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Points de vue sur les Gilets jaunes

Article de Zones Subversives (http://www.zones-subversives.com/2019/10/points-de-vue-sur-les-gilets-jaunes.html)

Points de vue sur les Gilets jaunes
La gauche intellectuelle et militante reste secouée par le mouvement des Gilets jaunes. Certains dénoncent une agitation populiste voire fasciste. D’autres y décèlent l’insurrection qui vient. Quoi qu’il advienne, les gilets jaunes ont profondément bouleversé le mouvement social. 

 

Le mouvement des Gilets jaunes apparaît inédit et inattendu. Ses pratiques de lutte, ses lieux d’action, sa composition sociale, sa diversité idéologique et ses multiples revendications distinguent ce mouvement social qui sort de l’encadrement des partis et des syndicats.

Les intellectuels de gauche sont divisés par rapport aux Gilets jaunes. Certains soutiennent une révolte populaire qui porte des perspectives d’égalité et d’émancipation. D’autres dénoncent la confusion idéologique qui alimente les idées réactionnaires.

La revue Lignes se révèle également divisée à ce sujet. Ses contributeurs ont pourtant partagé des points de vue similaires au sujet de la révolte des banlieues de 2005 ou de la vague d’attentats en 2015. Malgré leurs divergences, ces intellectuels considèrent que les causes du mouvement des Gilets jaunes demeurent justifiées. Un débat traverse le numéro 59 de la revue Lignes sous le titre « Gilets jaunes : une querelle des interprétations ».

 

Michel Surya - Lignes N° 59 : Les  gilets jaunes : une querelle des interprétations.

 

Révolte populaire et spontanée

 

Sophie Wahnich tente d’éclairer le mouvement des Gilets jaunes à la lumière de l’Histoire. Les Gilets jaunes ne sont pas des militants politiques qui mettent en avant leur idéologie. « Les Gilets jaunes apparemment ne sont ni encartés, ni syndiqués, ni clairement politisés au sens d’une appartenance assumée à une sensibilité politique identifiable », observe Sophie Wahnich. Ils manifestent souvent pour la première fois. Ils se disent mal payés mais aussi ignorés et méprisés. Cet événement déclenché par la taxe carbone révèle une aspiration à la liberté et à l’auto-organisation. « C’est notable dans la grande inventivité formelle, tactique et stratégique qui a été la leur et qui ne pourra être seulement refoulée », souligne Sophie Wahnich. Ce mouvement s’accompagne d’une importante sympathie de la part d’une grande majorité de la population.

Les éditorialistes et politiciens macronistes désignent ce mouvement comme « poujadiste ». Les drapeaux tricolores, la Marseillaise et la demande antifiscale restent des marqueurs d’extrême-droite. L’apolitisme des Gilets jaunes tolère ces symboles de confusion, ce qui effraie les intellectuels et militants de gauche, des républicains aux anarchistes.

Mais la nouveauté des Gilets jaunes suscite la sympathie. Ce mouvement invente de nouvelles pratiques de lutte. « Les gens étaient quasi neufs pour la plupart et ils ont inventé des formes kaléidoscopiques avec la multitude de ronds-points et de pages sur les réseaux sociaux », décrit Sophie Wahnich. Avec les occupations, les blocages et les manifs insurrectionnelles, l’Etat a peur. Le pouvoir déclenche alors la répression à partir de décembre 2018. Les violences policières se multiplient.

 

Jacob Rogozinski souligne la dimension imprévisible du mouvement des Gilets jaunes. C’est ce qui caractérise un véritable événement. La Commune de 1871, les grèves de 1936, la révolte de Mai 68 sont également des soulèvements imprévisibles. Cet événement impose, pour le comprendre, de changer de catégories d’analyse et de penser autrement. « Comme tout événement, il opère un clivage entre ceux qui sont sensibles à sa nouveauté, à sa force d’effraction, et ceux qui insistent au contraire sur ces aspects les plus problématiques ou s’effrayent par avance de ses conséquences », observe Jacob Rogozinski.

Ce mouvement se distingue par son ancrage social et territorial, par son absence de chefs et par l’apparition de tendances démocratiques radicales. Ce mouvement émerge dans des zones périurbaines dans lesquelles il ne s’est jamais rien passé. Il est porté par des catégories sociales qui n’ont pas l’habitude de se politiser. Personne n’a imaginé voir la préfecture du Puy-en-Velay incendiée.

La spontanéité et l’auto-organisation sont dénoncées par les avant-gardes léninistes qui fustigent un « manque de discipline ». C’est pourtant ce qui fait la force de ce mouvement, qui lui permet de mobiliser largement et de tenir sur la durée. Les Gilets jaunes affirment leur capacité politique en dehors de tout parti existant. La revendication du RIC émerge pour demander plus de démocratie. Mais elle est également critiquée car elle ne remet pas en cause la démocratie représentative et la classe dirigeante. « Dans cette perspective, il ne s’agit plus d’exiger d’être mieux représenté, mais d’abolir toute instance de représentation politique », souligne Jacob Rogozinski. Les Gilets jaunes de Commercy appellent à multiplier les comités populaires et les assemblées. Une organisation horizontale doit permettre de se coordonner à travers des délégués avec des mandats révocables et tournants.

Mais ces formes d’auto-organisation ont été écrasées dans les révoltes historiques. Les sections de sans-culottes de la Révolution française ont été démantelées par Robespierre. Les communautés libertaires de la révolution espagnole de 1936 ont été anéanties par les staliniens et les franquistes. Les soviets de la révolution russe ont été engloutis par la bureaucratie bolchevique. Ces formes d’auto-organisation surgissent de manière spontanée mais finissent par se déliter. « Il faut reconnaître qu’elles ont été vaincues en raison d’une faiblesse interne : dès que retombe l’effervescence des soulèvements, la chair du social tend à se défaire, à se disperser à nouveau en une multitude passive d’individus isolés », analyse Jacob Rogozinski.

 

Sur un barrage, samedi 17 novembre. © DR

 

Dangers réactionnaires

 

Le philosophe Arnaud Tomès évoque le populisme supposé des Gilets jaunes. Les éditorialistes dépeignent cette révolte populaire en mouvement poujadiste et fascisant. L’historien Gérard Noiriel rappelle que les révoltes sociales s’attaquent souvent à la fiscalité pour cibler l’Etat central.

Ernesto Laclau théorise la stratégie populiste qui consiste à agglomérer des milieux sociaux différents, comme les employés, les ouvriers et les petits patrons. Des demandes sociales et démocratiques doivent unifier le peuple. Néanmoins, Laclau insiste sur l’importance du chef alors que les Gilets jaunes rejettent toute forme de délégation institutionnelle. Mais cette stratégie repose sur la confusion. Surtout, une fois élus, les partis populistes remplacent leurs promesses de démocratie directe pour s’approprier les différents appareils de pouvoir au nom du peuple.

 

Le philosophe Alain Badiou, pétri d’idéologie maoïste, ne soutient pas le mouvement social. Il comprend les causes de la révolte, avec l’appauvrissement de la population liée à la crise économique. Mais il considère les Gilets jaunes comme un ramassis de boutiquiers et de petits patrons guidés par des aspirations réactionnaires. 

Alain Badiou fustige également la spontanéité et l’auto-organisation du mouvement. « Leurs proclamations, leur désorganisation périlleuse, leurs formes d’action, leur absence assumée de pensée générale et de vision stratégique, tout cela proscrit l’inventivité politique », estime Alain Badiou. Le maoïste préfère les partis disciplinés qui n’ont pourtant jamais rien obtenus de valable. Le philosophe souligne l’échec des mouvements Occupy. Il insiste sur l’importance du Parti pour diriger les révoltes populaires.

Néanmoins, Alain Badiou pointe une limite importante du mouvement. Les Gilets jaunes reposent sur l’unité contre Macron, voire sur une opposition entre un peuple supposé homogène et des élites. Cette unité reste factice. Ensuite, le mouvement ne propose aucune véritable perspective politique au-delà de la démission de Macron. Mais Alain Badiou se fourvoie lorsqu’il insiste sur le rôle moteur de l’idéologie. C’est bien l’action directe, les pratiques de grèves et de blocages qui restent le moteur des révoltes sociales.

 

Jean-Luc Mélenchon, lors de la « marche contre le coup d’Etat social », à Paris, le 23 septembre.

 

Faillite de la gauche

 

Le sociologue Philippe Corcuff estime au contraire que ce sont les partis de gauche qui entretiennent la confusion et nourrissent le danger réactionnaire. Philippe Corcuff veut en finir avec la gauche radicale en France. Cette mouvance comprend les débris de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), de l’altermondialisme avec ATTAC, et des syndicats comme Solidaires. Cette gauche émerge dans les années 1990 et se focalise sur la dénonciation du néolibéralisme. Le mouvement de l’hiver 1995, le référendum européen de 2005 et la lutte contre le CPE en 2006 restent ses grandes victoires. Mais cette vieille gauche semble essoufflée.

Le contexte intellectuel évolue. Les thématiques identitaires et la montée de l’extrême-droite ciblent les migrants et les musulmans. Se focaliser sur le néolibéralisme conduit à occulter le danger du nationalisme et des mesures sécuritaires issues de l’antiterrorisme. Le courant du souverainisme de gauche semble indifférent à ce danger et tend à l’alimenter.

Ensuite, la gauche s’indigne des diverses formes de dominations mais refuse de penser des perspectives émancipatrices. La spécialisation académique se focalise sur des aspects séparés. La logique postmoderne valorise la « déconstruction » et l’émiettement du sens.

 

Un confusionnisme se diffuse. L’extrême-droite incarnée par Alain Soral s’appuie sur la critique du « système ». Mais la gauche se contente d’une critique superficielle et simpliste du néolibéralisme et de la « pensée unique » qui peut déboucher vers des discours complotistes. Des économistes de gauche valorisent même la « solution nationale » contre l’Europe. Frédéric Lordon ne cesse de célébrer les vertus de l’Etat-nation. Le rejet de Macron peut même déboucher vers des alliances avec l’extrême-droite. L’éditeur Eric Hazan estime que le mouvement des gilets jaunes permet une alliance souhaitée entre extrême-droite et extrême-gauche.

C’est dans ce contexte de décomposition intellectuelle et politique que surgit le mouvement des gilets jaunes. La gauche ne cesse de minimiser les discours anti-migrants et complotistes pour repeindre le mouvement en rouge. Le gauche idéalise le bon peuple et se contente de suivre un mouvement qu’elle ne comprend pas. Les structures et les appareils de la gauche ne portent plus aucune perspective d’émancipation  individuelle et collective. Mais des groupes locaux et des pratiques d’auto-organisation peuvent permettre de reposer la question de l’émancipation.

Judith Balso reprend les fantasmes de la gauche parisienne sur le mouvement. Les gilets jaunes seraient manipulés par l’extrême-droite. Son point de vue est révélateur de la vieille gauche et de ses intellectuels déconnectés des luttes sociales. Les conditions de vie des exploités ne préoccupent pas cette mouvance. Le peuple doit alors s’unir derrière la défense des services publics et de l’Etat.

 

Un manifestant gilet jaune réclamant le RIC samedi 15 décembre à

 

Limites du réformisme

 

Gérard Bras observe le retour de la notion de peuple. Les gilets jaunes remettent en cause la représentation politique et les institutions traditionnelles. Ils opposent alors le peuple à la classe dirigeante. Néanmoins, les gilets jaunes évoquent aussi l’idée d’un peuple homogène contre les élites. Cette lecture peut exclure les étrangers et les immigrés. Ensuite, la notion de peuple occulte les clivages de classe qui traversent la société. Le peuple comprend des groupes sociaux qui ne partagent pas les mêmes intérêts.

Yves Dupeux évoque les limites politiques du mouvement. Cette protestation ne s’inscrit pas dans une perspective révolutionnaire. Les gilets jaunes dénoncent les excès du capitalisme, sans le remettre en cause. « Ils s’en prennent à ceux qui profitent du système plutôt qu’au système du profit », résume Yves Dupeux.

 

Guillaume Wagner observe également que les gilets jaunes avancent surtout des revendications modérés. Ils demandent des augmentations de salaires et des réformes institutionnelles comme le RIC. « Pour l’heure, les Gilets jaunes ne veulent pas de révolution ; si, par révolution, nous entendons abolition irréversible de l’économie politique, de l’exploitation et de la marchandise, c’est-à-dire de la société de classe », analyse Guillaume Wagner. Les Gilets jaunes veulent un nouveau compromis social, avec de nouveaux droits. Mais la situation économique empêche une amélioration de leurs conditions. La révolution peut alors s’imposer comme une nécessité.

Mais le mouvement des Gilets jaunes ne repose pas sur une idéologie politique. Les discussions autour des ronds-points et des péages portent sur les conditions de vie et sur les problèmes du quotidien. « Se rendre compte qu’on subit tous les mêmes rouages d’exploitation engendrant les mêmes galères, et toutes les barrières idéologiques fabriquées par les médias pour nous isoler les uns les autres s’effondrent », observe Guillaume Wagner. Une force collective se crée, non pas à partir d’une identité mais à partir d’une condition partagée. Le mouvement part du vécu de prolétaires qui subissent l’exploitation. Cette force collective rejette l’Etat et les partis. Elle se méfie de la récupération, des institutions, de toute forme de représentation et d’encadrement.

Les manifestations et les blocages montrent leurs limites. La grève active devient indispensable pour briser la routine du quotidien. « En effet, le lundi, on retourne courber l’échine, au taf, au pôle emploi ou à la caf », regrette Guillaume Wagner. Mais la grève doit se généraliser, y compris en dehors des entreprises. Ce mouvement doit « fusionner » la grève générale de décembre 1995, le mouvement des chômeurs de 1998, la lutte anti-CPE de 2006 et la révolte des quartiers populaires de l’automne 2005. La grève doit se propager dans tous les secteurs de travail, mais aussi dans toutes les expériences du quotidien.

 

Lors de l' assemblée génèrale des gilets jaunes à Commercy, le 26 janvier

 

Débats et analyses

 

La revue Lignes proposent des contributions originales. Les points de vue exprimés ont le mérite de la clarté. Même si beaucoup restent finement nuancés. Ces articles reflètent bien les débats qui agitent les milieux intellectuels et militants à propos de cette révolte singulière. La revue peut donc permettre de nourrir la réflexion à travers des points de vue divers.

L’hostilité au mouvement provient de la vieille gauche la plus racornie. Alain Badiou, qui baigne dans la petite bourgeoisie intellectuelle, croit voir les « classes moyennes ». Mais les Gilets jaunes peinent à survivre et dénoncent les faibles revenus. Ils aimeraient vivre dans le même confort que le philosophe maoïste pour disserter paisiblement sur l’idée communiste.

La composition sociale du mouvement fait débat. Beaucoup d’intellectuels se réfèrent à la notion confuse de peuple. Ce serait l’alliance des petits patrons avec leurs employés. Mais les gilets jaunes sont avant tout des exploités. Les commerçants ont soutenu la dénonciation des taxes au début. Mais ils sont rapidement sortis d’un mouvement qui demande l’augmentation des revenus et attaquent les centres-villes commerçants. Les « artisans » sont bien souvent des travailleurs manuels et des auto-entrepreneurs qui touchent de faibles revenus. On est loin du « parti de la boutique » avec ses riches commerçants.

Mais les gilets jaunes ne luttent pas dans les entreprises. Ce n’est pas la position sociale et le statut qui sont déterminants, mais le niveau de vie et les revenus. C’est sans doute la force de ce mouvement populaire qui sort de l’esthétique de gauche colonisée par les cadres de la fonction publique. Mais c’est aussi sa limite. L’opposition entre les salariés et les patrons, entre les exploiteurs et les exploités, n’est pas mise en avant. Mais Philippe Corcuff souligne que la gauche radicale abandonne toute analyse de classe pour une bouillie semi-complotiste. Les gilets jaunes sont aussi le produit du contexte intellectuel et politique.

 

Les intellectuels de gauche sont également désarçonnés par la spontanéité de la révolte. Ils se sentent davantage rassurés par les slogans vides de sens et les ballons de la CGT. Mais Alain Badiou réduit les limites de ces mouvements à leur auto-organisation et à leur absence d’encadrement. Pour lui, un mouvement digne de ce nom doit être piloté par une secte bureaucratique, maoïste et dirigée par un philosophe, normalien de préférence. Les vieilles pleurnicheries autour de la défense de l’Etat et des services publics sont également absentes du mouvement. De manière plus subtile, des intellectuels comme Jacob Rogozinski plaident pour l’intégration du surgissement spontané dans l’appareil d’Etat et la démocratie représentative. Mais ce serait vider le mouvement de son contenu et de sa force transformatrice.

Les critiques les plus pertinentes du mouvement attaquent au contraire son côté réformiste et citoyen. Philippe Corcuff décrit bien la décomposition intellectuelle de la gauche. Mais il évoque peu sa dimension réformiste. L’abandon de l’analyse de classe pour une morale citoyenniste reste le cœur du problème. Des contributeurs de la revue Lignes s’inscrivent toujours dans cette démarche. Au contraire, Guillaume Wagner insiste sur l’importance de la lutte des classes. Il évoque les limites d’un mouvement qui prend la rue et les ronds-points, mais délaisse les entreprises.

Les gilets jaunes attaquent surtout les flux et les banques. Mais ils évoquent peu la grève et le blocage des lieux de production. L’approche de Guillaume Wagner s’avère la plus pertinente. Il délaisse les considérations morales sur le mouvement pour analyser ses limites et ses perspectives stratégiques. Comment gagner et pour quelle société restent les questionnements centraux qui doivent animer les gilets jaunes et les révoltes sociales à venir.

21/03/2019 : Rassemblement antiraciste contre la hausse des frais d’inscription universitaires

A l’appel de l’Union des Etudiants Etrangers de Montpellier, un rassemblement contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers se tiendra jeudi 21 mars 2019 à 18h sur la place de la Comédie à Montpellier.

Contre la discrimination sociale et raciale, soyons nombreuses et nombreux !

— 
SCALP / No Pasaran 34
Antifascisme radical et lutte de classes à Montpellier
http://www.scalp34.wordpress.com

(l’évènement facebook du rassemblement : https://www.facebook.com/events/2218773235041733/

11/12/2018 : Sélection sociale et hausse des frais d’inscription à l’université, stop !

A Montpellier la mobilisation initiée par les étudiants étrangers et le syndicat étudiant SCUM contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers continue à prendre de l’ampleur. Le premier rassemblement devant la préfecture de Montpellier le 22 novembre a été un succès, attirant les foudres du maire macroniste Philippe Saurel. Lors du deuxième rassemblement, le jeudi 29 novembre, il a a carrément envoyé la police municipale intimider les étudiants étrangers qui commençaient à se rassembler. Mais les étudiants ont tenu bon et le rassemblement a pu avoir lieu malgré les pressions et menaces municipales.

Le samedi 01 décembre, plus d’une centaine d’étudiants, soutenus par diverses associations et syndicats (SCUM, SOS Racisme, associations communautaires) ont manifesté dans les rues de Montpellier. Un rendez vous a été donné le mardi 11 décembre à 10h, devant la bibliothèque universitaire de l’université Paul Valéry. En effet, ce jour-là seront votés par la direction de l’université les nouveaux critères et quotas de sélection sociale en Licence et Master (utilisés pour parcoursup et e-candidat). Que ce soit la hausse des frais d’inscription, ou la sélection généralisée par la loi ORE, c’est une même logique de tri social qui est dénoncée par les étudiants mobilisés. La forte volonté d’auto-organisation a débouché sur l’appel à une Assemblée des étudiants étrangers de Montpellier, qui aura lieue jeudi 6 décembre à 17h30, dans l’amphi C003 de l’UFR Économie sur le site universitaire Richter (tramway 1 et 3, arrêt Port Marianne).

Le SCALP – No Pasaran 34 est solidaire des étudiants en lutte pour leur avenir, et appelle, dans un contexte d’explosion sociale généralisée (grèves sectorielles, blocages lycéens, mouvement des « Gilets Jaunes »), à des convergences dans l’action.

Précaires, unissons-nous contre le capitalisme !

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SCALP / No Pasaran 34
Antifascisme radical et lutte de classes à Montpellier
http://www.scalp34.wordpress.com

22/11/2018 : Rassemblement contre la hausse des frais d’inscription universitaires pour les étrangers !

Encore une fois, le gouvernement montre son visage profondément inégalitaire et xénophobe en augmentant les frais d’inscription à université pour les étudiants étrangers hors union européenne.

RASSEMBLEMENT JEUDI 22 NOVEMBRE, 17H30, PLACE DE LA PREFECTURE, MONTPELLIER

27/09/2018 : Conférence-débat autour du N° 40 de la revue « Réfractions »

« Ⓐ comme RésistⒶnces » animée par Jean-Jacques GANDINI, membre du CAD et du collectif de la revue

Le mouvement anarchiste aurait-il échoué ? Il est vrai qu’après
plus d’un siècle d’intenses luttes pour construire une société sans
domination ni oppression, le résultat désiré n’a pas été atteint.
Serait-ce donc par déni de réalité que nous ne nous résignons pas à
abandonner cette lutte ? Nous ne le pensons pas car ce serait accepter
l’argument fallacieux selon lequel la valeur d’une pratique ou d’un
cheminement est contenue toute entière dans l’atteinte du but ultime qui
leur est assigné

C’est dans ses multiples pratiques au jour le jour que réside le succès
de l’ Anarchisme et son indispensable existence.

Parmi les thèmes traités seront plus particulièrement abordés : Autogestion en actes, droit au logement contre droit de propriété, peuple et pouvoir dans la Barcelone actuelle.

JEUDI 27 SEPTEMBRE A 20H30, CENTRE ASCASO-DURRUTI, 6 rue Henri René, Montpellier

17/07/2018 : Manifestation contre le projet de loi ELAN et la baisse des APL

Mardi 17 juillet à 14h sur la place de la Comédie;

Le projet de loi ELAN prévoit de précariser les locataires privés et HLM, vendre massivement les HLM à des profiteurs/expulseurs, détricoter l’encadrement des loyers et la loi SRU, accélérer l’expulsion des locataires les plus pauvres, écraser les maisons construites sans permis en Guyane, Construire des logements de mauvaise qualité, supprimer les normes handicap dans le neuf, perquisitionner en cas de non respect du code de l’urbanisme. Elle menace maintenant de criminaliser les occupants sans titre locatif …

Un toit c’est un droit !

01/05/2018 : Manifestation pour la journée internationale de lutte des travailleurs

Rendez-vous ce mardi 1er mai, pour un premier mai radicalement anticapitaliste et antifasciste !

Dans le département, les rendez vous snt les suivants :

Béziers : 10h30 -Bourse du travail
Montpellier : 10 h- Peyrou
Sète :10h- Place de la Mairie

Milice fasciste milice du capital !

Jeudi 22 mars les étudiant-es sont mobilisées  contre l’infâme loi Vidal qui accroît la sélection élitiste au sein des facultés privant toujours plus les lycéen-es issu des milieux populaires d’accès aux études supérieure ;et ils ne sont pas seule a se mobiliser, des lycéen-es nombreux bloquent leur établissement : monnet joffe agropolis clémenceau et rejoignent en masse le cortège qui doit faire jonction avec la fonction publique et les cheminots menacer par les réformes libérales du gouvernement autoritaire de macron.
La manif est vraiment sympa on est très nombreux pour Montpellier plus de 7000 ! une réussite !
Suite a la manifestation on décide de se rendre a l’ag interpro qui doit avoir lieux a la faculté de droit ,celle ci décide une occupation symbolique de nuit de la faculté.
L’occupation se déroule dans une ambiance sympathique malgré la présence hargneuse de membre de la corpo de droit et de militants de l’uni qui multiplient les provocations le doyen également qui décide par exemple de fermer ..les toilettes de la fac pour dissuader les occupant-es.
Vers une heure du matin un groupe de nervis dont des membres d’extrême droite ( on sait qui vous êtes les gars..) dont certains enseigne au sein de la faculté pénètrent dans l’établissement et tabassent toutes les personnes présentes..il est  évidant que le doyen a jouer un rôle plus que trouble dans cette événement lui seul pouvait faire pénétrer ce groupe lui seul pouvait permettre aux vigiles de refermer les grilles ( au passage sur le pied d’une des victimes ) de la faculté pour protéger ces agresseurs puis leur permette de partir sous protection de la police. Cette violente agression fasciste est donc mener avec l’accord et sur ordre des autorités de la fac de droit ( mais de quel droit par le t’ont dans cette établissement du droit qui ne s’applique qu’aux pauvres?) elle démontre une fois de plus que les fascistes sont le bras armée du capital et de sa classe dirigeante : la bourgeoisie.
Les rejetons de la bourgeoisie réactionnaire de Montpellier ont monter leur vrai visages derrière leur costards et nœuds papillons bien propre et  pour certains leur professions d’enseignants se cachent le visage de personnes capable de la plus grande des violences contre tous ce qui relèvent la tête et menace leur domination. 
Il est absolument nécessaire  et vital et de participer a toute les mobilisations contre la loi Vidal et la vermine fasciste au sein des facs et dans la rue et de ne pas céder au terrorisme de l’extrême droite ou de l’état !
Ils ne nous feront pas peur ! Pétel fasciste police complice!no pasaran ! Ni fascisme ni libéralisme !

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SCALP / No Pasaran 34
Antifascisme radical et lutte de classes à Montpellier
http://www.scalp34.wordpress.com

 

Sur la mobilisation étudiante, on vous invite à lire le site du syndicat étudiant (le SCUM) ainsi que le site du comité de mobilisation.

Face à la direction de la fac, la lutte se radicalise

Article du site Le Pressoir.

La dernière assemblée du 15 mars se donne une tonalité de lutte. La précédente AG avait alors sombré dans le défouloir des briseurs de grève. L’assemblée doit être présentée non pas comme un simple espace démocratique, mais comme un outil de lutte. L’assemblée doit favoriser la prise de décision et fixer les grandes lignes d’un mouvement. Elle doit permettre l’auto-organisation de la révolte.

Assemblée de lutte

Les prises de parole expriment davantage un discours politique. Un témoignage de Toulouse dénonce les syndicats qui s’opposent à la grève et tentent de canaliser la lutte. A Toulouse, le mouvement propose un blocage économique. La proposition positive suscite l’enthousiasme. Un étudiant critique la direction de l’Université. Il demande la démission du président et propose de mettre une pression constante sur la direction de la fac.

Cravate violette sur chemise noire, un étudiant se présente comme un membre du SEUM et un sympathisant du Modem. Il prend le contre-pied du discours citoyenniste de défense de l’Université. Il propose l’abolition de l’Etat et des services publics. Il appelle à perturber les cours alternatifs mis en place par le comité de mobilisation. Il propose la grève et le blocage de la fac jusqu’à la démission du président Patrick Gilli. Il propose également de brûler la fac, sans doute l’institution plus que les bâtiments.

Un autre étudiant propose une interdiction de campus pour le président. Celui qui se prend pour un monarque aime bien interdire de campus tous ceux qu’il considère comme les meneurs de la révolte. Cette fois-ci, c’est lui qui pourrait être interdit de campus. Malheureusement, ces diverses propositions ne passent pas. Mais elles fixent un niveau d’exigence qui permet de reconduire la grève et le blocage jusqu’au 26 mars. De quoi bien organiser le mouvement et la journée inter-professionnelle du 22 mars.

Comité de mobilisation

Le comité de mobilisation qui se réunit le 16 mars prend une nouvelle tournure. Le bâtiment administratif, dans lequel siège la direction, est bloqué. Mais le président convoque les syndicats pour tenter de briser la grève. Sa manœuvre grossière échoue. Ses mails agressifs et ses multiples tentatives d’achever le mouvement permet aux étudiants et étudiantes de comprendre la véritable nature du président. Non, ce n’est pas juste un prof de gauche qui tente tant bien que mal de gérer une situation critique. C’est un bureaucrate qui veut faire régner l’ordre dans une fac élitiste fermée aux milieux populaires. Beaucoup se sentent trahis par l’attitude du président.

Le comité de mobilisation regroupe souvent une centaine de personnes qui veulent participer activement à la lutte. Certes, seuls quelques militants, la plupart des hommes, s’expriment à chaque fois. Mais ces réunions sont toujours importantes car les étudiantes et étudiants moins politisés s’expriment de manière gestuelle pour approuver un propos. Surtout, les commissions en petits groupes permettent davantage de prendre la parole pour exprimer un point de vue.

Rencontre avec Patrick et la direction

« On demande Patrick. Il est parti ? C’est à Patrick ». Voilà comment le président de la fac est annoncé. Ce qui lui enlève toute forme d’autorité ou de statut particulier. Le comité de mobilisation, comme l’assemblée, se présente comme un cadre anti-hiérarchique. Pour intervenir, il faut s’inscrire sur un tour de parole. La présidence de la fac ne comprend pas cette démarche. Des dirigeants de la fac demandent à recevoir une délégation dans leur bureau. Le comité refuse ce principe de la délégation qui consiste à confier la parole et le pouvoir à quelques syndicalistes responsables qui se font enfumer dans des bureaux administratifs. Il n’y aura plus de négociation de couloir. La délégation de l’assemblée, c’est un comité de mobilisation ouvert à tous.

Les étudiants et étudiantes n’expriment aucune agressivité ou même conflictualité. Le refus de s’adresser au pouvoir n’est pas leur motivation. Mais ils et elles restent attachés au cadre de l’auto-organisation et au refus de la délégation de pouvoir. Les membres de la direction peuvent librement s’exprimer dans le cadre du comité. Mais ils doivent s’inscrire sur un tour de parole. Ils sont ensuite appelés par leur prénom, comme le veut l’usage. Cet attachement à des principes anti-hiérarchiques est perçu par le président comme une humiliation. Il est dépossédé de son statut et de son autorité. Son discours révèle alors toute sa vacuité. Une étudiante parle fort pour s’adresser à des bureaucrates qui tournent les talons. Ils refusent de participer au comité de mobilisation et d’écouter les personnes qui s’expriment et répondent à leurs maigres arguments. La direction montre son vrai visage plein de morgue et de mépris. Mais aussi d’impuissance et de ridicule.

Paul-Va ingouvernable

Des étudiantes et étudiants s’adressent déjà au comité de mobilisation pour organiser des événements. La présidence veut une fac morte et annule tous les initiatives étudiantes. Mais le comité prend le relais. C’est maintenant le mouvement de lutte qui permet l’organisation des événements étudiants, et non plus une direction institutionnelle qui semble prendre l’eau. Le pouvoir passe aux mains du mouvement.

Après ce comité amusant, un « printemps des chaises » est lancé. Il s’agit de vider les bâtiments du matériel qui permet de fortifier les barricades. Le mouvement doit se rendre maître du campus. Les bâtiments doivent être entièrement bloqués. Mais c’est le bâtiment de la direction qui fait les frais de la plus grande inventivité. C’est une véritable pyramide qui se dresse pour empêcher la direction de se réfugier dans son palais. 
Ce n’est pas le mouvement qui a d’emblé exprimé une conflictualité frontale avec la direction. Bien au contraire. Le blocage a même semblé soutenu et cogéré avec la présidence. Mais les mails agressifs du président et la découverte d’une clique méprisante prête à briser l’avenir de la jeunesse pour se maintenir au pouvoir ont été bien plus efficaces que tous les discours de mise en garde.

Pression continue

Le 20 mars c’est le site de Saint-Charles qui est bloqué pour « mettre une pression continue sur la direction de la fac », selon l’expression décidée à l’AG. Le bâtiment abrite notamment les doctorants. Le coup est réussit. Patrick Gilli vient en personne avec toute une escorte. La DGS de la fac, responsable de la discipline et de la sécurité, mais aussi des policiers des Renseignements généraux sont de la partie. Les étudiants et étudiantes se prennent la main et avancent en sautillant. Ils font une farandole en direction du président. Cette esthétique bon enfant suffit pourtant à l’énerver et à le faire fuir. Comme Patrick Gilli le dit lui-même dans le torchon local : « le mouvement s’est radicalisé »

Même si cette lutte comporte quelques limites, notamment avec quelques étudiants qui monopolisent la parole. Ce sont souvent des militants gauchistes attachés à un discours réformiste de défense de l’Etat plutôt que de parler des effets concrets de la sélection sociale. Le cadre de l’auto-organisation devrait au contraire permettre à n’importe qui de s’approprier la lutte. Le mouvement doit maintenant s’élargir, organiser des actions pour bloquer au-delà de la fac et participer à une véritable lutte inter-professionnelle
Le mouvement s’est rapidement radicalisé. La lutte permet de réfléchir collectivement et individuellement. Le mouvement permet de se forger une réflexion critique et de prendre conscience dans notre force collective. Il ne doit plus y avoir de retour à la normale.

12/01/2018 : « la pratique de l’enquête ouvrière et de la cartographie sociale »

Discussion autour de la pratique de l’enquête ouvrière et de la cartographie sociale

avec la participation du collectif : Classe de Toulouse

 » On a donc eu l’idée d’élaborer une cartographie sociale pour comprendre la façon dont Toulouse et ses alentours fonctionnent économiquement et quelle ambiance règne dans les entreprises, les ASSEDIC, la rue, les chaumières, les prisons, partout où nous trainons ou serons peut-être amenés à trainer quoi !  »

…et organisée par le collectif
facebook: Working Class Hérault
courriel: working.class.herault@riseup.net

Vendredi 12 janvier 2018, à 19h avec un repas partagé…
au Centre Ascaso Durruti, 6 rue Henri René – Montpellier.