieurs actions seront programmées par le Comité de Grève. Il est important pour assurer sa réussite que la lutte étudiante se développe aussi hors du huis-clos universitaire et de l’isolement qui en découle vis à vis des autres mobilisations sociales.

En effet, si il y a bien une chose crainte par tous les pouvoirs, c’est bien la multiplication des terrains de luttes et leur coordination dans le but d’une généralisation de la lutte des classes à tous les secteurs de la société.

Organisons-nous pour devenir ingouvernables !

SCALP-No Pasaran 34 – scalp.mtp@live.fr

Pouvoir, marchandages et votes : une matinée dans les coulisses de la démocratie universitaire.

Article initialement publié sur le site montpelliérain « Le Pressoir ».

Pouvoir, marchandages et votes : une matinée dans les coulisses de la démocratie universitaire.

Mardi 10 mai 2016, c’était jour d’élection à l’Université Paul Valéry – Montpellier 3. Pas une élection ouverte à tous, mais un vote au sein d’un des conseils centraux de cette université, le Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CÉVU). Il s’agissait, durant cette longue matinée, de désigner le futur vice-président de ce conseil, ainsi que de procéder à l’élection du futur vice-président étudiant.

Lire la suite

Les étudiants réformistes contre la lutte

Nous relayons ici un article publié sur le site « Montpellier en luttes », dénonçant les pratiques d’étudiants tentant de décourager les lycéens d’entrer pleinement dans la lutte contre l’odieuse Loi Travail. Les militantes et militants du SCALP – No Pasaran 34 sont des lycéens, travailleurs et étudiants prêts à apporter une aide concrète et technique à toutes les formes de luttes (blocages, manifestations). N’hésitez pas à nous contacter si besoin (scalp.mtp@live.fr).

Les étudiants réformistes contre la lutte

Un papier d’ambiance sur la misère en milieu étudiant pendant le mouvement sur la Loi Travail. Cela concerne la journée 25 mars à Montpel. Nous pouvons lire aussi quelques conseils pour bloquer son lycée.

Lire la suite