Direction et bureaucrates contre la lutte à la fac

Comme on l’avait constaté lors du mouvement étudiant du printemps 2017 contre la mise en place de la sélection en Master, les mêmes bureaucrates étudiants conservent un fort pouvoir de nuisance sur les luttes étudiantes.

En cet automne 2018, nous relayons un texte sur les freins au mouvement étudiant en cours, publié sur le site « le pressoir ». L’humanité de vivra heureuse que lorsque le dernier bureaucrate aura été pendu avec les tripes du dernier bureaucrate !

Direction et bureaucrates contre la lutte à la fac

Description et analyse de la journée du 6 novembre à la fac de Lettres de Montpellier. La direction et les gauchistes s’opposent à la lutte sociale.

Compte rendu de la pseudo ag du 06/11/2018

L’ag était initialement prévue en amphi 1 (anciennement amphi A) à 10H30, il y a eu des tractations faites ce matin à cet effet. Une fois de plus, les vigiles étaient sur place empêchant la réunion d’avoir lieu. Encore une fois, Patrick Gilli a déployé les agents de sécurité créant ainsi des échauffourées avec les étudiants voulant participer à l’AG.

Quelques personnes ont essayé d’enfoncer l’entrée, les vigiles ont bloqué la porte d’entrée de l’amphi 2 (anciennement amphi B).

Répression de la direction de la fac

Témoignage d’une étudiante :

« Voici mon point de vue par rapport aux événements qui se sont passés ce matin sur le parvis des amphis : Alors personnellement je sortais de mon cour de Psychologie du développement qui s’était passé en Amphi 1, à la base ce cours devait durer jusqu’à 12h15 mais étant donné qu’un de nos profs était absent nous avions finit vers 10h13. Donc en sortant j’ai vu qu’il y avait déjà une dizaine de militants qui attendaient devant l’autre entrée (celle de gauche quand on est devant l’amphi), certains faisaient des allers-retours mais la plupart restaient à attendre, une fois que nous sommes tous sortis de l’amphi 1, des mecs de la sécu ont directement fermé toutes les portes à clés, seules les amphis 2 et 3 étaient encore ouverts car des cours s’y déroulaient.

Il y a eu un certain moment d’attente, je dirai environ 10-15minutes où il ne s’est rien passé, jusqu’à ce qu’à un moment je vois des militants courir en direction de l’entrée de l’amphi 2 (celui à côté des distributeurs de nourriture, je ne suis pas sure du numéro) et qui essayaient de pénétrer à l’intérieur, une lutte s’est donc entamée avec les mecs de la sécu, à ce moment là il y avait je pense plus d’une trentaine de personnes devant l’amphi et une dizaine essayant de s’immiscer dans l’entrée, certains prenant des vidéos avec leur téléphone. Les mecs de la sécu finirent par faire ressortir les militants de l’entrée.

Bref l’ambiance resta assez pesante tout le long, toujours des tensions entre certains militants et la sécurité, malgré qu’une certaine communication tentait de se faire entre les deux, les échanges restaient assez violents à mon goût. Quand finalement au bout de, je pense, une vingtaine, voir trentaine de minutes, une fille mobilisée a proposé à tout le monde d’aller à la Salle Camproux pour discuter (là où devait avoir lieu l’AG d’après le mail de la présidence) ».

Un vigile s’est mit à se plaindre puis à implorer. Des menaces proférés par ce même vigile et un de ses collègue ont été lancée (il était vaguement question d’un réglage de compte en dehors des heures de service si j’ai bien compris). Des membres de la direction étaient présents : Au moins Sylvain Durand, Philippe Joron et Nathalie Moureau.

Après cette phase plutôt pathétique, les organisateurs de l’ag ont tout à coup semblé prendre connaissance de la salle Camproux octroyé par le magnanime Patrick Gilli. Car fidèle à lui-même, Patrick Gilli a envoyé un mail aux étudiants de Paul Valéry, informant de la non disponibilité des amphis pour une ah en raison de cours et proposant donc la salle Camproux de 10h à 13h.

En proposant une salle plus petite qu’un amphi, il empêche tous les étudiants mobilisés ou non voulant assister à l’ag d’y assister ; et part de là affirme son but de vouloir éteindre la mobilisation mais aussi d’empêcher les étudiants de s’exprimer ; traduisant ainsi son mépris envers les étudiants.

Une salle au demeurant trop petite pour accueillir une ag digne de ce nom et qui est loin d’être la salle la plus visible du campus, inconnue d’une grande partie des étudiants. Cela n’a pas empêché une cinquantaine de personne de s’y rendre, organisateurs compris. Une ag à pu avoir lieu de environ 11H15/11H30 à 13h30. Une ag réduite donc qui contenait surtout des « habitués » des mobilisations traditionnelles.

AG verrouillée

Un ordre du jour ayant été voté, c’est un point information qui a finalement ouvert l’ag. C’est un membre du bureau qui s’est occupé du point info. Une actualité des réformes relative au monde de l’université furent présentées, avec une rétrospective sur l’évolution du monde de l’université. Une prise de parole très habituelle qui empruntait le très consensuel discours réformiste privilégiant la défense de la valeur des diplômes ainsi que de la « qualité » de l’enseignement. 
Une voix dissonante, inhabituelle, s’est par la suite faite entendre. Une critique revendiqué d’un discours jugé tiède et mal informé, plus orienté « lutte des classes » doublé d’une critique de fond du monde de l’université. Une prise de parole mal reçue par une bonne partie de cette « ag ». Certaines personnes ont alors objecté qu’il ne devait pas y avoir de débats sur le « point info », quelques personnes (au moins 2 dans l’ag) ont objecté que le point de vue donné en guise d’information étant forcément subjectif, il était normal de pouvoir revenir dessus. Le membre du bureau ayant donné son « point info » à pris la prise de parole de son « contradicteur » pour son propre compte. Il a d’abord quitté la salle lorsque la critique était exprimée, puis est revenu plutôt en colère, à frappé sur la table en objectant : « CE N’EST PAS UN PUTAIN DE MATCH DE PING-PONG ! ». Suite à ça, une poignée de personnes ont quitté la salle et ne sont pas revenues.

Un climat de tension s’est alors continuellement installé. Entre d’une part, les membres du bureau et associé, traditionnellement habitués aux comités de mobilisation et à diriger les habituelles ag’s, une partie d’entre eux étant membres de partis ou du syndicat solidaire étudiant.e.s. D’autre part, entre un petit bloc (minoritaire) qui avait tendance à vouloir privilégier l’action. Un autre point de scission entre ces deux groupes d’ailleurs qui s’est retrouvé dans les divers débats de cette ag.

Abandon de la lutte

Des débats parsemés de « tensions » se sont effectués autour des propositions suivantes :

- Quitter la salle et faire l’ag dehors (refusé sans vote) 
- Faire une importante campagne de tractage à décider en com’mob (accepté) 
- Multiplier les ag’s (sous entendu au moins une par semaine) => (refusé) 
- Appeler à une prochaine ag (refusé) 
- Organiser une action de blocage du C.A (refusé) 
- Saboter les élections étudiantes (refusé) 
- Octroyer le pouvoir de décision quant à la prochaine mobilisation à l’ag ou au com’mob (le com’mob) 
- Tenue d’un com’mob le vendredi 09/11 à 14H sur le parvis des amphis (accepté)

Au moment du vote une trentaine de personnes étaient dans la salle. Les divisions se sont surtout faites autour de la nature de l’assemblée générale. Pour certains, l’ag n’avait tout simplement pas la légitimité de voter la suspension d’autres ag’s jusqu’à nouvel ordre, expliquant que la non-tenue d’une ag devait plus relever de la spontanéité de la « non-volonté » d’agir. D’autres voulaient à la base proposer grosso modo de suspendre momentanément la « mobilisation ».

Une ag au demeurant assez désagréable à assister, mais qui dans les faits à eu l’avantage d’exprimer une certaine sincérité. Des points de vue nets et divergeant ont pu être exprimés envers et malgré tout. Tirant au clair deux « camps » dans le milieu de la mobilisation : ceux qui s’organisent et ceux qui capitulent face à la direction de l’université. Des personnes plus nuancées étaient sans doute dans la salle (ce qui traduit l’ambiguïté de certains votes) mais n’ont pas vraiment pris la parole.

Il est évident que cette ag, au delà des critiques que l’on peut naturellement attribuer à sa structure même, n’en était même pas une à cette occasion. Une fois de plus ce sont les milieux affinitaires qui ont la main mise sur ces pseudos assemblées. Leur volonté de ne rien vouloir faire de concret contre l’administration qui applique la sélection en dit long sur son engagement et traduit d’un certain renoncement. Ils n’ont laissé que des ruines !

N’ayons pas peur des ruines ; reconstruisons, poursuivons le mouvement, rien est à perdre tout est à gner !

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