Ils n’ont rien compris ! Nous voulions la réouverture du Peyrou, ils l’ont fermé !

« On ne peut pas impunément, pendant des années, fonder le développement de la ville uniquement sur des critères de performance, de réussite commerciale et d’attractivité touristique sans que cette logique ne finisse par imposer sa loi. Ce type d’arrêté s’inscrit bien dans une continuité politique. Il est cohérent avec la décision des municipalités de livrer le centre-ville à l’affairisme commercial (les fameuses zones piétonnes), comme il est cohérent avec sa politique de communication. Les pouvoirs locaux rétendent que “leurs” villes sont devenues des territoires exemplaires de la réussite et de l’excellence, du “beau” et du “propre”, et l’arrogance de ce discours finit par dénaturer toute leur vision politique. »

Pascal NICOLAS – LE STRAT, invité à la soirée de ré-ouverture du Peyrou. Texte extrait de l’article « Des citoyens indésirables » publié par l’ISCRA – 1996.

Sommes-nous si effrayants que la mairie décide de fermer le Peyrou suite à l’appel pour sa ré-ouverture ? Depuis une semaine, des affiches décorent les tristes murs du centre-ville, appelant à une soirée festive, avec l’intervention d’un universitaire, et d’un ancien journaliste, pour animer un débat, sur le phénomène d’embourgeoisement du centre-ville. La fête et le débat public sont visiblement des choses qui déplaisent à la mairie, puisque celle-ci a décidé de fermer le Peyrou du jeudi 6 octobre au dimanche, en prévision d’un trouble à l’Ordre public.

Et la mairie a raison !

Nous qui voulions détrôner Louis XIV, et mettre en place une base secrète d’Al-Qaïda. Nous qui voulions organiser la plus grande Rave Party de l’année avec tous les marginaux que la mairie aime tant. Nous qui avions invité les cartels colombiens pour relancer l’économie montpelliéraine. Nous qui voulions créer des ateliers de fabrication de faux papiers, proposer des armes à prix libre. Nous qui avions prévus des litres de GHB pour s’amuser sans consommer d’alcool, et ainsi casser l’image de la jeunesse dépravée.

Mais quelle déception ! Quid du petit train de Montpellier qui ne pourra plus promener nos chers touristes librement ! Que se passerait-il si nous décidions d’appeler à une soirée telle que celle-ci chaque soir de la semaine ?

Sans rire, nous envisagions plutôt une éventuelle intervention policière aux alentours de l’heure officielle de fermeture, ou vers une heure du matin, pour accompagner la fermeture des bars, mais ne pensions pas infliger une telle terreur à la mairie.

Cette méthode porte un nom, il s’agit de prévention situationnelle. C’est-à-dire faire en sorte qu’un délit ne puisse pas être commis, la même doctrine qui inspire l’installation de barres au milieu des bancs, afin que les SDF ne s’y allongent pas. Dans notre cas, il faut y voir une ré-édition du « crime-pensée » d’Orwell. Le Peyrou serait-il réservé aux soirées organisées par la mairie ?

Cet arrêté est purement scandaleux, c’est pourquoi nous appelons au maintien de la soirée du 7 octobre et à son renouvellement le vendredi 14, et plus si affinités !

Le comité anti-répression (contact), 6 octobre 2011.

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