Nouvelles des squats : ouvertures, expulsions et procés

Lu sur Intersquat montpellier :

Ah, joli mois de mai ! Le Soleil pointe le bout de son nez, les fleurs
éclosent et les maisons s’ouvrent ! En bordure de la ville, à cent ou deux
cent mètres de l’autoroute, se dresse au milieu d’un gigantesque terrain
une maison non moins immense appartenant à France Domaine. Anciennement en
possession de la protection judiciaire de la jeunesse, on a du mal à se
dire qu’un lieu pareil n’était pas autre chose qu’un lieu de mort et qu’y
injecter un peu de vivant ne ferait de mal à personne… Sur les murs,
derrière les portes, il restait quelques posters, quelques traces,
quelques témoignages de ces enfants qu’on enfermait. Des images de
footballeurs, de voitures de sport, de groupes de rap, des mots de haine
et de désespoir gravés sur le bois d’une armoire… Sans eau, sans
électricité, place à l’autonomie et à l’alternative ! En quelques jours
sont mis en place les rudiments qui permettent une installation sereine et
on ne tarde pas à se faire connaître des voisins, dont la CEMEA, un centre
de formation pour éducateurs. Les gens vont et viennent donc à la Rauze,
fraîchement nommée, se posent au beau milieu de la pelouse, prennent le
Soleil, les visages se découvrent, les mots s’échangent sur la terrasse
illuminée ; en juillet est organisé un week-end anti-répression, avec
trois jours de concerts et discussions et des amis brésiliens venus
partager leurs expériences. Le temps passe, le contact s’établit avec le
proprio, qui nous assure que la maison n’étant pas encore en vente, notre
occupation ne pose pas de problèmes. Joli mensonge… Un beau matin, nous
découvrons dans la boîte aux lettres une convocation au tribunal pour
trois jours… avant ! Autant dire que la décision du tribunal laissait peu
de doute et qu’il fallut bientôt s’organiser pour respecter le mot d’ordre
« Une expulsion, deux occupations ! ».

C’est donc avec cette nécessité de reloger une vingtaine de personnes
qu’une maison située en plein cœur de Montpellier, sur l’avenue d’Assas,
reçut notre visite. Une grande baraque piteusement vide, un petit jardin,
une voisine chiante… Qui fut prompte à appeler la police, laquelle essaya
une première fois de déloger les occupants, sans succès. Le lendemain, le
proprio (ou son fils, ou son petit-fils, on n’en sait trop rien) se
pointe, énervé, menaçant : « Je vais venir avec mes potes, vous allez
dégager d’ici ! ». Leçon de morale : « Moi aussi j’ai galéré, faites
comme moi, bossez douze heures par jour et trouvez les moyens de vous en
sortir ! ». Inversion des rôles : « Et si je squattais chez ta mère ?! ».
Bref, rien de neuf à l’horizon, toujours le même refrain ennuyant et
acerbe. Multiples coups de pression de la police qui viennent tourner,
prennent des notes, s’en vont, reviennent… Puis vers trois heures et demi,
le proprio qui rentre dans le jardin en escaladant le mur se dirige vers
la barricade et commence à la défoncer. Légèrement surpris.e.s et sans
aucune idée de ce qui se trame, nous décidons de nous retrancher dans le
hall de la maison. Les dix secondes qui s’écoulèrent alors suffirent à ce
que la nationale et la BAC déboulent de tous côtés en hurlant et en
courant… Arrestation massive, direction le commissariat. Prise d’identité,
menaces de procès, de gardes à vue, demandes d’empreinte (refusées bien
sur…) etc. Pour qu’au final on soit tousses relâché.e.s au bout d’une
heure, histoire de retrouver les cop.ain.ine.s dehors et d’aller boire un
coup !

Le temps n’était pas vraiment au beau fixe entre ce squat expulsé et la
Rauze qui devait l’être le lendemain. C’est avec une certaine appréhension
qu’on s’est rendu.e.s au tribunal d’instance pour connaître la décision du
juge et là, surprise ! Deux mois de délai accordés ! Incompréhension
totale, pourtant, tout était là : voie de fait, dégradations, organisation
terroriste, viols d’enfants, gna gna gna… Et deux mois accordés, chose qui
n’était pas arrivée par chez nous depuis… C’est déjà arrivé, en fait ?
Voilà où on en est pour le moment ici. Si vous voulez passer, papoter,
faire des calins ou déclencher une émeute, on est toujours debout ! Le
Kalaj existe encore, la Rauze tient le coup, et bientôt, peut-être, de
nouveaux enfants viendront agrandir la famille… A moins que ça ne soit
déjà le cas ? Eh eh…

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