Ne cédons pas à la peur !

Un carnage. 11 mois après les fusillades de Charlie Hebdo et le massacre antisémite de l’Hyper Casher, ce samedi 14 novembre 2015, la France se réveille dans une mare de sang. Dans la nuit du 13 au 14 novembre, une série d’attentats coordonnés en région Parisienne a fait près de 130 morts. Cet attentat, revendiqué par l’entité « État Islamique », constitue l’attentat le plus meurtrier perpétré sur le territoire français depuis la seconde guerre mondiale.

Alors même que les victimes n’étaient pas encore toutes identifiées, on a vu se répandre dans les médias de multiples amalgames et déclarations guerrières, tel ce politicien d’extrême-droite mettant en cause une prétendue « mosquéisation de la France ». Dans la foulée, le gouvernement a immédiatement décrété l’État d’Urgence, pour la première fois depuis une décennie, ainsi que la fermeture des frontières. L’État d’Urgence, c’est, entre autres choses, la suspension des procédures judiciaires légales au profit du préfet et du ministère de l’intérieur dans nombre de cas (perquisitions, couvre-feu, interdiction de séjour, assignation à résidence, interdiction de manifester et de rassemblement). C’est aussi une suspension de la liberté de la presse, puisque désormais, le ministère de l’intérieur et les préfets peuvent prendre « toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et de la radio ». L’armée est déployée un peu partout sur le territoire national et voit son pouvoir fortement accru au niveau judiciaire.

Ces nouvelles mesures liberticides prises suite à ce carnage méritent d’être remises en cause, sachant que les contrôles aux frontières avaient déjà été renforcés en prévision de la COP 21 afin d’empêcher à des ressortissants d’autres pays de participer aux manifestations contre cette mascarade politicienne sur l’écologie. Effectivement, les activistes écologistes n’ont pas pu entrer, tout comme les migrants. Ce qui n’a pas été le cas des terroristes. On constate ainsi que la mise en place de ces mesures répond davantage à un objectif politique qu’à une volonté de protéger des populations : la fermeture des frontières, comme les multiples mesures sécuritaires (Plan Vigipirate, et maintenant l’État d’Urgence) s’avèrent à chaque fois inefficaces contre des terroristes à la détermination sans faille. Par contre, dans un climat de plus en plus xénophobe, ces mesures renforcent la paranoïa, la peur, et les amalgames douteux.

N’oublions pas qu’au même moment, à Beyrouth, au Liban, plusieurs dizaines de personnes sont mortes dans un attentat terroriste perpétré dans un centre commercial. Encore un carnage qui nous rappelle, à rebours des amalgames douteux qui se déversent dans les médias, que l’entité « État Islamique » frappe partout dans le monde, notamment dans les pays à majorité musulmane.

Toutes nos pensées vont évidemment en premier lieu aux victimes de ces actes épouvantables, ainsi qu’à leurs proches. L’émotion suscitée par de tels actes nous impose de continuer à combattre la réaction, le fanatisme et la haine meurtrière, partout où elle se trouve.


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